UFOF : le principe de la main tendue passé au crible (1ère partie)

15 septembre 2010 par pascal Laisser une réponse »

L’Union Fédérale des Ostéopathes de France, « association aux couleurs de la Solidarité et de l’Entraide » comme elle se définit, permet à des professionnels qui « exercent conjointement une autre profession de santé ou qui cotisent à un ordre » d’adhérer en tant que membre associé. Les membres associés ont 5 ans pour « se démarquer », c’est à dire opter pour un statut d’ostéopathe en exercice exclusif

Cette politique aide-t-elle réellement ces praticiens à changer de statut professionnel?

Pour tenter d’y répondre, nous avons analysé les annuaires de 1999, de 2003, de 2007 et de 2010 afin de déterminer le pourcentage de membres associés qui devenaient membres titulaires.

Sur les annuaires de 1999, 2003 et 2007, 590 membres associés ont été identifiés.

En 1999 :

  • 34 membres associés (il en existaient peut être d’autres mais comme l’annuaire de cette année là, ne les distinguait pas, nous n’avons retenu que les personnes que nous retrouvions comme membres associés dans l’annuaire 2003 – qui lui les distingue.
  • 13 ne sont plus adhérents en 2010 soit 38%. Ils sont restés membres associés entre 5 et 9 ans.
  • 5 sont membres associés depuis 11 ans soit 15%
  • 16 sont membres titulaires soit 47%. Ils sont restés associés entre 5 et 9 ans.

En 2003 :

  • 271 nouveaux membres associés ont été identifiés
  • 150 ne sont plus adhérents en 2010 soit 55,35%. Ils sont restés membres associés entre 1 et 5 ans.
  • 52 sont membres associés depuis 7 ans soit 19,19%
  • 69 sont membres titulaires soit 25,46%. Ils sont restés associés entre 1 et 5 ans.

En 2007 :

  • 285 nouveaux membres associés ont été identifiés
  • 130 ne sont plus adhérents en 2010 soit 45,61%. Ils sont restés membres associés entre 1 et 3 ans.
  • 87 sont membres associés depuis 3 ans soit 30,53%
  • 68 sont membres titulaires soit 23,86%. Ils sont restés associés entre 1 et 3 ans.

Au total, sur les 590 membres associés que l’UFOF a fédérés depuis 1999:

  • 293 ne sont plus adhérents en 2010 soit 50%.
  • 144 sont toujours membres associés soit 24%
  • 153 sont membres titulaires soit 26%.

Il faut alors affiner l’analyse des chiffres.

  • 26% des membres associés ont bénéficié de cette politique puisqu’ils remplissent dorénavant tous les critères des membres titulaires (niveau de formation plus exercice exclusif de l’ostéopathie).
  • Parmi les 24% de personnes qui sont toujours membres associés, certaines le sont peut être parce qu’elles n’ont pas les critères de formation alors qu’elles répondent au deuxième critère : celui de l’exercice exclusif. Nous avons identifié 67 membres associés sur le site AMELI qui exercent toujours sous un statut de professionnel de santé.  77 membres associés exerceraient donc exclusivement l’ostéopathie.
  • La même analyse doit être faite au sujet des 50% de personnes qui ne sont plus adhérentes. 113 d’entre elles ont été retrouvées sur le site AMELI. 180 anciens membres associés exerceraient donc exclusivement l’ostéopathie.

La politique de la main tendue de l’UFOF a donc permis d’accompagner 590 personnes durant les 11 dernières années. 318 exerceraient actuellement exclusivement l’ostéopathie soit environ 54% des personnes à qui cela a été proposé. Un biais peut exister dans l’analyse car des personnes ont pu changer de statut professionnel entre le moment où l’annuaire 2010 a été publié et celui où l’analyse a été effectuée. De même, le site AMELI n’est peut être pas mis à jour quotidiennement. Néanmoins, les proportions demeurent dans leurs grandes lignes.

A suivre : après avoir analysé le bénéfice apporté à l’adhérent, nous tenterons de déterminer ce que cette politique apporte à l’association elle même.

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4 commentaires

  1. Thierry C. dit :

    Monsieur Javerliat,
    Tout d’abord, merci pour cette analyse intéressante.
    Cependant, en dehors du fait que vous semblez focaliser à dessein et particulièrement sur l’UFOF, votre analyse semble s’orienter à charge :

    Afin que mon discours ne soit pas pris de biais, je précise que je ne suis pas membre de l’UFOF, exerce l’ostéopathie exclusivement en mon cabinet libéral.

