La belle image !

10 novembre 2010 par pascal Laisser une réponse »

Deux actualités du monde ostéopathique, a priori sans rapport, nous amènent cependant à réfléchir sur l’avenir de notre profession.

La première est le décès de notre confrère Bernard Le Balch. Je n’ai pas eu la chance de le connaître mais ses amis, nombreux au demeurant, l’ont tous décrit comme un ostéopathe qui n’a jamais accepté de transiger lorsqu’il s’agissait de défendre les principes de l’ostéopathie. Comme de nombreux confrères de cette génération, il a dû à la fois promouvoir notre art auprès du public, l’enseigner aux plus jeunes ; deux sources potentielles de conflit avec les autorités de tutelles ou les sociétés savantes.

La seconde est la communication du ATMAN training center, qui propose aux ostéopathes, de découvrir, au sein du centre d’ostéopathie ATMAN « les nouvelles techniques anti-aging » ou « des appareils de champs magnétiques et ultrasons ». Bien que cette « société à responsabilité limitée de formation continue d’adultes » soit juridiquement indépendante de l’établissement de formation initiale à l’ostéopathie ATMAN, on peut s’étonner de cette proposition de rencontrer des « conseillers en diversification » pour améliorer notre compétence en ostéopathie.

Quelle image auprès du public cela peut-il donner ? Comment les étudiants d’ATMAN vont-ils interpréter cette démarche sachant que le décret relatif aux actes et aux conditions d’exercice de l’ostéopathie stipule que « les praticiens justifiant d’un titre d’ostéopathe sont autorisés à pratiquer des manipulations (…) exclusivement manuelles ». (voir ici ) On savait depuis quelques mois, que cet établissement voulait redéfinir l’ostéopathie puisque sur son site internet, on peut entendre l’interview de son directeur dans laquelle il dit : « nous, ce qu’on cherche, c’est enlever l’image du mot ostéopathie. Parce que, quand on dit ostéopathie, on pense à l’os et on pense au cracking mais c’est finit ça ». ( voir ici )

Dans un contexte difficile pour les ostéopathes uniquement titulaires du titre d’ostéopathe, afficher une telle image de la profession est tendre le bâton pour se faire battre. Quelle crédibilité auront nos représentants lorsqu’il s’agira de déterminer le contenu de la formation conforme aux nouvelles dispositions de la loi de juillet 2009 (volume horaire porté à 3520 heures minimum) Voir ici . Nous attendons une mise au point sans ambiguïté du réseau national de l’enseignement supérieur en ostéopathie dont ATMAN est signataire de la convention qui lie ces établissements. voir ici

Il est significatif de constater que certains aimeraient que notre profession verse dans le bien être plutôt que de s’ancrer définitivement dans le champ de la santé. Les contraintes seraient moindres et les bénéfices plus grands. Nos prédécesseurs ont toujours voulu inscrire l’ostéopathie dans le champ de la médecine (voir article  en pièce jointe sur la photo duquel vous apercevrez la barbe blanche de B. Le Balch Nice matin octobre 75). La Présidente du ROF, Marianne Montmartin nous avait pourtant mis en garde au mois de juillet. voir ici. Cela explique en partie son éviction de la présidence du ROF car elle non plus, à l’instar des ostéopathes de ces années là,  ne transige pas sur les principes de l’ostéopathie.

Faudra-t-il se résoudre à voir les adeptes du bien être et des techniques ostéopathiques douces devenir majoritaires en France ?

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20 commentaires

  1. Tout d’abord, nos pensées vers cet homme qui nous quitte. Une génération d’ostéopathe s’en va. Ceux qui ont donné l’image de ce qu’est notre profession aujourd’hui, que les jeunes choisissent d’embrasser, et que le public plébiscite. Quelle sera-t-elle dans dix ans? Ce que les écoles décideront? Ou ce que les représentants des ostéopathes, associés aux étudiants, voudront. Nous avons eu une discussion sur ce blog à propos des techniques: n’y revenont pas. Mais sachons que des écoles glissent vers un enseignement qui place l’ostéopathie dans le domaine du confort et non plus dans celui de la santé. ne serait-ce, par exemple, que pour des questions d’assurance. Il faut aussi évoquer le problème des actes interdits que nous devons continuer à faire, pour que notre profession continue à grandir sans se perdre. Dans dix ans, les jeux seront faits…

  2. Sophie dit :

    Très bon article, par contre je ne saisis pas bien à la fin le rapport entre « bien-être » et « techniques ostéopathiques douces », si je peux me permettre.

