Ostéopathes: ne jetez plus votre argent par les fenêtres

3 août 2010 par pascal Laisser une réponse »

Et si une seule cotisation pouvait suffire?

A quoi peut bien servir l’argent que vous donnez à vos associations censées œuvrer pour l’amélioration de votre profession? A ce jour, ce ne sont pas moins de six organisations qui se partagent le « gâteau ».



Avez-vous calculé les sommes que cela représente ? Un bref calcul vous ouvrira peut être les yeux :

Association Nombre d’adhérents Cotisation en € Budget en €
AFO 660 300 198 000
CNO 350 120 42 000
ROF 1050 570 598 500
SFDO 1300 500 650 000
SNOF 500 450 225 000
UFOF 1300 510 663 000

Si l’on additionne les cotisations versées en 2010 par les adhérents de ces associations, on obtient le chiffre faramineux de : 2 376 500€ pour 5160 cotisations ! Même si l’on sait que tous les adhérents ne s’acquittent pas d’une cotisation pleine, on peut raisonnablement estimer que les ostéopathes exclusifs versent chaque année 2 millions d’euros pour que leurs élus les représentent et fassent améliorer la réglementation de leur profession. Ramené au nombre d’adhérents cotisant, cela représente une cotisation moyenne de 460€, allant de 120€ pour certains à plus de 1000€ pour d’autres (doubles cotisants). Par extrapolation, depuis 2002, c’est peut être plus de 15 millions d’euros qui ont été versés à des associations professionnelles. Les résultats sont-ils à la hauteur de l’investissement ?

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12 commentaires

  1. que cherche-tu Pascal par ces reflexions ?
    unir nos forces, rassembler, créer un ordre …?
    notre petit syndicat snof se bat comme il le peux et ne parle pas la langue de bois, aussi ces résultats ne sont pas nuls même si aujourd’hui les politiques nous baladent; une Profession de santée oui pas de bien etre mais sans remboursement sécu et à haut niveau de formation et de responsabilité avec un « Ordre » pourra permettre d’exister et de gerer le nombre de professionels donc d’ecoles .

  2. pascal dit :

    Merci Hervé de prendre part à ce débat.

    Ce blog a pour vocation la libre expression argumentée à propos de l’ostéopathie et son développement en France. Cette rubrique cherche à ouvrir les yeux des professionnels sur la déperdition de nos moyens (financiers, humains, intellectuels) et à faire s’interroger sur le résultat réel.

    6 associations, cela représente :
    • 6 bureaux dont il faut payer les frais de transports et indemniser les présences des membres aux réunions.
    • 6 secrétariats avec autant de loyers, de salaires, de matériels, de courriers adressés…
    • 6 agences de communication, 6 supports de communication comprenant la fabrication, le coût d’affranchissement…
    • 6 avocats voire plus, 6 experts comptables et autres conseils.
    • 6 assemblées générales
    • 6……….. on pourrait allonger la liste à loisir

    Et surtout, 6 fois plus de demandes de rendez-vous auprès du Ministre de la santé, des Députés, des Sénateurs et autres tutelles, ce qui brouille le message et entretient la mauvaise image de la profession!

    Cette « fragmentation » de notre représentativité collective est synonyme d’immaturité politique et elle diminue les résultats. A contrario, la fragmentation peut être utilisée comme stratégie politique très efficace par les gouvernants. C’est le fameux « diviser pour mieux régner ».

    Ostéopathes, nous faisons l’objet de la triste application de ce principe ! Fragmentés nous sommes, immatures nous sommes considérés ! Nos divisions nous décrédibilisent et sont utilisées contre nous. C’est aussi basique que cela.

    Notre seule issue est de nous unir. Sinon, aucun responsable politique ne nous prendra au sérieux et notre domaine d’activité se paupérisera (ce qu’il a déjà commencé à faire). Il sera progressivement laminé par des domaines plus matures car moins fragmentés que le notre (lobby médical, lobby pharmaceutique…).

    Comme à ce jour, aucun dirigeant de notre profession n’est capable sur son propre nom, d’unifier la profession. Que malheureusement, aucun d’entre eux ne prendra la décision de perdre sa représentativité en la fusionnant avec celle d’un autre (cf les tentatives avortées : plateforme commune ROF, ODF, SFDO, UFOF en 2002/ états généraux de l’ostéopathie 2003 / AFO, SNOF 2004 / SFDO, UFOF 2008, …), nous ne pouvons compter que sur nous-même. L’initiative ne viendra pas d’en haut que si nous contraignions nos dirigeants à se fédérer.