    - en toute impartialité, mais le souhaitez vous vraiment, il serait intéressant de pratiquer les mêmes études auprès d’autres ASP (CNO, SFDO, SNOF, AFO,…)
    - votre compte-rendu n’a été possible que parce que l’UFOF joue la transparence et dissocie clairement ses membres !
    - En 11 ans, les conditions d’exercice ont largement évolué, donc les comportements, et il serait plus judicieux de moduler vos remarques entre avant et après la loi de 2007.
    - en terme de raisonnement par l’échec, il serait judicieux de comparer la proportion de « full time » qui satisfont aux mêmes conditions d’acquisitions du D.O mais qui n’exercent pas ou plus….
    - Quand bien même, certains thérapeutes peuvent être inscrits en liste AMELI et exercer exclusivement l’ostéopathie (j’en connais bon nombre dans ma région) sans mélange des genres.
    - on peut positiver et effectivement constater que 54 %, même si vos chiffres incitent aux critiques statistiques, des professionnels de Santé ont ainsi rejoint le cercle des exclusifs… :)

    Pour ma part, j’attends la suite de votre déroulé qui semble à charge envers cette politique de la main tendue et me demande quel sera le véritable objectif de votre discours final.
    Bien à vous.

  2. pascal dit :

    Monsieur Cajgfinger

    Je vous remercie d’intervenir sur mon blog de manière courtoise et argumentée.

    Vous me recommandez de pratiquer les mêmes études pour les autres associations socio professionnelles. Dans la mesure du possible, cela est mon intention afin que ces analyses ne soient pas considérées comme des démarches « à charge » contre telle ou telle ASP.
    Cela ne sera toutefois pas possible car la Chambre Nationale des Ostéopathes (CNO) et le Syndicat Nationale des Ostéopathes de France (SNOF) ne publient pas la liste de leurs adhérents. Listes qui me servent de base pour mes études.
    Cela se comprend pour le SNOF qui ne souhaite par œuvrer pour les patients mais uniquement « défendre les intérêts de ses membres ». Il n’a donc aucune raison de communiquer une liste d’adhérents au public. En revanche, la CNO indique regrouper des ostéopathes dans « le seul intérêt des patients et des professionnels » et établir « un répertoire annuel des membres adhérents et des ostéopathes répondant aux critères de compétence et d’études en vigueur ». Or, ce répertoire n’est pas accessible aux patients. Les moyens modernes le permettent si facilement que l’absence du répertoire sur le site de la CNO doit nous interroger. Les lecteurs du blog, principalement les patients, ne peineront pas à interpréter comme il se faut cette absence de transparence.

    Vous m’indiquez que si j’ai pu publier une étude sur l’UFOF, c’est que cette ASP joue la transparence. Vous avez raison. On ne prête qu’aux riches. Les critères complémentaires d’analyse que vous proposez ne me sont pas accessibles. Seule les ASP peuvent le faire. Je serais ravi que cela soit publié. Cela serait d’un grand renseignement sur la réalité du paysage ostéopathique français.

    Les données concernant l’AFO ne permettent pas de faire une analyse pertinente puisque presque un tiers des personnes référencées sont des postulants à l’association. Cette seule statistique suffit à éclairer le lecteur sur la manière dont cette ASP gonfle sa représentativité. http://www.pascal-javerliat.fr/osteopathie/osteopathes-votre-argent-interesse-vos-syndicats/

    J’ai conscience que des professionnels de santé (référencés comme tels sur le site AMELI), exercent exclusivement l’ostéopathie. Je vous renverrais volontiers le questionnement. Pourquoi alors ne s’inscrivent-ils pas à l’Agence régionale de santé comme ostéopathe, avec un code professionnel ADELI 00. Pourquoi n’affichent-ils pas la couleur ? Quel intérêt ont-ils à garder le statut d’une profession de santé qu’ils n’exercent pas ? Y aurait-il un avantage à demeurer dans cette situation ? Il serait tellement plus bénéfique pour la profession que ces personnes soient connues comme ostéopathe.

    L’objectif recherché par ces études est de révéler les non dits et les doubles langages qui sévissent depuis des années dans le paysage ostéopathique français. Comment voulez-vous que nous suscitions de la crédibilité, que notre discours ait un impact quand nos interlocuteurs de tutelles ont tous les moyens de savoir quelle est la situation réelle. Tant que nos discours et nos actes ne seront pas cohérents avec les buts recherchés, la tutelle ne modifiera pas les textes qui nous régissent puisque dans la réalité quotidienne, un certain nombre d’entre nous s’y complait. Pourquoi modifier un ordre qui semble convenir à la majorité ?