  3. Renaudeau Pierre dit :

    Peut-être que rien ne peut empêcher ces anciens kinésithérapeutes devenus ostéopathes de retourner éternellement vers la physiothérapie, c’est à dire brancher un appareil au lieu de se servir de ses mains. Qu’est-ce que cela a à voir avec l’Ostéopathie?
    Qu’en penserait Still?
    Quand aux techniques ostéopathiques douces, ce sont celles qui servent pour soigner les bébés, les sortir de graves troubles du sommeil, ou de troubles digestifs pouvant les conduire à des interventions. Il n’y a rien de léger ou de doux là dedans quand au résultat médical constaté par les médecins eux-mêmes. Quand je soigne une sciatique qui fait plier en deux un patient de douleur et qui lui a occasionné deux mois d’arrêt de travail, je n’ai pas la sensation d’être dans le confort ou le bien être, mais DANS LA SANTE.
    Y aurait-il à nouveau le feu à la maison de l’Ostéopathie?

  4. VARGUES Bernard dit :

    Mes pensées vont aussi vers Bernard Le Balch que j’ai peu connu mais suffisamment pour apprécier sa forte et truculente personnalité.Notre ami Bob et les anciens du GOF doivent ètre bien tristes…tout comme on peut légitimement l’ètre de cette dérive supplémentaire à notre Art Ostéopathique en voulant l’associer à de pseudo nouvelles technologies ! Mais quelle nouvelle technologie peut réellement supplanter ou dispenser des mains expertes qui sentent, qui voient et qui agissent ? Tout cela n’est que du commerce mais a l’avantage de poser à nouveau le problème des nombreux vides qui affaiblissent encore notre profession. Il est trés bien de parler de plateforme commune mais cela suffira-t-il à éviter de telles dérives. N’y-a-t-il pas déja un référentiel de la profession, un champ de compétence, des normes professionnelles, un code de déontologie, etc… et malgré tout ça nous ne parvenons pas à faire appliquer des règles claires, communes à tous praticiens et établissements de formation. Voila un premier défi à relever pour la plateforme. J’ose encore y croire timidement…Mais je me demande si un Ordre professionnel n’aurait pas une plus grande efficacité d’action.
    Bien confraternellement
    Bernard Vargues

  5. BOLET Philippe dit :

    Bernard, tu as raison , il faudrait un ROF (pseudo ordre) fort et surtout que nos critères spécifiques d’admission et d’exercice soient revus à la hausse.Bien entendu un ordre serait la solution mais il faudra convaincre les ministères! En attendant nos instances devraient peut etre remonter leur exigences pour le recrutement des adhérents .
    Notre avenir dépend aussi de nous, et en ce moment il faut vite revaloriser notre art face à toutes ces dérives , nos instances dirigeantes doivent réagir.. Qui ne dit mot consent .
    En ecrivant cette phrase je pense à B Lebalch que j’ai rencontré quelques fois dans le Nord et moi qui avait été formé à ATMAN, je me souviens bien de l »avoinée » mais ça été très formateur!!
    Sans des hommes comme Lebalch , Hiriard, Berthenet , Chauffour et bien d’autres l’ostéopathie ne serait pas devenue une médecine incontournable pour nos contemporains. Merci Monsieur Le Balch .
    Maintenant à nous aussi de ne pas les decevoir, soyons vigilants quand nous n’avons pas de mandat.
    P Bolet

  6. Jean Vergnaud dit :

    Mon commentaire ne concerne pas la proposition commerciale de Atman training mais des propos de Mr Bozzeto sur le site de l’école Atman.

    Je ne comprend pas ce qui est choquant pour l’image ou le concept de l’ostéopathie. Il n’a pas dit « plus de craking » mais « plus de « craking énormes ».
    Notre art est un soin qui concerne les plaintes fonctionnelles et je n’aie pas entendu autre chose.

    Et j’ai bien écouté jusqu’au bout.
    Pourrais tu eclairer ton propos Pascal sur le discours de Bozzeto ?

