L’invité du blog d’octobre: Pierre Renaudeau

7 octobre 2010 par pascal Laisser une réponse »

POURQUOI  OSTEOPATHE  EXCLUSIF !

Ceci n’est pas une question mais une mise au point sur une profession embrouillée par les décrets de 2007. L’Ostéopathie est une méthode de soins qui permet de redonner leurs fonctions à toutes les structures anatomiques reliées par du tissu conjonctif (fibreux) et sièges de dysfonctions. Je pense que tous les Ostéopathes Exclusifs se reconnaîtront dans cette définition qui englobe les structures articulaires, mais aussi crâniennes, et viscérales. Et il est bien évident dès lors que l’on a commencé sa formation et ressenti les différentes motilités du corps, que  ces trois « régions » sont à traiter sur ce plan de la motilité. La motilité est cet ensemble de paramètres centi-millimétriques (néologisme personnel) entre les pièces anatomiques du corps, qui permet la respiration tissulaire, le drainage naturel (alternance pression-relâchement) et, au-delà, la mobilité centimétrique. A contrario la perte de ces paramètres mineurs (dans leur amplitude) vient la plupart du temps entraver la mobilité centimétrique, sans que l’on comprenne pourquoi, sauf si l’on est Ostéopathe Exclusif et que l’on analyse le corps dans tous ses paramètres et non pas seulement dans le domaine musculo-squelettique.

Un peu de définition pour expliquer que l’Ostéopathie est une et indivisible, une nouvelle vision du corps et de sa physiologie, qui ouvre la compréhension de domaines inexpliqués avant Elle. C’est cette philosophie (comprendre que le changement d’angle de la cheville peut induire des migraines, qu’un choc sur le pariétal peut entraîner des lombalgies, qu’une chute sur la glace peut entraîner un syndrome de reflux gastro-oesophagien….) qui fait la spécificité, la nature même de l’Ostéopathie. Tout comme le corps vivant est un et indivisible, l’Ostéopathie est une et non pas divisible en musculo-squelettique, viscéral, crânien, comme cela est trop souvent évoqué par des personnes qui, bien qu’ayant le Titre Ostéopathe, n’ont pas compris cette philosophie de base. Il n’y a pas, dans le cou par exemple, de limite interruptive entre la dure mère crânienne et la dure mère rachidienne.

La continuité et l’unité des structures du corps sont des faits anatomiques et non une vue de l’esprit. La posture d’un individu debout est un fait scientifique due à la pesanteur et non une vue de l’esprit. Cette contrainte liée à la vie debout relie mécaniquement, par simple empilement, les variations positionnelles  de la ceinture pelvienne à celle de la ceinture scapulaire et au positionnement de la première vertèbre cervicale sous l’occiput qui, lui, est au service de l’horizontalité des yeux. Les viscères tirent par leurs insertions sur certains niveaux vertébraux, ce sont des liens anatomiques, pas des vues de l’esprit.

Tout ceci pour dire que la démarche qui consiste à séparer Ostéopathie musculo-squelettique et crânienne ou viscérale reflète une incapacité de comprendre la globalité du corps et ne peut être le fait que de gens qui n’ont pas intégré cette donnée essentielle. Ce ne sont donc pas au sens littéral des Ostéopathes, mais volontiers, comme ils aiment à se nommer entre eux, des « ostéos », un raccourci paresseux qui en dit long sur l’acceptation des données liées aux os mais pas de l’idée deuxième de l’Ostéopathie, qui est d’atteindre, afin de l’éradiquer, la Pathologie. Le raisonnement scientifique évoqué par ces tenants d’une Ostéopathie amputée ne tient pas compte de ces facteurs réels que sont l’anatomie et les hauts résultats obtenus dans nos cabinets.

Il n’y a en effet aucune autre manière d’expliquer la fréquentation de ceux-ci par le public, malgré des honoraires élevés (liés au temps passé), que l’efficacité qui, dans mon cas, est passée de 60% (quand j’étais kiné) à 94 % quand je suis devenu Ostéopathe. 4% d’échec seulement, au lieu de 40% cela suffit à expliquer pourquoi les patients viennent et payent sans réticence, sans conventionnement. Il n’y a là aucun effet de mode ni de tendance et si cette situation attise les convoitises des « kinés-ostéos » restant bornés au musculo-squelettique, il ne tient qu’à eux de franchir les espaces de travail (des milliers d’heures), d’opiniâtreté et d’études du corps humain que j’ai traversés comme tant d’autres Ostéopathes Exclusifs pour en arriver là.

Très récemment, un article paru dans FMT n° 96 ( un magazine kiné que je reçois toujours et où je lis les articles sur l’Ostéopathie), précise de façon tout à fait inattendue les choses exactement dans ce sens. L’auteur (Marc Messina), en effet dans l’article tiré de « Kinésithérapie. La Revue (Elsevier Masson) disponible sur le site ici « Kinési – thérapie manuelle » »  situe déjà dans le titre son domaine. Pour les Kinés, l’Ostéopathie n’est qu’une thérapie manuelle… Nous ne sommes pas sur la même longueur d’onde.

Je passerai sur les enjeux financiers évoqués, qui sont, bien sûr, colossaux et insolubles sans législation claire, sur la mention bizarre évoquant ces gens « qui se retrouvent sur le marché du travail à 21 ans avec un diplôme que l’on ne peut pas moins qualifier de diplôme acheté », laissant à l’auteur la responsabilité de ses propos( il existe bien d’autres études payantes…), ainsi que quand il évoque les « formations d’Ostéopathie évaluées sur un volume horaire d’enseignement ». D’un point de vue concret, les 1225 heures d’enseignement des décrets de 2007 nécessitent au bas mot deux fois plus de travail personnel à côté pour acquérir non pas un diplôme mais un savoir-faire, seul facteur qui permet de gagner sa vie ensuite par une pratique efficace de l’Ostéopathie. Je ne pense pas que les élèves temps plein soient naïfs au point de croire que c’est un diplôme seul qui ouvre les portes d’une carrière. L’Ostéopathie n’est pas l’administration !

Mais venons-en à l’essentiel, la description de l’Ostéopathie par un « kinésithérapeute-ostéopathe », comme il se nomme lui-même… (Marc Messina. )Amenée en grande partie par des kinés en France, ce qui est vrai, l’Ostéopathie est devenue ensuite l’Ostéopathie et non pas la Kinésithérapie, c’est un fait. La conception de celui-ci passe par un curieux raccourci qui est que pour bénéficier d’un secteur d’honoraires libres (le fabuleux pot de miel !), un kiné doit passer par la reconnaissance d’un diplôme d’Ostéopathe ! N’avons-nous pas nous, Ostéopathes exclusifs, commencé par exercer l’Ostéopathie avec assiduité ? N’est-ce plus là le facteur essentiel ?

Le diplôme n’est qu’un aboutissement que l’auteur prend pour l’essentiel. Depuis des décennies, les patients viennent consulter non pas des diplômés en Ostéopathie, mais des gens qui ont soigné avec efficacité leur oncle, leur voisin… C’est cette démarche qui a créé l’Ostéopathie dans les faits, ce sont ces gens qui ont tiré les marrons du feu, en risquant les poursuites pour exercice illégal de la Médecine, les poursuites fiscales etc.

Et de lorgner sur les débordements officieux des médecins en termes de remboursement, et de rêver d’en faire autant. Mais comment pourrait-on comparer la démarche d’un Ostéopathe, que l’auteur réduit à du musculo-squelettique, à celle des kinés ostéos ?

Comment peut-on être à la fois Kinésithérapeute et ostéopathe, deux démarches thérapeutiques opposées ? En effet, la Kinésithérapie est une démarche de soins symptomatique prescrite qui s’adresse à l’expression d’un problème de santé(le symptôme), alors que l’Ostéopathie est une démarche de soin curative de première intention qui cherche l’ORIGINE du problème de santé. Tout les oppose donc dans la pratique.

A ce titre une petite histoire vraie : J’ai reçu un jour une patiente d’un peu plus de 70 ans pour migraine et cervicalgie, à l’époque où j’étais encore kiné. J’aurais pu la soigner en kiné, remboursée, ou en Ostéopathie, non remboursée. J’ai pris le temps de lui expliquer la différence et l’ai soignée avec attention en Ostéopathie, cherchant les lésions crânio-sacrées maintenant cette personne en état douloureux. J’ai fait mon travail avec la simple application de chaque cas et quelle ne fut pas ma surprise, à la deuxième séance, d’entendre ceci : « Vous m’avez soulagée, je vais beaucoup mieux !…Vous savez, si vous ne m’aviez pas soulagée, ça fait si longtemps que je consulte pour ça et que je souffre que j’avais décidé de me supprimer ! Vous étiez mon dernier recours ! »   Voilà. C’est tout et cela a assis mes convictions sur l’Ostéopathie pour toujours.

« Tous nos patients ne peuvent pas payer le surcoût de cotisation » ? Mais pourquoi les mutuelles ont-elles mis en place le remboursement de quelque chose de cher si ça ne présente pas un avantage financier pour elles. L’Ostéopathie Exclusive est plus efficace que les soins classiques de kinésithérapie, c’est un fait concret capté par le public et par les mutuelles… « La frange séparant les techniques de thérapie manuelle de celles de l’ostéopathie » montre que l’auteur n’a pas compris que l’Ostéopathie n’est pas une collection de techniques à rajouter à d’autres mais une démarche nouvelle, holistique, autonome, différente…

Quant aux techniques évoquées, leur similitude n’est qu’apparente tant le geste thérapeutique de l’Ostéopathe est une remise en route en accord avec les tissus du corps et non une mobilisation contre son gré. La technicité fonctionnelle ostéopathique est un dialogue avec le corps, qui répond par des changements de tension mécanique palpables à une sollicitation de protocole particulier. Il ne suffit pas d’avoir dans la main un ciseau de sculpteur pour comprendre comment nait une statue. La Kinésithérapie, que j’ai pratiquée autrefois, est par contre volontiers un dialogue de sourd avec le corps. L’auteur ignore les études récentes  et passées ayant démontré la réalité du Mouvement crânien…

Et, là, personnellement, je citerais volontiers deux études statistiques parues sur le net, très éloquentes : la première s’intitule « Manipulations vertébrales et douleurs lombaires : un essai randomisé et contrôlé » paru dans ActuKiné et relate un essai réalisé sur 104 patients sur l’addition à un traitement standardisé de manipulations lombaires sur des douleurs du rachis lombaire (l’esprit recette). Résultat : aucun bénéfice clinique supplémentaire ! La deuxième s’intitule « L’Ostéopathie soulagerait les maux de dos, même à long terme » 21 mars 2006( Pierre Lefrançois- Passeport Santé.net), sur 900 sujets, avec groupe témoin : Amélioration très supérieure dans le groupe Ostéopathie par rapport au groupe témoin, et amélioration qui dure jusqu’à trois mois ! Cela se passe de commentaire !