    Il est triste que des professionnels qui se démarqués avant la loi de 2002 et ont ainsi permis aux non médecins d’exercer légalement l’ostéopathie, utilisent le poids d’adhérents qui n’ont pas rejoint la profession pour…. revendiquer l’essor d’une profession. Quelle logique trouvez-vous à cela ?

    Bien à vous.

  3. Thierry Cajgfinger dit :

    Monsieur Javerliat,
    Comme écrit par ailleurs, nous avons dans le POF des ASP qui ne comptent dans leurs adhésions que des ostéopathes exclusifs pour certaines et pour d’autres un brassage avec des prétendants à l’exclusivité.
    Si je lis bien vos chiffres, en ce qui concerne l’UFOF ou l’AFO, cette part de praticiens de Santé encore inscrits en AMELI, pour la plupart Masseur kinésithérapeute, représente environ 20% de leurs rangs, ce qui laisse supposer que 80 % sont dans l’exclusivité amenant à une légitimité de leur majorité ?

    Ces derniers sont-ils parias pour autant parce qu’appartenant à une association qui ne répond pas aux critères identiques du ROF par exemple ?
    Doit-on dans le POF se passer du comptage de prés de 2000 ostéopathes exclusifs potentiels alliés d’une union SFDO/ROF/SNOF ?
    Il est vrai que le plus intéressant, serait de savoir, qui des intéressés a versé dans l’exclusivité ou n’a pas souhaité (ou pu ) le faire mais c’est une autre question ?
    Quelle aurait été la démarche de ces praticiens si on ne leur avait pas permis d’user d’une période probatoire pour accéder à l’état d’exclusif et quelles proportions en balance ?

    Pour répondre en partie à votre interrogation, j’ai exercé moi-même à la fois la kinésithérapie et l’ostéopathie pendant quelques temps.
    Un délai a été nécessaire pour reconstruire une patientéle liée pleinement à l’ostéopathie mais également, ayant charges de famille, ne pas mettre à mal financièrement celle-ci.

    Aujourd’hui, toujours devant cette responsabilité, je suis encore en ADELI 70 et passerai surement en 00 .
    Comptonst 4 années de pratiques pour abandonner le bicéphale que j’ai été.
    D’autre part, même si cela reste un cas particulier, je suis en contrat dans une clinique dans laquelle j’introduis l’ostéopathie…..mais cette relation contractuelle ancienne l’est sous le couvert du praticien de Santé que je suis, passer en 00 me ferait sortir de cette entité tant que les choses n’auront pas évolué suffisamment.
    Devrais-je me passer cette angle et retirer l’ostéopathie de la clinique encore frileuse ?

    En résumé, nous sommes dans une période charnière, où les mélanges des genres existent, sans être certains que ceux-ci desservent l’ostéopathie obligatoirement, quand bien même cette situation, à l’échelle de chacun en doit pas perdurer.

    Pourquoi ne pas imaginer, un exemple d’ouverture, ou les filières différentes et riches iraient de l’accès direct post bac à la spécialité avec obligation de pratique exclusive dans les 3 ans (liée de fait à une radiation de la profession précédente) ..

    bien à vous

  4. Monsieur W. dit :

    Bonjour,

    Je cotise à l’UFOF depuis presque 10 ans. Je suis satisfait de la fédération. Quant au titre de membre titulaire, je ne le comprenais pas jusqu’à votre analyse.
    J’avais téléphoné au secrétariat pour demander pourquoi je n’étais pas membre. Une dame m’avait expliqué que c’était une erreur et que le président lui-même avait été publié comme non-membre titulaire.
    J’ai demandé correction, mais après 5 ans, cela n’a toujours pas été pris en compte et je ne comprends pas pourquoi tous les autres thérapeutes ont ce privilège et moi non. (Entre temps le président est devenu membre titulaire)
    Je trouve cela un peu discriminatoire et pense au questionnement des patients lorsqu’ils visitent le site et trouvent des thérapeutes membres et d’autres non, sans aucune information complémentaire.
    Heureusement, cela ne me nuit pas. La demande pour mes soins est importante. Mais cela apporte le doute.

    Merci pour votre analyse.
    Bien à vous.

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