A propos de déontologie.

5 octobre 2010 par pascal Laisser une réponse »

Le registre des ostéopathes de France (ROF) et le syndicat français des ostéopathes (SFDO) s’engagent dans la voie de la raison en unissant leurs forces (en attendant, espérons le, que le syndicat national des ostéopathes de France les rejoigne).  Cette décision sera proposée au vote des adhérents lors des assemblées générales respectives des deux associations.

Par la voix de Philippe Sterlingot, le SFDO indique que : « « cette union, (…) permettrait enfin la rédaction d’une déontologie commune, dès lors opposable à une partie très significative de notre profession. Pour le ROF, en la personne de Marianne Montmartin, cette union : « outre une prise de parole unifiée, contribuerait également à mutualiser et optimiser de nombreux moyens et actions (…) ainsi que la communication vis-à-vis du public. » Le ROF ne propose donc pas de partager une déontologie commune avec le SFDO (puis le SNOF).

Y aurait-il une réticence de la part du ROF à unir sa déontologie avec d’autres ou bien les règles d’exercice préconisées seraient-elles si dissemblables, qu’aucune unité ne soit possible ? S’il n’est pas possible de répondre à la première question sans avoir consulté le bureau du ROF et ses adhérents, on peut ouvrir le débat en tentant de répondre à la deuxième question.

Quels sont les grands principes déontologiques sur lesquels le ROF et le SFDO ont fondé, pour le premier son code de déontologie, pour le second, son guide des principes déontologiques ?

  • L’identité professionnelle
  • Les droits des patients
  • La qualité des soins
  • L’exercice de la profession
  • Les devoirs envers les patients
  • La collaboration entre professionnels

La plupart de ces principes sont soit imposés par la loi (ex : loi du 4 mars 2002  relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé) soit motivés par l’éthique des soins à la personne. Dès lors, qu’est ce qui pourrait bien justifier une telle réticence de la part du ROF ? Pas besoin d’être grand sorcier pour le comprendre. La déontologie correspond au cœur de la mission de ROF. C’est en quelque sorte son pré carré. La crainte de voir diluer son identité dans une structure tripolaire se conçoit. Pour autant, nul ne remet en cause son expérience en la matière. Dès lors, pourquoi le ROF ne pourrait-il pas faire partager cette expérience ? Les ostéopathes peuvent-ils se le permettre. ?

Faudrait-il garder des œillères et continuer de croire que, puisqu’un millier d’ostéopathes ont signé un engagement à respecter un code de déontologie, cette déontologie s’impose à tous ? Des exemples récents nous ont montré que ce n’était pas le cas. Un adhérent mécontent de se faire sanctionner préfère quitter le ROF et rejoindre une autre association, plutôt que d’accepter une mesure disciplinaire qui le stigmatiserait aux yeux de ses pairs.

Pour le bien de la profession et surtout des patients, ne serait-il pas souhaitable qu’un groupe de 2500 professionnels s’accordent sur des règles et des procédures disciplinaires ? La masse critique ainsi atteinte leur permettait d’être opposables. Cela ne semble pas irréaliste. Nous en voulons pour preuve la charte (qui est en fait un mini code de déontologie qui n’ose pas dire son nom) signée par le ROF, le SFDO (et l’UFOF). Celle-ci a été élaborée pour définir les relations entre les ostéopathes et les adhérents de l’Union du Groupe Initiatives Mutuelles. (voir ici ) Ce qui n’a pas posé de problème particulier vis à vis des patients de ces mutuelles serait-il insurmontable lorsqu’il s’agit de l’élargir à tous les patients ?

A trop craindre de disparaître, les plus septiques du ROF risquent de se discréditer mais surtout de discréditer l’association elle-même. On peut comprendre les craintes. La réciproque existe certainement chez certains adhérents du SFDO ? N’ont-ils pas peurs de perdre leur identité syndicale ? Ce pour quoi ils se battent depuis des années et qui a justifié selon eux, de ne pas adhérer au ROF ?

Pensons avant tout à la profession et aux patients et faisons confiance aux membres des bureaux respectifs pour déterminer un mode de fonctionnement qui préserve chaque entité et prévienne le phagocytage plutôt que de leur faire un procès (de mauvaises ) intentions.