Le problème du Kiné-ostéo est le manque de confiance dans l’Ostéopathie qui a fait rester le professionnel dans le métier de Kinésithérapeute et le fait se tourner vers la physiothérapie dès « que ça ne marche pas », ce qui se produit souvent dans son cas, car il se prive de l’efficacité du crânien et du viscéral… En soignant un demi-corps… « La frange non négligeable de patients plus enclins aux médecines alternatives qu’aux traitements conventionnels » montre là de l’arrogance et du mépris vis-à-vis non pas des Ostéopathes mais des patients qui souffrent, et qui cherchent des solutions à leur peine.

Lorsque la médecine officielle  et la kinésithérapie officielle et scientifique ne les a pas soulagés, ils se tournent vers d’autres praticiens qui sont EFFICACES. Ce n’est pas une question de mode mais de résultats réels. Là, être scientifique consiste à observer ce qui fonctionne et à s’interroger pour en comprendre le mécanisme. Il est scientifique d’observer un oiseau, il serait peu sérieux de dire que l’oiseau n’existe pas parce qu’on ne peut expliquer son fonctionnement. La nature a toujours précédé la science et l’observateur est lui-même le produit de la Nature…Restons donc scientifiques, et non dogmatiques. Le kiné-ostéo choisit le doute face au MRP et au viscéral, l’Ostéopathe Exclusif choisit l’étude de ces phénomènes, deux attitudes, et c’est l’Ostéopathe que le public vient voir sans remboursement.

Concernant les patients qui viennent consulter, ce sont, dans mon cas de province, des gens de tous horizons, des enseignants, des commerçants, mais aussi des ouvriers et ouvrières en confection ou en usine qui gagnent parfois moins que le smic. Tous ces gens viennent consacrer un budget qui est très conséquent dans le cas des ouvrier(e)s pour solutionner un problème qui peut à terme les empêcher de dormir et de travailler. Ils viennent chercher l’efficacité souvent après des soins classiques qui ont parfois comporté cent séances de kinésithérapie (propos rapporté par un patient) (scientifique… ?) et trois ou quatre consultations de généraliste (un budget global donc beaucoup plus élevé !). L’abord différent de l’Ostéopathie permet enfin de débusquer l’étiologie fonctionnelle de leurs pathologies et les réacheminer vers la santé et le bien-être qui en découle. Cela coûte généralement beaucoup moins cher que les soins classiques et remboursés antérieurs, en règle générale, une ou deux séances seulement ! Cela, les mutuelles l’ont compris mais pas encore les kinés-ostéos !

Selon l’Académie de Médecine, la « Fédé » et les kinés ostéos, la thérapie manuelle devrait être encadrée par la Kinésithérapie, mais celle-ci ne comprend goutte à l’Ostéopathie en élaguant les branches crânio-sacrées et viscérales, la chose est donc impossible. L’Ostéopathie n’est pas une thérapie manuelle, c’est une Médecine manuelle, avec ses limites évidemment, mais avec son autonomie et sa propre logique qui fait ses preuves depuis des décennies.

Au final, disons que je ne souhaite voir disparaître personne et que le problème n’est pas là. Une confusion certaine est née des décrets de 2007 et chaque personne ayant bénéficié du Titre Ostéopathe se voit comme le tenant du statut de la chose. Mais le Titre regroupe trois entités professionnelles très différentes : les Médecins Ostéopathes, sous la dépendance du Conseil de l’Ordre des Médecins mais dont l’exercice est à l’évidence sans commune mesure avec celui des Ostéopathes Exclusifs(formation plus courte, les DIU, recours aux médicaments, manipulations en force…), les Kinésithérapeutes ostéopathes, qui restent kinés et tiquent sur le crânien et le viscéral, et ne développeront jamais l’art de l’Ostéopathie en son entier à cause de leurs préjugés, et enfin les Ostéopathes Exclusifs, embrassant totalement leur discipline et exerçant l’Ostéopathie dans tous ses paramètres pour le plus grand bien des patients. Le législateur a voulu rassembler ces trois catégories, mais la Loi est lacunaire dans la définition de la pratique de ces différents intervenants. C’est là où tout diffère, et, envisageons un instant de donner trois noms à ces trois formes de pratiques, cela clarifierait les choses, car, in fine, nous pratiquons, sous un même nom, attractif parce que plébiscité par le public, des thérapies différentes. Il y a l’Ostéopathie, et il y a les autres…

C’est d’ailleurs là la démarche du S.N.O.F Profession Ostéopathe, de mettre en évidence aux yeux du législateur l’existence de trois démarches différentes au sein du même Titre. Il faudra bien un jour trancher et cloisonner, d’autant plus que le conseil d’Etat a énoncé que l’article 75 concernait bien et seulement les Ostéopathes exerçant exclusivement cette discipline. Les Médecins ostéopathes font d’excellents Médecins qui rajoutent de l’Ostéopathie à leur pratique, les Kinés Ostéopathes font d’excellents Kinésithérapeutes, intégrant des techniques d’Ostéopathie à leur pratique mais tous ceux-là ne font pas des Ostéopathes au sens littéral et historique du terme, seulement au sens juridique, pour le moment.

Seuls les Ostéopathes Exclusifs, c’est-à-dire ceux qui ont choisi, kinés d’origine ou temps plein, de se consacrer exclusivement à cet art sont des Ostéopathes, de ceux qui ont conquis le public. Et chacun dans les autres catégories est libre de les rejoindre en déposant son Titre Ostéopathe en liste adeli 00, et en renonçant à toute autre activité.

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29 commentaires

  1. Stéphane Berthet dit :

    POURQUOI OTEOPATHE EXCLUSIF ?

    Ceci n’est pas une mise au point mais une question sur une profession embrouillée par la loi de 2002 et les décrets et arrêtés de 2007.

    Monsieur RENAUDEAU, votre sens de la plume doit en séduire beaucoup. Moi-même, j’avoue avoir été séduit par votre maniement de la plume que ce soit sur ce blog ou sur le site de Jean-Louis BOUTIN (ostéopathe avant la loi de 2002, après les décrets de 2007 et qui le reste plus que jamais après le 30 septembre 2010).

    Par vos propos, vous participez à l’enrichissement du débat qui concerne l’avenir de notre profession. De cela, je vous remercie.

    Il est évident que vos propos n’engagent que vous et qu’ils émanent de votre vision de la situation, compte tenu de votre propre expérience professionnelle. D’abord masseur-kinésithérapeute, vous vous êtes formé à l’ostéopathie, et votre passion pour cette discipline vous a amené (non sans mal) à abandonner la masso-kinésithérapie afin de vous consacrer exclusivement à l’ostéopathie en 2003.

    Je suis également masseur-kinésithérapeute (D.E 2000) diplômé en ostéopathie (2009). Tout comme vous, je suis passionné par l’ostéopathie et mon désir est de me consacrer exclusivement à l’ostéopathie dès que possible. Il semble donc que nous ayons les mêmes ambitions malgré une différence d’âge qui ne doit pas être si importante que cela, quand je vois votre photo sur le site de Jean-Louis BOUTIN.

    Lorsque vous parlez de l’ostéopathie, à quelques détails près, je suis totalement en accord avec vos propos.

    Pourtant, lorsque j’ai lu votre article, je me suis rendu compte que malgré nos nombreux points communs, nous étions en désaccord sur différents points :
    - notre vision respective de la masso-kinésithérapie,
    - notre vision respective des différences entre l’ostéopathie et la masso-kinésithérapie,
    - notre vision respective des « kiné-ostéos »,
    - notre vision respective de la définition d’un « ostéopathe exclusif »,
    - et donc évidemment, notre vision respective de ce que pourrait ou devrait être l’avenir de l’ostéopathie en France.

    Soyons clairs, je ne cherche aucune polémique. Je cherche juste à expliquer pourquoi malgré une passion et des ambitions communes nos points de vue sont en partie divergents.

    Malgré mes ambitions, je reste persuadé que la masso-kinésithérapie est une discipline paramédicale indispensable au système de santé actuel par son intervention dans de nombreux domaines dans lesquels l’ostéopathie n’est pas indiquée en première intention : neurologie (paraplégies, tétraplégies, hémiplégies, maladie de Parkinson, …), rééducation à l’effort suite à des pathologies cardiaques ou pulmonaires, suites de traumatologie osseuse (fractures, …) et ligamentaire (entorses graves opérées ou non), rééducation respiratoire, traitement des oedèmes lymphatiques par exemple dans les suites de cancer, rééducation des affections rhumatismales vraies telle que la spondylarthrite ankylosante, etc… Si l’ostéopathie peut avoir un effet bénéfique non négligeable pour tous les patients atteints de ce type de pathologies, la masso-kinésithérapie est LA discipline majeure qui permettra aux patients de retrouver les capacités les plus proches de leur état antérieur ou/et de limiter les conséquences fonctionnelles de ces pathologies. Pour être les plus compétents dans tous ces domaines, les professionnels doivent sans cesse se former pour être les plus performants. Ainsi, malgré une formation initiale trop généraliste selon certains, ou trop « pauvre » selon d’autres, de nombreux professionnels n’hésitent pas à se former pour devenir des « pointures » dans le domaine qui les passionne.

    Le point qui unit étroitement les deux professions est LA DOULEUR. Dans la majorité des cas, un patient consulte un masseur-kinésithérapeute ou un ostéopathe dans l’unique but d’être soulagé. C’est de ce point que vient aussi la plus grosse différence entre la masso-kinésithérapie et l’ostéopathie. Les premiers s’intéressant au symptôme, les seconds à la cause du symptôme. A l’inverse du message que vous faites passer, je pense donc que, bien souvent, ces disciplines sont complémentaires. Il m’arrive fréquemment de conseiller à un patient d’aller voir un masseur-kinésithérapeute pour obtenir un bénéfice maximum. Je ne pense pas être le seul dans ce cas. De même, je traite des patients qui me sont adressés par des masseurs-kinésithérapeutes, en toute collaboration, avec comme seul intérêt la santé du patient.

    Je pense que vous êtes jusqu’ici en accord avec moi. Je traduis sans doute ce que vous n’avez pas pensé utile de rappeler.

    Maintenant, pourquoi vous comme moi, comme de nombreux masseurs-kinésithérapeutes, nous sommes nous intéressés à l’ostéopathie ? Pourquoi dans les années 60 des masseurs-kinésithérapeutes se sont intéressés à l’ostéopathie et l’ont « importé » et développée en France ? Nous sommes nombreux à nous être sentis limités face à des patients que nous n’arrivions pas à soulager. Ce doit être les 40% d’échec dont vous parlez. Nous nous sommes donc intéressés à l’ostéopathie.
    - Certains s’en tiennent aux techniques ostéopathiques pour « améliorer » leurs traitements pour gagner en efficacité. Pourquoi les blâmer alors qu’ils le font dans l’intérêt du patient, même s’ils n’ont pas compris tout l’intérêt de l’ostéopathie ?
    - D’autres, comme vous et moi, se sont intéressés à l’holisme pour finalement en devenir passionnés, à tel point que cela est devenu une évidence. Certes, certains s’en tiennent à l’aspect musculo-squelettique de certaines techniques ostéopathiques mais nous sommes nombreux à nous passionner pour tous les champs d’actions offerts par l‘ostéopathie. Il s’agit là de deux cheminements différents mais qui gardent un point commun : la santé du patient. Ceci est une donnée invariable depuis l’apparition de l’ostéopathie en France.
    - Enfin, il est probable que certains masseurs-kinésithérapeutes pensent pouvoir utiliser l’ostéopathie à des fins purement lucratives. Mais honnêtement, ces professionnels peu scrupuleux ne doivent pas avoir beaucoup de succès s’ils ne s’intéressent pas à la santé de leurs patients. Leur disparition est d’ailleurs programmée malgré eux avec les référentiels que la CNAM met en place progressivement.
    Je pense donc sincèrement que la grande majorité des masseurs-kinésithérapeutes qui se lancent dans des études complémentaires d’ostéopathie le fait dans l’intérêt du patient. Est-ce que tous ressortent ostéopathes, c’est une autre question.