    Je sais que tu participes à l’administration du SNOF. Que ce syndicat a initié une politique courageuse de clarification du mode d’exercice de ses membres. Je n’ignore pas non plus les francs succès de certaines de ses démarches (TVA, Conseil d’Etat…). Pour autant, peut-on encore se permettre de financer des démarches qui sont soit effectuées en double ou en triple ou à l’inverse, qui sont combattues par une ASP parce que ces dites démarches ne sont pas initiées par elle.

    Il faut donc que nous réunissions nos forces. Il existe des envies. Il existe des moyens. A nous de les élaborer pour déterminer la meilleure des formules.

    Bien à toi

    NB: mon blog est encore en cours d’élaboration

    • Christopher Fleischner dit :

      Mon cher Pascal,
      En qualité de vice-président de la chambre des ostéopathes, je viens içi te manifester mon étonnement quant aux chiffres que tu cites dans ton blog. En ce qui concerne notre nombre d’adhérents, la réalité est que nous en avoisinons les 900. Du coup le crédibilité des autres chiffres devient problématique. D’où détiens tu ces nombres?
      D’autre part, à la Chambre, tous les membres sont bénévoles, nous n’employons pas d’agence de communication, ni de secrétaire et notre avocate est unique. Les membres du bureau ne sont pas payés, contrairement au SFDO, et c’est pour cette raison que nos cotisations sont restées aussi modestes depuis l’origine.
      Je trouve cela décevant qu’un syndicat pratique une désinformation de ce type, et je me demande quel intérêt tu y trouves?
      Qu’en penseront les confrères quand ils le sauront? Car tout finit par se savoir dans ce petit monde, surtout ce qui franchit les limites de l’éthique professionnelle.
      Merci de corriger les infos erronées concernant la CNO.
      Nous ne gagnons rien à ce genre de manigances.
      Confraternellement,
      CFleischner

      • pascal dit :

        Monsieur le Vice-président

        Je vous remercie de prendre part au débat.
        En préambule, je vous précise que je ne suis plus membre du bureau du ROF. Mes propos n’engagent que moi et non le ROF.
        Vous indiquez que la CNO dénombre environ 900 membres. C’est une excellente nouvelle. Malheureusement, personne ne peut le vérifier puisque vous ne publiez pas d’annuaire de vos adhérents. Nous n’allons toutefois pas entrer dans une comptabilité « selon la police ou les organisateurs », d’autant que plus vous serez nombreux, plus le coût global représenté par les adhésions sera important. Je ne modifierai mon tableau que lorsque j’aurai des éléments de preuve. En attendant, chaque lecteur du blog est en mesure de se faire un avis sur la chose.
        La question essentielle est pour moi le nombre d’ostéopathes exerçant sous un statut d’ostéopathes (ADELI 00) et celui exerçant sous un statut de professionnel de santé, que votre organisation fédère ainsi que la manière dont vous pouvez garantir au public l’exercice exclusif. Car c’est bien là l’enjeu de demain. Je ne cherche pas à discréditer qui que ce soit. Je veux juste ouvrir les yeux des ostéopathes.
        Si demain, une nouvelle enquête de représentativité des ASP d’ostéopathes était diligentée (comme cela a été fait en 2003), il serait demandé de différencier le nombre de cotisants exerçant sous un statut d’ostéopathe exclusif (00) des autres praticiens. Les masseurs-kinésithérapeutes, les médecins ou autres, même s’il exercent uniquement l’ostéopathie, sont représentés par « les corps constitués » de ces professions: ordre et syndicats. Il n’est pas possible de compter les gens deux fois. Les représentants de ces professions ne manqueront pas de signaler une « erreur de comptabilité » si par mégarde, des professionnels de santé au code ADELI 10, 70 … étaient comptabilisés parmi les ASP d’ostéopathes exclusifs. L’accueil d’adhérents sans distinction affichée de statut professionnel est peut être une bonne opération car elle dotent les associations de moyens financiers. Elle peut être factice en terme de représentativité.
        Que votre organisation n’emploie pas de conseils en communication ou en droit ou que ceux-ci travaillent bénévolement présente des limites. Si nous voulons obtenir ce que nous désirons, il nous faut nous professionnaliser. In fine, tout travail demande salaire. Même les associations caritatives rémunèrent des permanents. Je suis pour ma part favorable à rémunérer les membres du bureau, quitte, si cela est nécessaire, à ne plus être une association type loi de 1901. La charge d’une ASP est un lourd travail qui demande des compétences et du temps. Le bénévolat même s’il semble vertueux présente des limites.
        Bien à vous
        Pascal Javerliat