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7 commentaires

  1. Cher confrère,
    C’est curieux cet oubli systématique de la Chambre Nationale des ostéopathes dans ton blog. Comme si notre millier d’adhérents et le projet dans lequel ils croient n’existait pas!
    Comme si la seule réalité existante était celle du ROF et du SFDO!
    Est-ce là ta vision de la profession? Je doute qu’un déni aussi massif et qui commence à être identifié par un nombre croissant de consoeurs et de confrères soit productif. Merci d’accepter le dialogue avec ceux qui ne pensent pas comme toi,
    Confraternellement,
    CFleischner

  2. pascal dit :

    Monsieur le Vice-président

    Merci d’intervenir sur mon blog. Il serait très facile de remédier aux reproches que vous me faites. Publiez la liste de vos adhérents et nous saurons alors avec qui nous dialoguons. Vous annoncez un millier d’adhérents. Je ne demande qu’à croire que la CNO fédère un milliers de praticiens possédant un code ADELI 00.
    La balle est dans votre camp
    Bien à vous

  3. Renaudeau Pierre dit :

    PIERRE RENAUDEAU D.O M.R.O.F 79

    En tant que simple observateur extérieur et sans à priori sur l’une ou l’autre structure, je ne pense pas qu’il y ait sur ce blog d’oubli délibéré de l’un ou de l’autre. Le problème est en fait de rassembler le plus d’Ostéopathes Exclusifs fonctionnant peu ou prou au même niveau, par la simple nécessité vitale pour notre Profession de la tirer vers le haut, cramponnée vers le bas qu’elle est par le monde médical et politique. Certains syndicats ont compris cette douloureuse nécessité d’exiger de leurs membres l’exercice exclusif. Le S.N.O.F a ainsi vu à l’heure du choix partir avec un pincement au cœur un certain nombre d’adhérents, effrayés par l’absence du titre Kiné, mais présente maintenant un visage clair face au reste de la Profession. L’U.F.O.F a entrepris une démarche similaire, mais plus en douceur, de « la main tendue » qui doit permettre la mutation sur deux ou trois ans. C’est une démarche qu’il faut saluer également et qui tend elle aussi vers la présence, au sein des syndicats, d’Ostéopathes Exclusifs uniquement. En tant qu’Ostéopathe, vous comprenez très bien pourquoi c’est important, il y a une antinomie entre l’exercice médical ou para médical et celui de l’Ostéopathie, et celle-ci, très exigeante en temps de formation ne peut se voir amputée par l’exercice d’un autre métier.

    Je peux témoigner également qu’en tant que petit Ostéopathe de province, la mutation vers l’Exclusivité a été longue (plusieurs années), douloureuse et coûteuse, tout comme elle l’est ou le sera pour l’ensemble d’un syndicat. Mais le résultat, fabuleux, est au bout de cette démarche : exercer une méthode de soins efficace et probante qui rencontre l’adhésion sans faille du public. Alors, s’il y a effectivement du chemin, pas facile, à parcourir pour convaincre les membres d’une association socioprofessionnelle de passer à l’Exclusivité, eh bien l’on ne peut qu’engager ceux qui le souhaitent à entamer ce chemin pour nous rejoindre.
    Tous sont les bienvenus dans la mesure où nous partagerons les mêmes critères. Bien sûr, tout comme une partie de mes patients du temps de la kinésithérapie qui sont partis à mon passage à l’Exclusivité (volontairement, en 2003), une partie des adhérents des structures actuelles partiront à l’occasion de cette même transformation des syndicats, mais c’est le prix indispensable à payer. L’on ne pourrait travailler sérieusement, aller rencontrer les responsables gouvernementaux avec des opinions divisées ou divergentes.

    L’Ostéopathie, qui nous a accueillis et nous nourrit mérite bien ce sacrifice.

    Salutations confraternelles et amicales à tous.

  4. Thierry Cajgfinger dit :

    Cet éveil, pour ne pas dire ce réveil, nécessaire à l’union des ASP est surement une excellente chose pour l’Ostéopathie « future » entité professionnelle à part entière.
    A vous lire, elle génère toujours ses craintes, ses doutes, ravive ces égos et accentue les susceptibilités de chacun.
    Le prix à payer est certainement là, incontournable, si chacun est prêt à sacrifier son intérêt particulier à l’intérêt général.
    Il passe par l’obligation de nos dirigeants à faire tout pour la voie commune, s’unir dans la différence fera la pluralité si ce n’est la spécificité.
    Le SFDO, le SNOF, le ROF ont eu le mérite de mérite de lancer, soit bien tardivement parce qu’acculés par l’actualité, un début d’union en faisant fort de ce qui rassemble.
    Dans cette trajectoire, je pense que cela serait une erreur d’en exclure, de prime abord, aussi bien l’UFOF que la CNO quand bien même celles-ci n’auraient pas aujourd’hui tous les critères requis pour un prochain statut professionnel unitaire, un moratoire opposable à tous semble indispensable tout en lui fixant des limites temporelles.
    Charge à chacune d’y donner suite ou pas et au travers d’elles leurs adhérents.
    Nous avons trop souffert de cette politique à l’emporte-pièce qui aujourd’hui nous coûte une partie de nos déboires……
    Bien à vous.