    Bien évidemment, est ostéopathe uniquement celui qui admet les principes de l’ostéopathie (ceux entre autre que vous citez) et qui n’envisage pas de traiter ses patients en ostéopathie autrement qu’en les intégrant dans ses traitements.

    Ceci est vrai autant pour les masseurs-kinésithérapeutes ostéopathes que pour les ostéopathes sans pré-requis.

    Dire que le masseurs-kinésithérapeutes ostéopathes sont moins bien formés que les ostéopathes sans pré-requis n’est pas un argument recevable, vous en conviendrez. Vous en êtes une des preuves vivantes. Quelle que soit son origine, un ostéopathe doit sans cesse lire, travailler, se former pour évoluer et atteindre un niveau convenable qui associe connaissances poussées et expérience.

    En revanche, la question que je me pose aujourd’hui est : qu’est-ce qu’un « ostéopathe exclusif » ? Ce terme a été inventé par des masseurs-kinésithérapeutes. Si je ne m’abuse, c’est Monsieur BOZETTO, masseur-kinésithérapeute ostéopathe, qui a monté la première école « d’ostéopathes exclusifs », c’est à dire directement accessible après le BAC sans aucune sélection. Si je ne me trompe pas, ce terme est repris par les masseurs-kinésithérapeutes qui ont abandonné la masso-kinésithérapie pour se consacrer exclusivement à l’ostéopathie avant 2002, alors qu’elle était encore considérée comme de l’exercice illégal de la médecine. Nous voyons depuis 2002 une multitude « d’ostéopathes exclusifs » qui sortent d’écoles, ayant profité de cette loi pour se créer, sans tenir compte de l’aspect démographique de l’ostéopathie. Ces nouveaux « ostéopathes exclusifs » sont de plus en plus nombreux à ne pas vivre de leur « art » à cause de la démographie hallucinante de l’ostéopathie aujourd’hui. Ils sont de plus en plus nombreux à avoir une activité annexe pour vivre (payer leurs loyers, élever leurs enfants, …). Ce sont encore les quelques rares masseurs-kinésthérapeutes qui arriveront à abandonner l’exercice de la masso-kinésithérapie pour vivre de l’exercice exclusif de l’ostéopathie (j’espère en faire partie).

    Le terme « ostéopathe exclusif» signifie donc aujourd’hui globalement : pratiquer exclusivement l’ostéopathie dans le domaine de la santé, mais avec bien souvent une autre profession pour vivre.
    Ce terme n’est donc absolument pas gage ni de compétence ni de sécurité (terme très à la mode en ce moment). Il faut bien l’admettre, l’ostéopathie exclusive que vous avez connue en 2003 n’a rien à voir avec « l’ostéopathie exclusive » d’aujourd’hui qui ne représente qu’un fantasme pour beaucoup.

    Monsieur RENAUDEAU, la situation a considérablement évolué depuis 2003. Il faut l’admettre et en tenir compte.

    Aujourd’hui, je fais encore des actes de masso-kinésithérapie. Pourtant, je me considère bien plus « ostéopathe exclusif » que bon nombre des doubles 0 qui ne s’en sortent pas. J’ai la chance de pouvoir développer ma clientèle/patientèle d’ostéopathie en complétant le manque à gagner par des actes de masso-kinésithérapie. Pour autant, je pratique bien plus l’ostéopathie selon tous ses principes (musculo-squelettiques, viscéral, crânien et autres) que bon nombre de double 0.

    Demain, le ROF, le SFDO et le SNOF vont peut-être se targuer de représenter 2500 « ostéopathes exclusifs » double 0. Quel en est l’objectif réel ? À part vous et quelque uns qui sont de vrais exclusifs (même si la grande majorité sont des anciens masseurs-kinésithérapeutes), cela ne représente rien de concret.

    Créer une profession d’ostéopathe ? Peut-être.

    Essayer d’éradiquer les masseurs-kinésithérapeutes de la formation en ostéopathie ? Sans nul doute.

    Obtenir un numerus clausus ? Pour ça il faudrait que l’ostéopathie soit reconnue comme une profession de santé.

    Créer une profession de Santé ? Apparemment pas, les ASP d’ostéopathes sans pré-requis n’étant pas prêt à en accepter les éventuelles contraintes par peur d’une paramédicalisation de l’ostéopathie.

    Pourquoi ne pas tenir compte du contexte qu’ont officialisé les décrets et arrêtés de mars 2007 ? Il y a deux filières en France pour devenir ostéopathe : l’une consiste à se spécialiser après avoir obtenu le diplôme de masseur-kinésithérapeute, l’autre consiste à se former directement après le BAC (Je ne parle pas volontairement des médecins ici. C’est peut-être le seul point sur lequel tout le monde est d’accord).

    Aujourd’hui, les ostéopathes en France sont à 50% des ostéopathes sans pré-requis et à un peu plus de 40% des masseurs-kinésithérapeutes spécialisés. De ces deux filières, on peut distinguer ceux qui pratiquent vraiment l’ostéopathie ou pas. Soyons honnêtes, le pourcentage doit être équivalent des deux côtés.

    Pourquoi ne pourrions-nous pas organiser de vrais états généraux de l’ostéopathie avec les acteurs principaux de la profession (masseurs-kinésithérapeutes ostéopathes et ostéopathes sans pré-requis) ?
    Pourquoi ne pourrions-nous pas arriver unis devant le gouvernement ?
    Pourquoi ne pourrions-nous pas réfléchir ensemble à l’avenir de la profession ?
    Pourquoi ne pourrions-nous pas nous imposer comme une NOUVELLE profession de santé à part entière sans qu’il soit question de paramédicalisation ?
    Pourquoi ne pourrions-nous pas exiger un numerus clausus « partagé » calculé en fonction des statistiques récentes dont nous disposons grâce aux fichiers ADELI ?

    Les conflits du passé sont-ils si importants qu’ils sont une source de guerre irrémédiable ?
    Les égos sont-ils tellement démesurés que nous soyons obligés d’attendre que les dirigeants des ASP passent la main ?

    Je pense que c’est en répondant sincèrement à ces questions que l’ostéopathie a une chance d’évoluer favorablement en France. Sûrement pas en continuant cette guerre stérile à laquelle nous assistons depuis 2007 qui risque de nous mener à la destruction de notre magnifique profession.

    Il est temps que les « têtes pensantes » prennent leurs responsabilités, avec tous les sacrifices que cela suppose, et tirent un trait sur le passé.

    Confraternellement,

    Stéphane BERTHET

  2. S.B. dit :

    Bonjour,
    Je pense que vous généralisez un peu facilement la situation. Je suis exclusif, issu d’une formation initiale. Et oui, la situation n’est pas facile pour se faire sa patientèle. Mais je n’ai pas eu besoin de trouver une autre profession, pour pouvoir vivre de l’Ostéopathie.

    La faute ne revient pas essentiellement à la multiplication des écoles exclusives. Elle vient également du nombre colossal de kiné, qui pratiquent, de l’ostéo de manière approximative. Dans ma ville j’ai 12 kinés, dont 9 utilisent l’ostéo, en ayant le droit ou non de porter le titre. Il est fréquent de voir des patients me dire, je viens vous voir, mais j’ai un doute car j’ai déjà fait 4,5 ou 10 séances d’ostéo avec untel.
    Je ne crois pas que l’ostéopathie soit bénéfique pour moi. Lorsque je demande le déroulement de la séance, la réponse est bien souvent identique :
    -1ère séance, sous lampe chauffante,
    -2nd électrodes,
    -3ème un mix des 2, avec massages,
    -4ème, une manip sur une lombaire.
    Le tout remboursé, grâce à une multiplication de feuilles de soins.
    Voilà ce que font 75% des kinés de ma ville. Et pour en parler régulièrement ce genre de situations, se répète trop souvent.

    De tels agissements nuisent à l’ostéopathie. De tels agissements nuisent aux jeunes exclusifs, qui sont, je vous l’accorde, trop nombreux. De tels agissements nuisent aux patients. Vos intentions semblent aller dans le sens de l’ostéopathie. Mais, soyez honnête et reconnaissez que bon nombre de vos confrères kiné et ostéo, détruisent la profession, par :
    -leur manque de pratique,
    -leur manque d’honnêteté vis à vis des actes utilisés
    -leur méconnaissance totale de la philosophie ostéopathique, qui est la base de notre profession.

    Vous critiquez les exclusifs qui ont une autre profession pour vivre, mais vous faite la même chose. Vous utilisez la kinésithérapie pour vivre.
    La réalité est là. C’est que la majorité des kinés qui se prétendent ostéopathes, plombent « le marché » de part leur attitude. Ils utilisent l’ostéopathie, comme ils utilisent les chocs ou le Power Plate. Bref, ils ne vivent pas pour l’ostéopathie, mais utilisent l’ostéopathie pour rentabiliser leur chiffre d’affaire.

    Les ostéopathes sont des gens passionnés, qui vivent pour leur métier. Pour citer J.Jealous :
    « Trop de docteurs oublient pourquoi ils sont là. Ils s’en font pour leur argent. Je n’ai jamais été pauvre depuis que je pratique. Je n’ai jamais renvoyé une facture, je n’ai jamais eu d’assurance pour mauvaise pratique. C’est un privilège que de servir la communauté. Alors je ne m’en fait pas. J’ai toujours été payé, ou pas, mais j’ai toujours eu assez d’argent pour vivre. Cela doit être innocent. L’ostéopathie est au service de la souffrance dans le monde et non pas pour nous.  »

    C’est pour cette phrase et cette vision, que des gens comme Mr RENAUDEAU, se battent ! (enfin, je pense)

    • Stéphane Berthet dit :

      Cher S.B,

      Il ne me semble pas avoir critiquer dans mes propos les ostéopathes sans pré-requis qui ont besoin d’avoir d’une autre activité pour vivre. C’est juste un constat.

      Les chiffres dont nous disposons aujourd’hui, grâce à l’étude faite par l’observatoire de l’ostéopathie et tout récemment l’étude faite par l’UFOF auprès de ses adhérents, me donnent raison. En moyenne, un ostéopathe tirait un peu plus de 2000 euros de bénéfice mensuel en 2009. Moins qu’en 2008. Et, les prévissions laissent supposer que ce chiffre continuera à diminuer dans les années à venir si rien n’est fait pour contenir la démographie des ostéopathes. Il s’agit certes d’une moyenne. Certains gagnent beaucoup plus et d’autres moins. Ce sont de ces derniers dont je parle.