      • PRUNET dit :

        Bonjour,
        J’atteste de l’importance concernant la qualité des informations à délivrer et vous invite à éviter également de faire de fausses déclarations concernant une rémunération des membres du Bureau du SFDO. Comme les statuts du Syndicat l’indiquent, les membres sont bénévoles et peuvent prétendre aux remboursements des frais engagés dans le cadre de leurs missions sur justificatifs.
        Quant au nombre d’adhérents des divers associations, il serait préférable de mettre en avant la qualité plutôt que la quantité, autrement dit, le nombre d’ostéopathes EXCLUSIFS dans lesdites associations…
        A bon entendeur,
        David PRUNET Vice-Président du SFDO

  3. Damien dit :

    Bonsoir,

    Les chiffres ne sont peut-être effectivement pas tout à fait exacts mais je ne crois pas que l’essentiel soit dans les chiffres mais bien dans l’idée que véhicule ce tableau et ces commentaires…

    Et Je crois, qu’au delà des chiffres et de l’argent,
    c’est l’énergie dépensée et dispersée qu’il est important de constater…

  4. picokoa dit :

    Je fais partie des couillons qui cotisent deux fois chaque année….Depuis 10 ans.
    Le risque mon cher Pascal, c’est tout de même que l’an prochain, ou celui d’après, je décide de ne plus cotiser du tout, le ras-le-bol une fois dépassé.
    Il y a l’argent, l’énergie, et puis aussi (surtout ?) cette connerie d’Ego, ce truc qui fait que si l’on discute avec chacun d’entre vous, dirigeants (ou ex-dirigeants) de syndicats et associations diverses, tout le monde dit « unissons-nous », et chacun voudrait que ce soit derrière soi. On n’est malheureusement pas près de la voir cette union…

    Le pire est effectivement l’énergie dépensée par vous tous depuis si longtemps…

    Quoique, si l’on parle de position commune et d’éthique (cf Mercure et Esculape), que dire du scandale du nombre d’école ?
    On pourra bien accuser l’état de ne pas avoir fait son boulot, mais au final, ce sont bien des ostéos qui les créent, et des ostéos qui les font tourner, qui cautionnent ces pratiques en acceptant d’y enseigner….

    • Jean-marc dit :

      100% raison. Toutefois, je pense que ces organisations (même si elles sont trop nombreuses) sont nécessaire. En tout cas, on peut s’intérroger sur les différences de coût des cotisation 5 ou 600€, ça me semble de l’…………

  5. pascal dit :

    Je ne pense pas que tu sois « couillon ». Nous sommes nombreux à nous investir en cotisant parfois à plusieurs organisations. C’est en quelques sortes notre histoire ou notre manière de nous rassurer. Je ne pense pas que le ras le bol soit atteint mais les difficultés financières que certains rencontrent aujourd’hui pourraient facilement faire franchir le pas. Toutes les ASP ont connu cette année plus de difficultés lors des réadhésions. Sauf peut être celles qui proposent des cotisations presque symboliques. Mais qui pourrait croire qu’avec de faibles moyens financiers, on peut réellement agir ?

    Tu parles également de l’égo. C’est un point crucial et je suis bien placé pour en parler….☺ . Comme à ce jour, aucun dirigeant de notre profession n’est capable sur son propre nom, d’unifier la profession. Que malheureusement, aucun d’entre eux ne prendra la décision de perdre sa représentativité en la fusionnant avec celle d’un autre (le poids de l’histoire, les spécificités vraies ou supposées de chaque ASP, les militants fidèles…), l’initiative ne viendra pas d’en haut.

    C’est une des raisons qui m’a fait mettre fin à mes fonctions de président du ROF. J’ai eu à gérer une période belliqueuse et il m’a été nécessaire de combattre, donc de me faire des inimitiés. Quelles que soient les raisons, le résultat est qu’au bout d’un certain temps, tu trimballes des casseroles comme on dit, et que celles-ci font plus de bruit que ton discours. Rajoutes à cela un peu de testostérone et tu as un beau cocktail. C’est pour cela qu’il fallait qu’une « femme sans casserole » prenne les reines du ROF. Qu’elle puisse proposer cette union, à laquelle de nombreux ostéopathes aspirent.

