François Fillon aurait-il réussi l’impossible ?

24 août 2010 par pascal Laisser une réponse »

S’il est un serpent de mer qui surgit régulièrement des tréfonds du paysage ostéopathique français, c’est bien l’union des associations socio-professionnelles. De la tentative de plateforme commune en 2003 entre Ostéo de France (OdF), le Registre des Ostéopathes de France (ROF), le Syndicat Français Des Ostéopathes (SFDO) et de l’Union Fédérale des Ostéopathes de France (UFOF) avortée faute de majorité du Président de l’UFOF en interne à cette  époque, à celle des Etats généraux de l’ostéopathie qui capota en raison de la trop grande disparité des ostéopathes qui pouvaient s’y joindre – c’eut été la perte par dilution de l’ostéopathie exclusive – en passant par le rapprochement en 2007 du SFDO et de l’UFOF qui ne dura que le temps d’un annuaire commun, les tentatives se sont toujours soldées par des échecs.

Les seuls courts instants où les responsables de ces ASP ont accepté de faire route commune, c’est quand il y avait danger ou obligation. Ce fut le cas par exemple les mois qui ont précédé la publication des décrets d’application de l’article de loi sur l’ostéopathie. Mais cette union était factice. Il y avait certes de nombreux logo en en-tête et presque une page entière de signatures présidentielles, mais chacun gardait en réserve des stratégies personnelles. L’urgence conjoncturelle passée, tout le monde retournait à ses propres démarches.

La conjoncture récente nous a de nouveau montré un bel exemple de cette union de façade : le 23 mars 2010 s’est déroulée la cérémonie de remise des insignes  de Chevalier dans l’Ordre National du Mérite à notre confrère Robert Hiriart, par monsieur François Fillon. Robert Hiriart, dans sa volonté de démontrer que l’ostéopathie est une profession, avait souhaité inviter le ban et l’arrière ban des ostéopathes. Nous avons assisté ce jour là, comme une sorte de pause divine, à une fraternité des ostéopathes. Chacun voulait être sur la photo. On pouvait apercevoir la Présidente du ROF, les Présidents du SNOF, du SFDO, le Vice-Président de la CNO, …. François Fillon a réalisé ce miracle le temps d’une soirée… et chacun s’en est retourné.

Les conditions sont pourtant remplies actuellement pour que cette union ait lieu.

D’une par il y a une réelle urgence. Le Ministère de la santé ne souhaite pas publier les décrets d’application de la loi de juillet 2009 qui prévoit d’augmenter le nombre d’heures de formation. Parallèlement, madame le Ministre continue d’agréer des établissements de formation en court-circuitant la commission nationale d’agrément, alors que ces établissements ne répondent pas à la nouvelle norme légale (3520 heures). D’autre part, il est possible dorénavant aux ostéopathes en exercice exclusif de se compter. La récente publication du ROF nous montre que parmi les 13400 praticiens autorisés à porter le titre d’ostéopathe, 48%, soit 6470, exercent exclusivement l’ostéopathie. Le fichier ADELI est suffisamment précis pour que les ASP affichent la couleur sur le statut professionnel de leurs membres. A moins que toutes ne soient pas véritablement constituées d’ostéopathes en exercice exclusif.

Faudra-t-il que Matignon invite une nouvelle fois les ostéopathes pour qu’ils se mettent d’accord ? On peut penser que si une réunion devait avoir lieu rue de Varenne, ce ne serait surement pas pour déguster des petits fours mais plutôt pour indiquer à quelle sauce nous serions mangés.

Publicité

Laisser un commentaire