      Sur le terrain, il suffit d’observer la situation de nombreux jeunes diplômés pour comprendre que mes propos ne sont pas une « généralisation facile ». J’habite dans une grande agglomération du sud de la France, et je peux vous assurer que la situation est loin d’être facile pour bon nombre de jeunes ostéopathes sans pré-requis qui cherchent à s’installer. La concurrence est rude : un « titré » pour moins de 3000 habitants environ. Certains jeunes livrent des pizzas pour payer leur loyer, d’autres sont coursiers, … . Ça c’est la réalité, et je ne pense pas que ça ne se passe comme ça que dans le sud de la France. Fort heureusement, certains comme vous s’en sortent et arrivent à développer, non sans mal là encore, une patientèle (grâce à leur compétence, à leurs réseaux, …). Jeter la faute sur les masseurs-kinésithérapeutes ostéopathes ne change rien au problème. Eux aussi connaissent plus de difficultés « qu’avant » pour se créer une patientèle en ostéopathie.

      Pour le reste, je reconnais volontiers que certains masseurs-kinésithérapeutes sont des escrocs. Ils nuisent aussi bien à l’image de l’ostéopathie qu’à celle de la masso-kinésithérapie. Cependant, connaissant de nombreux masseurs-kinésithérapeutes, je trouve votre description de ce phénomène relève de la caricature plus que de la réalité.

      Je le répète, je pense que ce phénomène est amené à disparaître rapidement avec la mise en place de référentiels par la CNAM dans les mois à venir. Il est en effet question que les patients souffrant de « lombalgie aigüe » ne soient plus remboursés pour des actes de kinésithérapie pendant les trois mois qui suivrait le début de leurs douleurs. Ils n’auraient ensuite que douze séances de remboursées sur un an. Les patients seront donc en recherche d’efficacité et les « vrais » ostéopathes profiteront donc sans doute naturellement de cette décision de la CNAM.

      Enfin, je vous remercie de nous faire partager la citation de J. JEALOUS qui doit nous rappeler sans cesse pourquoi nous avons choisi d’être des « soignants », quelle que soit notre origine.

      Confraternellement,

      Stéphane BERTHET

  3. francis dit :

    en quoi l’exclusivité est elle un gage de sérieux et d’excellence. Je suis masseur kinésithérapeute et dans mon cabinet je traite à la fois des patients en ostéopathie « exclusive » et d’autre en kinésithérapie.Je n’ai jamais fais supporter à l’assurance maladie les soins d’ostéopathie n’en déplaise à s b
    Je pense que ce sont des gens comme monsieur Renaudeau qui freinent le devenir de l’ostéopathie en défendant l’ostéopathie exclusive .Comment voulez vous créer une profession en stigmatisant les kinésithérapeutes et les médecins ostéopathes?

  4. Bonjour Mr Berthet,
    votre soucis de faire des « études complémentaires en ostéopathie » est tout à fait révélateur. je suis tout à fait sûr que votre passion pour l’ostéopathie vous amènera très naturellement vers une pratique exclusive qui vous fera prendre conscience de cette différence entre complémentaire et exclusive. Je crois que tous les MK sont passés par cette étape. La réalité est que la profession d’ostéopathe ne peut se construire juridiquement que sur une pratique exclusive. Le terme exclusif est bien sur préférable au « ni-ni » employé par les kinés-ostéos. A votre honnêteté intellectuelle, il faut savoir que d’autres intérêts existent, et qui n’ont pas pour but le seul bien être du patient. N’oublions pas non plus le bien être des praticiens. Permettant une bien meilleure disponibilité à l’égard des patients. Vous en conviendrez très naturellement dès que vous aurez sauté le pas, ce qui ne semble pas tarder.
    J’ai rencontré récemment un médecin-anesthésiste-ostéopathe: il faudrait que cela cesse.
    Bien amicalement.

  5. S.B. dit :

    Re
    Il ne faut pas se voiler la face.

    Francis, votre attitude est toute à votre honneur, et je salue ce type de pratique.

    Mais bon nombre de vos confrères, ne sont pas si honnêtes dans leur pratique et intègres…

  6. francis dit :

    C’est pour cela, SB ,que Stéphane Berthet a raison et qu’il est temps maintenant de tenir de vrai états généraux de l’ostéopathie avec tout les acteurs..enfin d’encadrer l’exercice
    Je suis également pour des contrôles des kiné ayant le titre d’ostéopathe.
    Je crois que les asp des « exclusifs » se trompent de combat. Diviser pour mieux régner tel pourrait être leur devise.

  7. osteopathedomrof dit :

    Il me semble que vous faites une erreur de signe car ce qui se passe avec le sfdo, le rof et le snof est une addition plutôt qu’une division.
    Si l’ufof, l’afo et autres ne présentent pas les critères de probité suffisants pour s’associer à une telle démarche, à eux de se mettre en conformité.
    Quand aux kinés-ostéos, pourquoi seraient ils associés à un combat qui a pour principe l’exclusivité ?
    A ces derniers de se fédérer pour avancer dans le sens d’un double exercice, si ça les chante : en tout cas EUX, ont été bien soignés par le gouvernement, et ce, sans beaucoup d’efforts.

    • Stéphane Berthet dit :

      Cher confrère (je ne connais pas votre nom),

      Il me semble que vous oubliez une chose essentielle. Les décrets et arrêtés de mars 2007 n’ont fait qu’entériner une situation qui existait avant 2002 et qui s’est très largement développée entre 2002 et 2007 : la pratique de l’ostéopathie par des masseurs-kinésithérapeutes ostéopathes d’un côté et par des ostéopathes sans pré-requis d’un autre côté. Il était donc tout naturel que les textes de 2007 tiennent compte de cette réalité.

      Ces textes n’ont satisfait personne :
      - ni les ASP de masseurs-kinésithérapeutes qui ont tout fait pour que leur soit réserver le titre d’ostéopathe,
      - ni les ASP d’ostéopathes sans pré-requis qui avaient le même objectif de leur côté,
      - ni les médecins qui ne voulaient « rien lâcher ».

      Sur le contenu des textes, vous dites que les masseurs-kinésithérapeutes ostéopathes ont été bien soignés par le gouvernement. Si ce sont les limitations « d’actes » dont vous parlez (manipulations du rachis cervical, du nourrisson de moins de trois mois, etc …), tant qu’aucune jurisprudence ne stipulera l’inverse, je pense que nous sommes à « égalité ». Pour ce qui concerne le crânien et le viscéral, là aussi nous sommes à « égalité ». Pour la durée des études, le législateur nous a naturellement différencié même si le nombre d’heures et le contenu sont critiquables. Je ne comprends donc pas bien le sens de vos propos. A l’évidence, mon cher confrère, nous sommes tous dans la même galère (je ne parle pas des médecins de médecine manuelle bien évidemment) !

      Pour le reste, je pense qu’il est temps que les ostéopathes se battent tous ensemble pour l’ostéopathie plutôt que pour « l’exclusivité » ou « l’exercice mixte ». C’est dans cet esprit que nous devrions tous nous « associer » pour donner à l’ostéopathie le statut qu’elle mérite au niveau législatif.

      Concernant « l’association » du ROF, du SFDO et du SNOF, je vous invite à lire l’édito de Dominique BLANC paru ce jour sur le site de l’UFOF. Il est très instructif.

      Confraternellement,

      Stéphane BERTHET

  8. francis dit :

    le combat n’est pas celui de l’exclusivité mais celui de l’ostéopathie ne vous trompez pas

    • Et bien justement, le combat n’est plus dans un quelconque syncrétisme voulant s’appeler ostéopathie. Ce temps est bien fini, le message est passé auprès du public qui sait maintenant ce qu’est l’ostéopathie. Bien sûr ce n’était pas le cas il y a trente ans. Le combat est bel et bien celui de l’ostéopathie exclusive, c’est à dire d’une profession et non d’une pratique partagée. Le confort des kinés faisant de l’ostéopathie est un autre combat, celui d’une profession tellement encadrée que les praticiens ne s’y épanouissent plus que difficilement. Il ne s’agit pas d’avoir un diplome pour être, il faut aussi faire:  » nous sommes ce que nous faisons de manière répétée. L’excellence n’est pas une action mais l’habitude ». maintenant pour info, le coût pour être ostéopathe exclusif, c’est 40 de cotis

      • osteopathedomrof dit :

        « le combat n’est pas celui de l’exclusivité mais celui de l’ostéopathie ne vous trompez pas »
        Visiblement, vous persistez à nier un engagement (décrit par Pierre Renaudeau d’ailleurs) ainsi que celui de la moitié des ostéopathes adeli (quand à prouver le réel exercice ostéopathique de l’autre moitié…).

  9. francis dit :

    je ne nie rien je dis juste que le combat pour la reconnaissance de l’ostéopathie doit faire intervenir tout les acteurs (exclusif kine etc…) puisque le législateur l’a voulu ainsi Je dis également que l’exclusivité n’est pas forcément un gage d’excellence.

    • Pour le gage d’excellence, il faut voir… Il y a certainement des cas particuliers mais au niveau général, ça ne se discute pas. Pour le patient, il y a quand même un problème de lisibilité de la profession. Qui fait quoi? Si les ostéopathes faisaient de l’ostéopathie, les kinésithérapeutes, de la kinésithérapie (on ne parle plus de massages naturellement), les médecins, de la médecine, les podologues, des semelles? Le combat de l’ostéopathie n’est plus celui de la pratique, c’est fait, la preuve, tout le monde a le droit d’en faire avec le titre partagé, mais bien celui de l’exercice exclusif. Il n’y a que les kinés qui ne le reconnaissent pas. Peut-être qu’ils ne pensent l’ostéopathie que comme une spécialité plutôt qu’une profession. On revient donc à l’excellence. Dommage qu’ils ne comprennent qu’une fois avoir sauté le pas et troqué le 70 pour le 00. Du reste, à défaut de la pratique, nous allons rapidement parler de l’usage du titre!… Voir la décison du Conseil d’Etat.

      • Stéphane Berthet dit :

        Cher Monsieur de Lagausie,

        Je pense avoir assez donné mon avis sur les masseurs-kinésithérapeutes ostéopathes et sur la masso-kinésithérapie en général pour ne pas avoir à y revenir, ce qui nous évitera d’entretenir les polémiques que je ne souhaitais pas créer sur ce blog.