    • Bruno Vinatier dit :

      Non Thierry,cela fait des lustres que l’UFOF pouvait s’aligner sur cette politique,elle ne l’a pas fait pour divers raisons,et surement par intérêt.
      Rappelons nous, que c’est encore l’UFOF qui a permis l’arrivée des Etiopathes dans le monde de l’ostéopathie avant qu’ils ne s’en séparent pour créer l’AFO.

      Alors l’union oui mais sur des critères d’exclusivité certains.

      Quant à la CNO,sa propension au secret m’empêche d’émettre un avis,mais les circonstances de sa création me laisse dubitatif …..

      Donc oui à une plateforme commune mais sur des critères de la pratique de notre » métier Ostéopathe » exclusif pas sur celui d’un titre distribué sous le poids du lobbying médical et paramédical.

  5. Thierry C. dit :

    Je n’ai surement pas toutes les informations, et ne suis représentatif que de moi-même, mais il ne faut pas oublier que derrière toutes ces ASP respectables, il y a des adhérents qui vont d’un extrême exclusif à l’autre.
    Certains ont connu les histoires passées, d’autres les découvrent ou ne les connaissent pas.
    J’ai longtemps été moi-même contre la politique que je préjugeais détestable du ROF.

    Mais aujourd’hui, nous sommes dans un virage qui ne se négociera pas deux fois à la même allure, faire fi, d’une possibilité d’amener l’UFOF et la CNO (donc leurs adhérents) à se joindre à l’Union me parait une erreur.
    Il est clair que l’exclusivité à 100% est l’objectif commun si l’on souhaite en axer une profession.
    Si tu relis, les chiffres publiés sur ce même blog, concernant les résultats de la « main tendue » donc de l’intégration progressive des prétendants à l’exclusivité, tu remarqueras que cela est plus que positif.
    Aussi pourquoi, dans une démarche d’union, se séparer d’emblée de praticiens « qui ne le mériteraient » pas en a priori et du volume d’exclusifs qu’ils peuvent représenter ?
    Il faut en finir avec ces histoires ancestrales, sans les oublier bien sur, et passer à autres choses. Se retourner sans cesse ne fait pas avancer !
    L’idée est bonne, souhaitable, mais elle construira aussi l’avenir des relations de chacun.

    L’important n’est-il pas, AU TERME, la pratique exclusive, qu’importe que les praticiens d’aujourd’hui le soient immédiatement ou dans les 3 ans, parce qu’une fois que la profession sera statutaire puis existera, ils seront Ostéopathes ou ne le seront pas !?

    Maintenant, dans le fond, personnellement, je ne trouve pas primordial de savoir si untel vient de médecine, de la kinésithérapie, ou soit maillotitienne, etc….l’essentiel étant qu’au final, il soit ostéopathe exclusivement…..

    Pour moi, la pluralité des origines organiserait la richesse des connaissances partagées et la discussion interprofessionnelle….même si je conçois que tout le monde ne soit pas de cet avis.

  6. Bruno Vinatier dit :

    Je crois que tu ne m’as pas bien compris,ou je ne me suis pas expliqué clairement.
    Nous sommes d’accord sur la notion d’exclusivité qualité essentielle de l’exercice professionnel ostéopathe.
    Il ne s’agit pas de laisser quiconque sur le bord de la route ayant cette pratique exclusive mais d’essayer de faire en sorte que les ASP dont on parle offrent cette fiabilité de ne compter que des membres en exercice exclusif (tout en laissant un temps d’adaptation aux membres d’autres professions pour arriver à ce mode d’exercice, mais qui soit raisonnable.)
    Le rapprochement qui a eu lieu il y a 2 ou 3 ans, avec établissement d’un annuaire commun SFDO-UFOF a capoté pour cette notion d’exercice double qui concernait beaucoup trop de praticiens…à l’UFOF. Cela fait des années que l’UFOF promet de se mettre en conformité et l’étude de Pascal Javerliat montre clairement que cela n’ est toujours pas clair.
    A mon sens on ne peut transiger avec cette exigence si l’on veut faire de l’Ostéopathie un métier.
    Donc n’abandonnons personne mais exigeons de certains bureaux d’ASP d’avoir ce niveau d’exellence dans le recrutement des membres et qu’ils arrêtent le prosélytisme en quête de devenir la plus grosse organisation socio- professionnelle..

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