    Bien évidemment, une union ne résoudra pas tous les problèmes mais elle aura au moins le mérite de limiter la cacophonie et de moins disperser l’argent que nous donnons. Donc nous donner plus de force dans nos démarches.

  6. picokoa dit :

    Marianne m’a semblé un choix tout à fait pertinent pour prendre la suite effectivement pour ce qui est du ROF, mais le constat fait, as-tu des propositions concrètes pour parvenir à un rassemblement des asso ?

    (deuxième question / suggestion : j’apprécierai d’avoir ton point de vue concernant les écoles et le fait d’y enseigner, à l’occasion. C’est un sujet complexe j’en convient, mais là encore, vital pour la profession, et j’en suis malade de m’entendre déconseiller à des jeunes de choisir une profession qui est pourtant une passion pour moi….)

  7. pascal dit :

    Au lendemain de la seconde guerre mondiale, des représentants de la France, de la RFA et de l’Italie partagent leurs idéaux et posent les fondements d’une Europe unie dépassant les oppositions séculaires des Etats membres. Il s’ensuit une proposition d’organisation de l’Union européenne jetant les premières bases concrètes d’une fédération européenne permettant une paix durable en Europe. Les pays européens qui voudront rejoindre l’Union devront mettre en commun leurs productions de charbon et d’acier charbon, ressources stratégiques de l’époque. L’économie devient un moyen au service d’une cause. Le gouvernement français propose immédiatement alors « de placer l’ensemble de la production franco-allemande de charbon et d’acier sous une Haute Autorité commune, dans une organisation ouverte à la participation des autres pays d’Europe. (…) La solidarité de production qui sera ainsi nouée manifestera que toute guerre entre la France et l’Allemagne devient non seulement impensable, mais matériellement impossible. »

    Cette stratégie devrait inspirer les ostéopathes. Deux ou trois présidents d’ASP doivent se lever et dire : nous partageons les mêmes idéaux pour notre profession. Nous avons les mêmes objectifs pour elle. Nous voulons la paix. Il leur faudra ensuite partager, mettre en commun « des ressources stratégiques » afin qu’il ne soit plus possible de faire machine arrière. Ce sera le ciment de cette union.
    Il faudra bien sur procéder par étapes. L’union sera certainement précédée d’une fédération pour que le processus se fasse en douceur. Peu importe les étapes et le temps nécessaires, dès lors que la volonté est affichée et les objectifs déterminés.
    Quelles pourraient être les « ressources stratégiques » à mettre en commun ? Elles sont plus nombreuses qu’on ne croit. Chaque ASP a développé des domaines de compétences spécifiques. C’est ce qui leur a permis de fédérer des adhérents qui allaient chercher dans cette (parfois ces) ASP, des domaines de compétences spécifiques.
    On pourrait créer une supra association qui viendrait chapoter les autres et qui serait financée par une partie des cotisations de chaque ASP. Outre le fait que cela donnerait le sentiment d’une organisation pyramidale, ce qui n’est pas très sain – cela a déjà été tenté et n’a pas fonctionné. Je pense qu’il faut aller plus loin par la mise en commun des ressources. Il faudrait créer un «guichet unique ».
    A partir du moment ou deux, trois… ASP ont décidé de travailler de concert (charge aux bureaux respectifs de rédiger le modus vivendi adapté d’une « Haute Autorité commune, dans une organisation ouverte à la participation des autres »), il faudra que l’adhérent d’une ASP puisse bénéficier des avantages, des compétences des autres ASP. A ce moment là, les adhérents accepteront qu’une partie de leur cotisation ou une cotisation supplémentaire symbolique serve à faire fonctionner l’usine à gaz – parce qu’au début on ne pourra pas l’éviter – que sera cette Haute Autorité commune. Le principe serait : je cotise à telle ASP, je peux m’en prévaloir et je bénéficie de tous ses avantages. Avec une cotisation supplémentaire symbolique (quelques dizaines d’euro), je peux également bénéficier et me prévaloir des autres ASP de la Haute Autorité commune.
    Cela donnera les moyens aux ASP de financer leur politique commune tout en donnant aux adhérents des avantages concrets. Après quelques années de partage des avantages de chaque ASP, les adhérents n’accepteront plus de les perdre. L’union sera indissoluble car « matériellement impossible à dissoudre ». Elle impactera trop le quotidien des adhérents.

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