        Concernant la décision du conseil d’Etat du 24 septembre, je suis étonné de l’interprétation qui en est faite par les ASP d’ostéopathes sans pré-requis. Pour que tout le monde saisisse bien, je vous cite de nouveau le paragraphe qui suscite un intérêt pour certains :

        « Considérant que les dispositions citées ci-dessus de l’article 75 de la loi du 4 mars 2002, éclairées par les travaux parlementaires ayant conduit à leur adoption, avaient pour objet exclusif de régir la situation des personnes exerçant, ou ayant l’intention d’exercer, la profession d’ostéopathe à titre exclusif, et non de celles ayant par ailleurs la qualité de médecin ; qu’il en va de même de la rédaction de ces dispositions issue de l’ajout opéré par la loi du 21 juillet 2009 ; »

        Ce qui est particulièrement intéressant en droit c’est la sémantique qui n’est jamais laissée au hasard. Vous remarquerez que j’ai souligné le terme « régir ». La définition du mot « régir » est la suivante : « déterminer l’organisation, le fonctionnement de (par une loi, une règle) » (source : dictionnaire.sensagent.com). Ce terme a toute son importance, et à n’en pas douter, le conseil d’Etat ne l’a utilisé en connaissant sa signification.

        Voici le même paragraphe avec les termes « déterminer l’organisation et le fonctionnement de » à la place du mot « régir » : « Considérant que les dispositions citées ci-dessus de l’article 75 de la loi du 4 mars 2002, éclairées par les travaux parlementaires ayant conduit à leur adoption, avaient pour objet exclusif de déterminer l’organisation et le fonctionnement de la situation des personnes exerçant, ou ayant l’intention d’exercer, la profession d’ostéopathe à titre exclusif, et non de celles ayant par ailleurs la qualité de médecin ; qu’il en va de même de la rédaction de ces dispositions issue de l’ajout opéré par la loi du 21 juillet 2009 ; »

        Ce paragraphe devient ainsi plus clair. Je vous en donne donc mon interprétation :

        - Le conseil d’Etat explique ici que la loi de 2002, telle qu’elle a été pensée et votée, avait pour objectif de donner un cadre législatif et réglementaire aux ostéopathes sans pré-requis, et à ceux en devenir (les étudiants), qui naviguaient alors dans un vide juridique complet. Cette loi n’a pas été pensée et votée ni pour les médecins, ni pour les masseurs-kinésithérapeutes, qui étaient eux déjà encadrés par un cadre juridique défini depuis longtemps, l’ostéopathie faisant partie intégrante de leurs compétences telles qu’elles sont définies juridiquement. Les masseurs-kinésithérapeutes y ont juste gagné l’officialisation du droit de recevoir un patient en première intention dans certains cas. Si le conseil d’Etat ne parle pas des masseurs-kinésithérapeutes dans ces termes, c’est uniquement parce qu’il devait statuer sur un recours d’une ASP d’ostéopathes sans pré-requis vis-à-vis des médecins. Mais il paraît peu probable que le conseil d’Etat inclue les masseurs-kinésithérapeutes dans ceux qu’il nomme comme exclusifs.

        - Le conseil d’Etat ajoute que la loi de 2009, qui porte le nombre d’heures d’études à 3520 heures, ne concerne que les ostéopathes sans pré-requis. Les médecins et les masseurs-kinésithérapeutes ne seraient donc pas concernés par cet aspect réglementaire de la loi de 2009. Rien ne semble donc aller dans le sens d’une modification de la distribution du titre d’ostéopathe suite à cette décision du conseil d’Etat.

        En revanche, cette décision est effectivement une vraie « révolution » pour l’ostéopathie. Le conseil d’Etat reconnaît « la profession d’ostéopathe ». Il n’est plus question de titre mais bien de profession. Comme vous l’avez compris, je souhaite que le législateur aille également dans ce sens, et même plus loin en reconnaissant l’ostéopathie comme une profession de santé. Pour le reste, il reconnaît les professionnels qui exercent la profession d’ostéopathe à titre exclusif, et donc implicitement les professionnels qui exercent la profession d’ostéopathe de manière non exclusive. Il n’est donc absolument pas question de limiter l’usage du titre ou le droit d’exercer la profession d’ostéopathe aux seuls ostéopathes qui exerceraient cette profession à titre exclusif, quelle que soit leur origine.

        Pour les ostéopathes sans pré-requis, la décision du conseil d’Etat permet ainsi d’espérer la création prochaine d’une profession d’ostéopathe au sens propre du terme et c’est tout. Toutes les autres interprétations des ASP d’ostéopathes sans pré-requis ne me paraissent être que des interprétations partisanes et corporatistes infondées.

        Pour les masseurs-kinésithérapeutes, la décision du conseil d’Etat permet d’avoir le même espoir et semble préciser également que la loi de 2009 ne devrait pas avoir d’impact sur la formation à temps partiel en ostéopathie des masseurs-kinésithérapeutes.

        Je ne vois donc rien dans cette décision qui pourrait nous opposer ou profiter à l’un plus qu’à l’autre. Nous sommes tous gagnants par la reconnaissance de notre profession par le conseil d’Etat. C’est un premier pas vers une meilleure reconnaissance de l’ostéopathie au niveau législatif. Mais rien n’est encore gagné et cela ne change rien au fait que ce n’est sûrement pas en nous battant et en nous divisant que nous obtiendrons le meilleur pour l’ostéopathie.

        Confraternellement,

        Stéphane BERTHET

    • Thierry LEHOUX dit :

      Bonjour Francis,

      Le « législateur » ne l’a jamais voulu. Le « législateur » c’est l’ensemble Assemblée Nationale/Sénat (qui est chargé de faire des lois). A ne pas confondre avec le gouvernement qui lui fait les décrets d’application des lois et logiquement en respectant le droit français. Ce que Xavier BERTRAND n’a pas fait. Ca c’est l’Histoire avec un H majuscule.

      Thierry

  10. Toutes les interprétations sont possibles, la votre aussi. Laissons dire maintenant les juristes.
    Cordialement.

  11. Pierre RENAUDEAU dit :

    POURQUOI OSTEOPATHE EXCLUSIF : Les raisons.

    Je remercie Stéphane Berthet, S.B (Tu peux mettre ton nom ce sera sympa, j’ai des kinés comme tu décris à côté de chez moi.), Francis (qui n’a pas le courage de donner son nom, ce qui permet des écarts inutiles. Une question : Comment supportez-vous, Francis, le regard du patient que vous êtes en train de soigner en kiné pour la huitième fois pour une sciatique alors que vous savez que son problème pourrait être résolu depuis huit jours par l’Ostéopathie ? Moi, je n’ai pas pu supporter ça, et je suis devenu exclusif pour pouvoir TOUJOURS soigner avec les meilleures connaissances disponibles, seule attitude vraiment déontologique face à ce dilemme…), Olivier de Lagausie( ouf, un vrai nom !) Ostéopathedomrof( Qui êtes-vous ?).

    Bien évidemment, mon propos n’inclue pas tous les Kinésithérapeutes et je salue ici le travail indispensable des rééducateurs en neurologie, en pneumologie, en centres de rééducation etc, dont la tâche n’est pas remplaçable par de l’Ostéopathie. Je souligne d’ailleurs à la fin de mon article la qualité des Kinés ostéo, mais en tant que kinés. C’est un compliment, car je ne suis pas là pour faire la critique ou le procès de qui que ce soit, je n’ai aucune raison de le faire d’ailleurs. Je tiens seulement à parler de ce que je connais bien, l’Ostéopathie.

    Sur la notion d’Ostéopathe Exclusif, la définition est simple, c’est un Ostéopathe qui n’exerce que l’Ostéopathie, sans préjuger de l’origine de sa formation. Les Ostéopathes formés après le bac sont des « temps plein », terme tout à fait respectueux employé dès les premières générations de temps plein que j’ai côtoyées chez Atman. Je tiens à ce que nous restions sur des faits et non des polémiques qui n’apporteront rien à personne, et je ne suis pas sur ce blog pour ferrailler avec des personnes sur des phrases du style : « Ce sont des personnes comme X qui… » Cela n’a aucun intérêt.

    2 Si l’Ostéopathe peut être une évolution du Kinésithérapeute, l’Ostéopathie n’est pas une évolution de la Kinésithérapie, et ce pour une raison simple, qui est que quand on parle de kinés, de Kinés ostéopathes, on parle d’une activité CONVENTIONNEE, c’est-à-dire cloisonnée, encadrée, prescrite, mais sans aucun espace de liberté pour reformater les séances, leur durée, leur nature, sauf à tricher avec le contrat de conventionnement qui lie le Kiné à l’Assurance maladie sur la nature de son intervention, son mode d’action, qui sont déterminés à l’avance, tout ceci en échange de versements des prestations assurance -maladie du praticien par les CPAM. Un contrat est un contrat.
    Oui, la situation a changé depuis 2003, elle est pire entre autres à cause des RMKO, références médico-kinésithérapiques opposables, qui, comme une grille de réparation dans un garage automobile, formatent à l’avance les soins de Masso-Kinésithérapie. Le débat est donc complètement faussé et la seule façon de sortir de ce cercle conventionnel est de se déconventionner, et une fois cela fait pourquoi rester Kinésithérapeute ?
    Si c’est pour exercer l’Ostéopathie pourquoi ne pas se nommer Ostéopathe.
    Comme me l’a justement fait remarquer la personne qui a enregistré mon Titre Ostéopathe à la DASS : « On a créé un métier pour vous, c’est votre place logique (en 00) ».

    Pour illustrer mon propos, je vous raconte une petite histoire réelle qui s’est déroulée ce jour samedi 9 octobre, patient n° 1 de la matinée :

    « Qu’est-ce qui vous amène, M. X ?
    – une cruralgie, qui dure depuis un an, j’ai consulté le médecin quatre fois, j’ai fait deux fois dix séances de kinésithérapie chez M Y, et j’ai toujours aussi mal !
    – Chez M. Y ? Mais il me semble qu’il est Ostéopathe ? (Je sais que M. Y a son titre ostéopathe.) Ne vous a-t-il pas proposé de vous soigner en Ostéopathie ?
    – Si. Il m’a fait trois séances ! Sans résultats !
    – Qu’est-ce qu’il vous a fait, si ce n’est pas trop indiscret ?
    – Il m’a mis sur le côté et m’a fait craquer les lombaires !
    – Et c’est tout ?
    – Oui !
    – Vous avez passé des radios ?
    – Oui, au tout début !

    L’examen des radios montre un tassement de L3-L4 et un tassement de L5-S1 !
    Je commence donc les soins en me demandant : Qu’est-ce qui a empêché M.Y , kiné-Ostéopathe, d’évaluer les chevilles, les sacro-iliaques, les psoas, les disques, de regarder la radio, et d’entreprendre le décryptage des chaînes, latérales, posturales , et l’induction discale qui s’impose ? Ce genre de cas, en l’absence de hernie discale (ce monsieur, soumis à une IRM , n’en a pas !) se soigne avec succès en dix jours . Par Ostéopathie ! Pour un budget moyen d’une séance d’ostéopathie, alors que, précédemment, Médecin généraliste et kiné ostéopathe ont coûté à la collectivité 20 séances de Kiné et 4 consultations médicales. Sans aucun résultat puisque le patient est là devant moi. Des histoires comme ça, il s’en présente toutes les semaines et je pourrais même demander aux patients de les écrire et de les signer.
    Elles discréditent les Kinés ostéopathes de mon département, et discréditent au passage l’Ostéopathie auprès des Médecins. C’est un fait rencontré trop souvent qui motive mon intervention.