    • pascal dit :

      Ce qui est choquant, c’est qu’un directeur d’école, qui normalement est chargé de distiller la bonne parole puisse utiliser le mot de cracking pour parler des techniques à haute vélocité. Parler de « cracking énorme » dans un discours tout public, c’est entretenir un discours anxiogène laissant supposer que certains ostéopathes travaillent comme ça.

  7. Edouard-Olivier RENARD dit :

    LETTRE OUVERTE
    COLLEGE ATMAN
    Monsieur Marc BOZETTO
    Centre du Puissanton
    BP 262
    06905 Sophia Antipolis cedex

    Saint Denis, le 12 novembre 2010

    LETTRE OUVERTE

    Monsieur le directeur ;

    Vous m’avez adressé par courrier une invitation à découvrir les nouvelles technologies « Anti-Aging » par stimulation et électrothérapie.

    Je suis encore abasourdi par cette démarche qui démontre une fois de plus que l’ostéopathie traditionnelle pour laquelle tant d’entres nous ont œuvré se trouve menacée par cette paupérisation de notre identité en surfant sur un aspect commercial qui ne veut pas dire son nom.

    Outre le fait que ce soit plus que choquant, vous semblez vouloir ignorer que notre avenir en terme de crédibilité est « fusillé » par votre démarche.

    En juillet dernier déjà, vous avez été interpellé par le Président du SNESO pour que vous retiriez de votre site internet une vidéo où vous êtes interviewé et dans laquelle je vous cite : « nous, ce qu’on cherche, c’est enlever l’image du mot ostéopathie. Parce que, quand on dit ostéopathie, on pense à l’os et on pense au cracking mais c’est finit ça ». En fait pour vous, les techniques structurelles qui sont le ciment de notre art n’ont plus cours. Je vous rappelle que vous vous étiez engagé à retirer cette vidéo et force est de constater qu’à ce jour il n’en n’est rien.

    Vous êtes un obstacle à notre crédibilité. De ce fait, être associé par le biais du SNESO est une menace pour notre identité individuelle mais aussi collective et cela je ne peux et ne pourrai jamais l’accepter.

    Pour ces raisons, je vous informe qu’au cours de notre prochaine Assemblée Générale du SNESO le 2 décembre, je demanderai l’exclusion de l’école que vous représentez.

    Je vous prie de croire, Monsieur le Directeur, en mes navrantes salutations.

    Edouard-Olivier RENARD
    Directeur Général CEESO

  8. Thierry Cajgfinger dit :

    Mr Renard, autant on peut comprendre tout à fait votre position, autant je ne suis pas certain que prendre les lecteurs, officiellement , pour témoins à dessein, soit judicieux….ne fermez vous pas ainsi toute conciliation ultérieure à l’heure où l’ostéopathie en a le plus besoin ???

  9. Edouard-Olivier RENARD dit :

    Monsieur Cajgfinger; Vous pouvez en effet considérer que ma démarche ne soit pas judicieuse. Cela m’a déjà été reproché il y a dix ans lors de la rupture avec la Collégiale Académqiue. Cependant je considère qu’il est à présent nécessaire de dénoncer ceux là même qui s’engagent à respecter le socle commun défini par leurs signatures et qui dans le même temps persistent à faire le contraire par simple intérêt. Le lecteur aura pour le moins ma position. Quant à une éventuelle conciliation sachez qu’il y a eu beaucoup auparavant…

  10. Jean Vergnaud dit :

    Avec cette phrase,
    « les techniques structurelles qui sont le ciment de notre art »,
    je comprend mieux votre exaspération des propos de Mr Bozzeto

    Dans ma pensée, les manoeuvres HVBA (que je pratique) ne font pas parti du socle, mais de l’historique. Cela sous entend qu’il est normal et salutaire, de faire évoluer le concept et les techniques ostéopathiques (qui sont une mise en oeuvre à l’image du concept employé).

    La conception de l’humain évolue, la prise en compte de multiples facteurs pour cerner la pathologie fonctionnelle, l’evolution de la pensée scientifique, nous force à faire évoluer notre approche. Et c’est tant mieux.

    Le HVBA est l’historique, il reste un outil, mais je ne penses pas qu’il soit l’avenir de notre profession.
    Et cela n’affadira pas notre profession mais bien au contraire la complexifira.