    Alors, pour répondre à une question du blog, un Ostéopathe Exclusif n’est pas mieux formé mais rapidement plus compétent qu’un Kiné-ostéopathe, parce que dès qu’il abandonne sa peau de kiné, l’Ostéopathe dégage tout le temps correspondant à la kiné en temps d’études qui lui permettent d’asseoir ses connaissances, de lire Still, Sutherland, Magoun, Roques, Barral, Issartel, Lignon, Gesret, Uppledger… Ce sont ici des faits dont je parle, des heures et des livres, du concret, et pas une vue de l’esprit. J’ai calculé un jour, dans un bilan établi pour le Registre( R.O.F) que je passais en moyenne deux heures trente par semaine à me former, depuis vingt-sept ans.

    Ne plus être Kiné c’est aussi un temps qui permet de ne pas refuser des rendez-vous d’Ostéopathie sur les plages qui ne sont plus encombrées par la kiné, et de soigner tellement de patients en Ostéopathie que l’on peut enfin dégager des voies de raisonnements, remarquer des axes de traitement qui affinent ce que l’on a appris. Mon meilleur ami est Kiné-ostéopathe, mais lorsque je vais le voir pour me soigner, il réalise exactement le programme de soins de fin de cinquième année, sans plus. Grâce à l’exclusivité, il y a belle lurette que je soigne différemment de ce que j’ai appris au départ, que j’ai découvert de nouveaux axes de traitement beaucoup plus efficaces, que j’ai fait à l’occasion des statistiques sur mon activité, des recherches bibliographiques… Ce sont des faits qui se sont intégrés à ma pratique et l’ont enrichie, et si j’étais resté Kiné, vingt heures par semaine seraient disparues de cette évolution… C’est cela la différence entre Ostéopathe Exclusif et kiné ostéopathe, des milliers d’heures de différence avec les années. Cela fait une différence de compétence qui croît avec le temps. Et j’ai pu constater dans les séminaires que les temps plein vivent sur ce mode de raisonnement, et sont très présents et bosseurs en formation. Ils progressent ainsi très vite.

    Et qu’on ne vienne pas mélanger les serviettes du cabinet et les torchons de la maison en évoquant les praticiens qui ont une famille à nourrir, etc.
    Lorsque j’ai commencé ma formation en ostéopathie, j’avais trois enfants à charge en bas âge. Lorsque je suis passé à l’exclusivité, j’avais toujours trois enfants à charge, dont l’un, autiste, m’a amené à me mettre à temps partiel pendant dix ans pour lui apprendre à lire, à écrire, à se servir de ses mains, à dialoguer, à travailler. C’est aujourd’hui un jeune adulte autonome et drôle capable d’aller manger chez Mac D… tout seul ou faire ses courses sans aucune aide et tenir ses papiers. Cela ne m’a pas empêché de passer à l’Exclusivité, d’étudier, de devenir un meilleur praticien. Alors pourquoi serait-ce un problème pour d’autres ? Soyons sérieux et ne mixons pas la famille et le travail.

    Un avant-dernier mot. Je trouve plaisant de dialoguer avec chacun d’entre vous pour peu que vous vous identifiiez. Je préfère quand à moi discourir sous mon vrai nom, c’est la seule façon de ne pas se laisser aller à des : « C’est à cause de Monsieur machin … » Gardons comme dans notre pratique une certaine dignité, cette retenue qui nous honore et nous permet de tout entendre dans nos cabinets sans jamais critiquer. Nous avons tous la passion de soigner, c’est clair et plaisant, et je suis ravi de me trouver des points communs avec des « temps plein », passionnés qu’ils sont par notre Métier comme j’ai pu le constater à chaque fois que j’en ai croisés. Le blog est une nouvelle manière de dialoguer et de nous enrichir mutuellement de nos différences.

    Mais de grâce, appelons un chat un chat ! Un Kiné ostéopathe, un Kiné, c’est sa volonté de rester Kiné et personne ne peut l’en blâmer. Ce sont d’excellents Kinés, je le répète, mais nous ne faisons pas la même chose.

    Un dernier mot sur l’interprétation de l’article 75 par le conseil d’Etat :
    La phrase …article 75…avaient pour objet EXCLUSIF (soit à l’exception de tout autre usage ou intention) de régir la situation des personnes exerçant ou ayant l’intention d’exercer la profession d’Ostéopathe (Le Conseil consacre l’existence d’une profession et pas d’un titre !) à titre exclusif( c’est-à-dire en dehors de tout autre exercice professionnel, mais cela n’a rien à voir avec l’origine du professionnel, il s’agit bien, c’est du simple Français, de l’exercice professionnel exclusif , donc les Exclusifs, anciens kinés et temps plein, les 00.)
    CQFD.

    Amicalement et professionnellement à vous tous.

    Pierre RENAUDEAU D.O M.R.O.F Membre du S.N.O.F

  12. osteopathedomrof dit :

    Ostéopathedomrof( Qui êtes-vous ?) :
    Mathieu Desormières, ostéopathe DO MROF

  13. Stéphane Berthet dit :

    Cher Monsieur RENAUDEAU,

    Je vous remercie de votre réponse. Je remercie également Pascal JAVERLIAT de nous permettre de nous exprimer et de d’échanger sur son blog.

    Avant de continuer, je vais citer ce que j’ai trouvé sur le site du ROF vous concernant :
    « Diplôme de Kinésithérapeute en 1983, il vient à l’Ostéopathie par un parcours « temps partiel » empreint de recherche d’outils diagnostics et de travaux autodidactes. Adhérent du Syndicat National des Ostéopathes de France, Il exerce l’Ostéopathie à BRESSUIRE (79) depuis 1996, Ostéopathe Exclusif depuis 2003, Titre Ostéopathe en 2008 et rejoint le Registre des Ostéopathes de France en février 2010 ».

    Quant à Olivier de LAGAUSIE, chargé de communication du SNOF, il semble avoir un parcours à peu près similaire, même s’il est plus difficile à analyser : d’abord Kiné (il semble que vous préfèreriez ce terme), puis kiné ostéopathe, puis enfin ostéopathe « exclusif » double 0 (mais continuant de rappeler sur son site internet professionnel de son cabinet qu’il est diplômé de masso-kinésithérapie). À en croire les informations données sur ce site, Olivier de LAGAUSIE aurait été attaché à l’INSEP en tant qu’ostéopathe dès 1980, soit un an à peine après avoir obtenu son diplôme de masseur-kinésithérapeute en 1979…

    Il apparaît donc évident que nous avons tous les 4, avec Pascal JAVERLIAT lui aussi ancien Kiné, des parcours à peu près semblables comme bon nombre de confrères ostéopathes « exclusifs » (même si je n’ai pas encore totalement « sauté le pas »), et comme beaucoup des membres des conseils d’administration des ASP « d’exclusifs ».

    Pourquoi alors n’arrivons nous pas à nous entendre ?

    Monsieur RENAUDEAU, vous avez mis 7 ans à vous émanciper avant de devenir ostéopathe « exclusif ». Pendant 7 ans, vous avez donc exercé deux professions : celle de kiné et celle d’ostéopathe. Je ne sais pas comment vous vous présentiez auprès de vos patients pendant cette période : comme kiné, comme kiné-ostéopathe ou comme ostéopathe ?

    Vous avez donc connu la dualité dont vous parlez à Francis un peu plus haut pendant 7 ans. Même si vous aviez du mal à la supporter, tout comme moi, il vous a fallu beaucoup de temps pour « sauter le pas ». Peut-être finalement parce que vous aussi à cette époque, avant ces 7 ans, vous ne pouviez pas vous permettre financièrement de vous jeter dans « l’exclusivité » même si c’était votre désir le plus profond ?

    Certains mettent 7 ans, d’autres moins, d’autres plus, et enfin certains ne « sautent jamais le pas ». Cela dépend d’énormément de facteurs qui sont propres à chacun.

    Comment, vous qui avez été kiné ostéopathe pendant 7 ans, pouvez-vous écrire la phrase suivante : « Mais de grâce, appelons un chat un chat ! Un Kiné ostéopathe, un Kiné, c’est sa volonté de rester Kiné et personne ne peut l’en blâmer. Ce sont d’excellents Kinés, je le répète, mais nous ne faisons pas la même chose. » ?

    Je suis totalement d’accord sur le fait que l’ostéopathie n’est pas une évolution de la kinésithérapie et que ce sont bien deux professions distinctes. Mais de grâce, n’oubliez pas d’où vous venez et quel a été votre parcours !

    Maintenant, si vous le voulez bien, imaginez une seconde que vous ayez obtenu votre diplôme d’ostéopathe en 2009, et que moi je l’ai obtenu en 1996 :
    - Quelle serait votre réaction si je tenais le discours que vous tenez aujourd’hui ?
    - Quelle serait votre réaction face au discours actuel des ASP « d’exclusifs » et de kinés ?
    - Quelle serait votre réaction face à l’ambiance malsaine et ultra-corporatiste qui caractérise le POF d’aujourd’hui ?
    - Ne seriez-vous pas vous aussi pour la création d’une profession d’ostéopathe ouverte au « temps pleins » et aux « temps partiels » ? Je ne parle pas d’une profession d’ostéopathe exclusif, mais bien d’une profession d’ostéopathe tout simplement !

    Olivier de LAGAUSIE résume très bien l’idée soutenue par les « exclusifs » qui revendiquent une profession d’ostéopathe exclusif : « Pour le patient, il y a quand même un problème de lisibilité de la profession. Qui fait quoi? Si les ostéopathes faisaient de l’ostéopathie, les kinésithérapeutes, de la kinésithérapie (on ne parle plus de massages naturellement), les médecins, de la médecine, les podologues, des semelles? Le combat de l’ostéopathie n’est plus celui de la pratique, c’est fait, la preuve, tout le monde a le droit d’en faire avec le titre partagé, mais bien celui de l’exercice exclusif. »

    Ne trouvez vous pas que cette idée, que vous soutenez vous aussi aujourd’hui avec ferveur, soit en totale contradiction avec le parcours de nombreux d’entre vous ?

    Un kiné ne pourrait plus exercer l’ostéopathie ? On reviendrait au terme thérapie manuelle pour les kinés ? Deux termes différents pour dire la même chose ? Je ne vois pas en quoi cela résoudrait le problème de lisibilité de la profession dont parle Olivier de LAGAUSIE. Je ne vois pas non plus en quoi cela résoudrait le problème de la compétence de chacun. Je ne vois pas en quoi cela règlera le problème majeur de la démographie des ostéopathes. Je ne vois pas en quoi cela serait bénéfique pour les patients et pour leur santé. Et enfin, je pense que cela ne ferait que renforcer l’ambiance malsaine et ultra-corporatiste qui règne dans le POF !

    Qu’adviendrait-il alors des kinés ostéopathes qui souhaiteraient se consacrer, comme vous l’avez fait en 2003, à l’exercice exclusif de l’ostéopathie ?

    Voilà pourquoi je propose la création d’une profession d’ostéopathe « tout simplement » et d’un numerus clausus « partagé ». (profession de santé ou pas, ceci est un autre débat)

    Voilà pourquoi je propose que des états généraux de l’ostéopathie regroupant toutes les composantes de l’ostéopathie (je ne parle là encore par des médecins) soient organisés.

    Une chose est sûre, je ne suis pas très optimiste concernant mes propositions. Mais s’il y a une chance qu’elles fassent réfléchir certains et revenir à la raison d’autres, il n’y a aucune raison que je ne les exprime pas.

    Je le répète, ce qui m’intéresse avant tout, c’est l’ostéopathie et la création d’une profession d’ostéopathe accessible à tous les ostéopathes. C’est à mon avis l’unique condition qui permettra à l’ostéopathie en France de repartir sur une dynamique positive et de sortir de cette guerre stérile trop souvent nourrie par les rancoeurs du passé.

    Confraternellement à tous,

    Stéphane BERTHET

  14. Bon, une petite mise au point: administrateur du SNOF, je m’exprime sur ce blog à titre personnel. Ensuite: CO en 1989, DO en 1998, déconventionné en 2000 avec SNIR à 0. puis exclusif. J’ai travaillé à l’ INSEP comme contractuel puis vacataire. Kiné puis ostéopathe. Pas de contrat d’ostéopathe dans un établissement national, pas de grille, pas de statut etc…. J’ai quitté l’INSEP quand on m’a demandé de dire que j’étais kiné au regard de la sécu, afinqu’il n’y ai pas d’ambiguité. Alors, vous pensez bien que mes idées et mes actes ont une certaine cohérence. Syndiqué au SNOF depuis vingt ans, je crois que la profession ne peut se construire juridiquement que sur l’exclusivité. Je partage totalement l’avis de P. Renaudeau. J’ajoute, que les syndicats de kinés ne sont pas reconnus comme interlocuteurs par le ministère de la Santé. Il doit y avoir une raison. Vous connaissez bien la FFMKR monsieur Berthet? Et je ne vois pas pourquoi il faudrait 300h, 2700; ou 3520 h pour former des ostéopathes identiques. La Loi parle de 3520h spécifiques. Spécifiques.

    • Stéphane Berthet dit :

      Cher Monsieur de LAGOUSIE,

      Je vous remercie de m’avoir éclairé sur votre parcours professionnel. Il met en évidence que vous avez mis onze ans pour vous « émanciper ». Onze longues années pendant lesquelles vous avez été kiné ostéopathe… sans aucun doute de qualité.

      En aparté, effectivement, je connais bien la FFMKR pour y avoir siégé pendant deux ans, dont un an en tant que « délégué à la présidence à l’ostéopathie » (je vous accorde volontiers le côté « pompeux » de ce terme). Comme vous pouvez l’imaginer, malgré toute ma volonté, je n’ai pas pu mener à bien le projet que je proposais. J’en ai donc démissionné rapidement, à tort ou à raison…

      Concernant la représentativité des syndicats et, concernant ceux qui sont reconnus comme interlocuteurs par le ministère, je me permettrai juste de signaler que cette réflexion me semble mal venue de la part d’un administrateur du SNOF, ceci d’autant plus qu’elle manque d’exactitude. Mais je ne m’étendrai pas sur la question, celle-ci n’étant pas l’objet de la discussion.

      Pour en revenir à la discussion initiale, j’avoue être étonné par votre réponse, tout comme par celles faites précédemment. Plutôt que de répondre aux questions que je pose à Pierre RENAUDEAU, questions auxquelles vous avez sans doute autant de réponses, vous préférez répéter pour la troisième fois que « la profession ne peut se construire juridiquement que sur l’exclusivité ». Pourtant, vous n’argumentez jamais ce qui, pour vous, semble être une « réalité » (je cite) si évidente que vous ne pouvez pas l’envisager autrement.

      J’ai l’impression que vous fuyez le débat, en essayant de le faire dévier, plutôt que d’exposer vos arguments.

      Concernant le nombre d’heures de formation, il est inutile de vous rappeler que les décrets d’applications ne sont pas parus à ce jour. Vous connaissez également mon interprétation de la décision du conseil d’Etat du 24 septembre.

      Je vous prie de ne voir aucune agressivité dans mes propos. Il s’agit uniquement de constats.

      Confraternellement,

      Stéphane BERTHET

  15. Thierry Cajgfinger dit :

    Toute cette discussion est riche, cependant le contexte a totalement changé aujourd’hui, et devant les volontés diverses et variées de laisser se noyer l’ostéopathie dans ce milieu pour mieux la récupérer voir l’annihiler, la seule solution ne peut être trouvée que dans l’expression d’une activité professionnelle à part entière.
    Que celle-ci le soit en filière directe (plein temps) ou suivant une autre formation professionnelle ad hoc n’a point d’importance en soi, si dans un terme cours ces derniers s’y consacrent totalement tout en renonçant à leur première activité (à l’exemple des orthodontiste)
    Souvent par essence même, en double compétence, plus on pratique l’ostéopathie plus on finit par ne plus faire que cela.

    Cependant, les médecins ayant marqué le territoire de la double compétence, il sera difficile voir impossible de leur retirer juridiquement tout comme on peut le déduire de cet arrêt en Conseil d’Etat.
    Se battre sur la réservation du titre aux « exclusifs » peut peut-être fonctionner mais rien n’est moins sur, et encore moins lorsque certains ont encore l’idée de vouloir en faire une profession de Santé ?
    Ne reste plus que la création d’un corps professionnel reconnu, autonome et parfaitement réglementé !

    • Stéphane Berthet dit :

      Cher Monsieur Cajgfinger,

      Je suis globalement d’accord avec vos propos, si ce n’est que :

      - il me paraît difficile de définir le « terme court » dont vous parlez : 7 ans comme Pierre RENAUDEAU, 11 ans comme Olivier de LAGAUSIE ? Moins, Plus ? Sur quels critères ?

      - Si tous les ostéopathes non médecins arrivaient unis devant le gouvernement, quel sera alors le poids des médecins de médecine manuelle ?

      - Pour créer un corps professionnel, encore faudrait il que les ostéopathes soient reconnus officiellement comme des profesionnels et non pas comme des « titrés ». On en revient donc au problème de la profession d’ostéopathe.

      Confraternellement,

      Stéphane BERTHET

  16. Bruno Vinatier dit :

    A mon sens il est illusoire que Kiné-ostéo et osteos exclusifs arrivent unis pour au moins deux raisons:
    La trop grande disparité de formation et de compétence des dits ostéos-kiné;quoi de commun entre la MTM ou le RORI et le CSOF ?
    La deuxième est que les ostéos ont tellement de mal à se retrouver comment voulez vous qu’ils s’accordent en plus avec les kinés?
    (D’ailleurs cette plate forme de réunion SFDO-ROF-SNOF est le premier pas d’une réelle entente entre ASP différentes à convergence commune.
    Et puis arrêtez de dire que l’ostéo n’est qu’un titre ,jusqu’à présent ce n’est pas une profession de santé mais elle existe belle et bien,il lui manque juste une reconnaissance « officielle » par des politiques responsables et non défaillants comme en ce moment.

  17. Suite et fin !
    Monsieur Berthet,
    C’est dommage vous allez trop loin. Vous avez étudié le parcours personnel de chacun et tentez de l’utiliser pour justifier une difficulté à passer à la pratique exclusive. Il ne s’agit pas de parcours individuels. Désolé mais, aujourd’hui, un ostéopathe peut exercer librement son métier, ce qui n’était pas le cas il y a peu. Comme dit la chanson : « je vous parle d’un temps que les jeunes ne peuvent pas connaître… » Avant la Loi de 2002, nous encourions une condamnation pour exercice illégal de la médecine. J’ai connu des confrères condamnés et qui ont dû fermer leur cabinet. Quel chemin parcouru depuis ! Merci qui, au fait ? Je n’ai aucune critique quant au délai de mutation de la kinésithérapie vers l’ostéopathie. Ce n’est pas l’objet du débat. Tant que cette période est transitoire (en ce qui me concerne, en fonction des aléas personnels, il s’agit plutôt de 3 à 5 ans pour SNIR=0, pas 11ans : pourquoi cherchez-vous des ambiguïtés là où il n’y en a pas). C’est le principe de la pratique mixte comme statut durable que je n’accepte pas.
    Ce n’est pas tout : je ne comprends pas qu’il faille entre 170 heures de formation spécifique (170 à 300h) pour les médecins, et 3520h de formation spécifique pour les plein-temps, pour faire le même métier. J’espère que nous nous comprenons bien sur ce terme « spécifique ». Au nom de quoi certains auraient besoin de plus ou de moins pour prétendre exercer avec la même qualité ? Vous prétendez que 3520h ne sont pas nécessaires pour les kinés, pourtant c’est la Loi de 2009. N’est-elle valable que pour les plein-temps ? Les kinés ont donc besoin de moins ? Je vous rappelle les recommandations de l’OMS : 5 à 6 ans d’études à plein-temps. Pourquoi attendre la publication des décrets en se réfugiant dans le moins disant, plutôt qu’adopter la meilleure formation possible dès maintenant. Et puis, pourquoi un kiné ou un médecin auraient moins besoin de se former à l’ostéopathie pour être ostéopathe ? Etonnant, non ? On parle bien de formation spécifique : les pré-requis ne se substituant pas à la formation spécifique en ostéopathie. Pas une heure de formation en ostéopathie lors des études de médecine, faut-il le rappeler ? Est-ce que les études de kinésithérapie comprennent officiellement une formation à l’ostéopathie, et de combien d’heures ? Donc 170 à 300h permettent la même pratique que 3520 ? Comment est-ce possible ? Ou bien, il y aurait des omnipraticiens et des spécialistes ? Pourtant, il n’y a qu’un seul titre. Issu d’une loi qui ne vous concerne pas ? Que pensent les patients de cette différence de formation selon que l’ostéopathe soit médecin, kiné ou exclusif ? Pour les mêmes actes, les cotisations sociales seraient différentes ? Ce qui nous ramène à l’assise juridique de la profession sur la pratique exclusive : pardon de ne pas rentrer dans les détails, mais ce serait long, et puis, avocat, çà aussi, c’est un métier. Je ne vais pas jouer à l’ostéopathe-avocat, je serais approximatif. Vous me comprenez ? Si Mr Javerliat veut ouvrir un débat juridique, nous lirons donc des spécialistes. Néanmoins, avec les cotisations, la TVA (au fait, merci qui ?), l’ordre professionnel, la formation, vous avez quelques pistes de réflexion. Une seule profession, mais : plusieurs formations, cotisations sociales à taux variables et caisses différentes, plusieurs Ordres professionnels ? Désolé, ce n’est pas possible… Mais attendons de le faire dire par les tribunaux compétents.
    Les combats sont donc loin d’être terminés et nous avons besoin de tout le monde. Les syndicats sont là pour construire notre profession. Encore faut-il que les professionnels soient responsables et adhèrent pour donner les moyens de l’action. Je pense aux jeunes professionnels : c’est à eux de s’investir pour une profession qui sera la leur. Pas d’ostracisme envers les kinésithérapeutes qui pratiquent l’ostéopathie dès lors qu’ils sont en chemin vers la pratique exclusive. Du reste, des syndicats les accueillent pendant cette période de transition vers le 00. Les adhérents du SNOF, quant à eux, ont voté pour être syndicat d’exclusifs afin d’ être en cohérence avec l’action menée : stratégie mais pas ostracisme. Pour tous les autres qui font l’économie d’un engagement syndical, ce n’est pas la peine d’espérer quoi que ce soit de quelconques Etats Généraux où l’on rêverait une fois de plus du Grand Soir. Au bout du compte, et à bon compte, ils continueront à profiter des retombées de l’investissement des autres. Mais pour le moment, le débat, la démocratie, le combat, l’efficacité, çà passe par le syndicat.
    Pour terminer de façon plus légère, Monsieur Berthet vous relevez innocemment la mention « DE de masseur-kinésithérapeute » sur mon site professionnel. Effectivement, je me suis longuement posé la question pour faire figurer ou pas ce titre, obtenu en 1979, après différents certificats post-gradués. Pourquoi cette mention DEMK, alors que je suis ostéopathe exclusif ? Fallait, fallait pas ? C’est vrai, j’ai hésité. Je ne me suis pas du tout posé la question à propos de mon brevet de 50 m nage-libre obtenu en 1967 : mais là, en fait, je n’y étais pas obligé par la loi. Passez- moi cet humour un peu misérable (admettez que vous l’avez bien cherché !), mais retenez qu’un DE de kinésithérapeute n’empêche pas de devenir ostéopathe exclusif. Et passer de 70 à 00, c’est possible aujourd’hui. Et si c’est possible, c’est parce que cela fait 20 ans que nous nous bagarrons avec les pouvoirs publics. Et que, petit à petit, nous avançons. Et j’espère bien que dans vingt ans, nous n’aurons plus à le faire. Ou plutôt, vous n’aurez plus à le faire. En attendant, je continuerai à aller chercher mon pain chez le boulanger, acheter de la viande chez le boucher, et ce n’est pas le garagiste qui vérifiera ma comptabilité. Vous ne demandez pas pourquoi ?…
    Monsieur Berthet, je vais maintenant arrêter de lire pendant quelque temps ce blog très intéressant, afin de ne pas être tenté de vous répondre encore et de transformer ce débat en dialogue qui n’avance plus. Pareil pour vous ? On laisse la place ?
    Cordialement.

  18. Stéphane Berthet dit :

    En conclusion, donc …

    Cher Monsieur de LAGAUSIE,

    Soyons clairs, je ne cherche ni à aller trop loin, ni acharnement, ni polémique.

    Quand je me suis présenté sur ce blog, j’ai expliqué clairement mon parcours pour donner un moyen à ceux qui me liraient de mieux évaluer la teneur de mes propos. De même, quand je discute avec des confrères, savoir qui ils sont, et quel est leur parcours, me paraît également la moindre des choses. C’est l’avantage de ce blog qui change radicalement des forums où la majorité sont des inconnus qui se cachent sous des « pseudos ». Cela force à conserver une certaine honnêteté intellectuelle qui engage à assumer pleinement ses propos. C’est dans cet esprit que je me suis permis, sans aucune arrière-pensée, et sans vouloir me justifier de quoi que ce soit, de taper simplement votre nom, Monsieur de LAGAUSIE, sur un moteur de recherche pour en connaître un peu plus sur vous.

    Je crois que Pascal JAVERLIAT avec son blog, et Pierre RENAUDEAU avec son article, ont permis, pour la première fois, de pouvoir développer un échange constructif concernant l’évolution de la profession, entre des ostéopathes qui n’ont pas forcément la même vision des choses, fait assez rare pour le souligner. C’est dans cet esprit que je suis intervenu ici : provoquer un débat contradictoire qui permettrait à tout le monde d’y voir plus clair sur les arguments de chacun. L’avantage de l’écrit est que chaque mot peut-être réfléchi et pesé, permettant ainsi bien souvent des discussions dénuées de passion destructrices comme on y assiste si souvent lors de débats « oraux ». Comme vous l’avez compris, je regrette que ce débat contradictoire ne puisse pas avoir lieu entre toutes les « têtes pensantes » du POF, et qu’aucun dirigeant n’ose le provoquer. Par fierté, par égo, par intérêt personnel, à cause des rancoeurs du passé … Je n’en connais pas la raison. Je ne suis même pas sûr que quelqu’un la connaisse vraiment, finalement. Une chose est sûre, je le regrette et je ne pense pas être le seul.

    Je reste persuadé que tous ces conflits ne servent pas l’intérêt de l’ostéopathie. Pourtant, n’est-ce pas là l’essentiel ? Certes je suis peut-être idéaliste, mais au fond, l’ostéopathie n’est elle pas une philosophie avant d’être une profession ? « Le fruit d’une manière de pensée » plutôt qu’un simple métier ? Comme l’a si bien rappelé Pierre RENAUDEAU, l’ostéopathie est indivisible. Pourtant, les ostéopathes français s’acharnent à vouloir la diviser et à se l’approprier à tout prix. Quel paradoxe ? L’ostéopathie n’appartient à personne ! A.T STILL était médecin. W.G SUTHULAND était journaliste. Vous, vous étiez kiné. L’ostéopathie appartient à tous ceux qui se donnent la peine de s’y intéresser et de s’y épanouir. L’ostéopathie évolue sans cesse avec les progrès de la science, mais ce qui fait avant tout avancer l’ostéopathie ce sont les ostéopathes eux-mêmes, d’où qu’ils viennent ! Et sûrement pas un ordre ou un syndicat !

    L’ostéopathie, même si elle est basée sur l’anatomie et la physiologie, est avant tout un art propre à chaque ostéopathe. Cet art évolue avec l’ostéopathe, avec ses connaissances, le développement de sa main, le développement de sa manière de pensée, … En cela, peu importe qu’un ostéopathe ait fait 3520 heures de formation ou pas. Ce qui fait l’ostéopathe, c’est bien sur un minimum de connaissances théoriques en anatomie et en physiologie, avec une bonne formation au diagnostic différentiel. C’est aussi la richesse de l’enseignement apportée par la diversité de l’expérience personnelle des enseignants, plutôt qu’un volume horaire de 3520 heures qui ne représente rien de concret. Mais c’est surtout ce que fait l’ostéopathe une fois qu’il a terminé sa formation initiale. Rien ne remplacera jamais l’expérience et le travail personnel.

    Vous aurez beau me répéter « l’OMS a dit que … ». En quoi les membres de l’OMS auraient-ils une légitimité pour affirmer quoi que ce soit sur l’ostéopathie ? Bien évidemment il faut un socle commun de formation. Mais pourquoi 3520 heures ? En dehors de toute interprétation des textes, imaginez un seul instant qu’un kiné devrait alors suivre 11 ans de formation « complémentaire » avec 8 stages de 4 jours par an avec 10 heures de cours par jour ! Cela voudrait-il dire que tous ceux qui n’auraient pas suivi ce nombre d’heure seraient des incompétents notoires ? Franchement, Monsieur de LAGAUSIE, convenez-en, c’est du grand n’importe quoi ! Vous savez très bien que bon nombre de confrères, encore kiné ou ostéopathes « exclusifs », sont de brillants ostéopathes sans avoir suivi 3520 heures de formation « spécifique » en ostéopathie, qu’ils aient fait la MTM ou le CSOF. Pourquoi s’acharner à vouloir interdire l’accès à l’ostéopathie aux « descendants » de ces praticiens ?
    Je vous propose encore mieux pour faire perdre son identité à l’ostéopathie : qu’on enseigne uniquement ce qui est prouvé scientifiquement !

    Bien évidemment, le contexte actuel exige un socle juridique commun pour que la profession d’ostéopathe soit reconnue. Je suis totalement d’accord pour que tous les ostéopathes soient soumis aux mêmes charges (cotisations sociales, caisse de retraite). Je pense qu’il serait assez facile de remédier à ces inégalités. Je ne vois donc pas pourquoi « l’exclusivité à tout prix » serait indispensable pour cela.

    En revanche, pourquoi serait-il nécessaire d’avoir un Ordre des ostéopathes ? Une réglementation précise et adaptée à la profession me semblerait bien suffisante. De toute façon, Ordre ou pas, rien ni personne ne pourra empêcher les dérives. Regardez les Ordres des professions de Santé. Qu’apportent-ils réellement ? À force de tout vouloir réglementer, les ostéopathes perdraient leur liberté et l’ostéopathie son identité.

    Je continue donc de penser que tous les syndicats devraient s’unir pour se battre rien que pour l’ostéopathie, et ceci avec tous les ostéopathes quelle que soit leur origine. Et plutôt que de se battre pour un nombre d’heures et que d’engager des procédures à tout va, se battre pour un numerus clausus « partagé » me paraît être la meilleure solution.

    Pour en finir, avant de devenir définitivement « persona non grata », et avant de vous laisser entre ostéopathes « exclusifs », je souhaite renouveler tout mon soutien à notre confrère Jean-Louis BOUTIN.

    Cordialement et confraternellement à tous,

    Stéphane BERTHET

    PS : Si je ne me trompe pas Monsieur de LAGAUSIE, je crois que vous pouvez enlever en toute légalité la mention DEMK sur votre site professionnel. Si vous avez retiré votre DEMK de la DASS, vous n’êtes plus considéré comme kiné par l’administration et vous ne devriez donc plus avoir l’obligation de le faire figurer sur votre plaque ou vos documents professionnels. A vérifier…
    Amicalement

  19. osteopathedomrof dit :

    « Comme vous l’avez compris, je regrette que ce débat contradictoire ne puisse pas avoir lieu entre toutes les « têtes pensantes » du POF, et qu’aucun dirigeant n’ose le provoquer. »

    Les têtes pensantes du POF se sont plus d’une fois réunies, et ont plus d’une fois fait valoir leurs arguments contradictoires : vous croyez qu’ils vous auraient attendu pour avoir cette idée ?

    Vous réagissez malheureusement comme beaucoup de vos confrères « entre-deux-chaises », car ce qui est sorti de meilleur ou tout au moins construit dans les débats sur l’ostéopathie provient des syndicats et associations…exclusives.

    C’est pas ma faute à moi, ostéo exclusif, et au passage je m’en réjouis, si les plus ardents contributeurs de notre Art ont décidé en leur ame et conscience de ne plus faire « que ça ».
    Pour vous aider à comprendre, il faudrait vous mettre dans cette peau.
    Ou alors continuer à feindre le dialogue absent, la désunion ou reprendre les hypocrisies des politiques du style « si vous étiez unis, on vous entendrait mieux ».

    L’union de la carpe et du lapin, ça vous inspire ?

    • Stéphane Berthet dit :

      « Les têtes pensantes du POF se sont plus d’une fois réunies, et ont plus d’une fois fait valoir leurs arguments contradictoires : vous croyez qu’ils vous auraient attendu pour avoir cette idée ? »

      Ca fait combien de temps que ce n’est pas arrivé ?
      Est-ce arrivé seulement une fois depuis mars 2007 ?

      Je ne parle pas uniquement des ASP d’exclusifs mais de toutes celles du POF (exclusifs et kinés).

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