  11. Edouard-Olivier RENARD dit :

    Nous ne sommes évidemment pas d’accord…

  12. Tout à fait d’accord avec mr Renard. Le minimum est que les écoles enseignent les techniques structurelles (HVBA) et ne les dénigrent pas. Libre à chacun de pratiquer ensuite selon sa personnalité dans un cadre qui s’appelle toujours l’ostéopathie. Je vois des jeunes ostéopathes qui ne savent pas pratiquer du tout ces techniques au profit de manoeuvres de « levées de tensions ». Je pratique suffisamment les techniques dites douces pour me permettre de dire que les techniques struturelles sont aussi indispensables. Faire évoluer l’ostéopathie,oui, rompre avec les fondamentaux, non. Le public va s’y perdre. La profession aussi.

  13. Jean Vergnaud dit :

    qui a dit ne plus enseigner les techniques structurelles ?
    Je faisait juste la difference entre apport historique et socle de l’ostéopathie.
    Juste que son avenir n’est surement pas dans une ostéopathie essentiellement structurelle.

  14. Elle n’a jamais été uniquement structurelle, en tout cas, autant que je me souvienne. Mais je dis que ces techniques sont un peu oubliées dans certaines écoles. C’était déjà le cas à ATMAN version années80.
    L’avenir étant de ne pas oublier les fondamentaux ou de ne pas les ranger dans le placard de l’histoire. Mais nous sommes en train de refaire un débat qui a déjà eu lieu sur ce blog.

  15. Emmanuel FRANTZ-MERCADAL dit :

    En tous les cas l’Ostéopathie est exclusivement manuelle.

    Les démarches commerciales louables au demeurant n’autorisent pas à faire n’importe quoi.

    Je ne sais pas si les techniques structurelles « sont » le socle de l’ostéopathie mais pour le moins elles le composent de manière indiscutable.

  16. Renaudeau Pierre dit :

    LA LESION OSTEOPATHIQUE

    La lésion ostéopathique ou dysfonction somatique est une modification locale et événementielle de la fonctionnalité d’une interface articulaire ou d’un ensemble conjonctif (un muscle par exemple), engendrée par le cerveau, enregistrée dans le tissu conjonctif, gardien silencieux de cette modification.

    – La fonctionnalité d’une interface articulaire consiste en ses différents paramètres de mouvements. Un ensemble de trois gonds fixant une porte a une fonctionnalité de flexion extension de la porte sur son chambranle sur un axe vertical. Il s’agit d’un seul paramètre de mouvement (système simple).
    Un joint articulaire peut avoir des degrés de mobilité selon les trois axes de l’espace Euclidien et dans les trois plans de cet espace. Ceci est valable pour toutes les articulations, qui marquent une rupture de fixité (mobilité) entre deux pièces osseuses. Dans la pratique, les différentes articulations ont des degrés de mobilité classiques, à grand rayon, auxquels s’ajoutent les degrés mineurs, de l’ordre du millième de mm, l’ensemble donnant six paramètres de rotation selon les trois axes de l’espace et six paramètres de glissement ou translation selon les trois plans de l’espace. Ces degrés de mobilité mineurs (non visibles à l’observation à quelques mètres, contrairement à la mobilité métrique) intéressent particulièrement l’Ostéopathe car ils font partie de la fonctionnalité globale de l’articulation. Et la modification de l’un de ces paramètres va entraîner une compensation de mobilité soit par l’articulation elle-même, soit par les adjacentes (sus et sous). Cette compensation (exécution du mouvement coûte que coûte par le corps) peut s’étendre de proche en proche au corps entier.

    Paramètres métriques et mineurs : L’exemple de la cheville :

    L’astragale ou Talus fait un mouvement métrique de flexion et d’extension entre les deux mallèoles (tibiales et fibulaires), visible à plusieurs mètres. Il réalise également selon les situations de contraintes, des glissements d’avant en arrière et des bascules de latéroflexion en adduction et en abduction observables seulement à la palpation spécifique ostéopathique. La petite dimension de ce type de mouvements n’empêche aucunement sa réalité, ni le fait que son absence va perturber le mouvement métrique de flexion extension.

    La disparité (différence) entre abduction et adduction (lésion en varus de l’entorse de cheville) (paramètre principal) va exiger de la sous-astragalienne (entre astragale (ou talus) et calcanéum) la compensation, c’est-à-dire le parcours des degrés manquants à cause de la tibio-astragalienne. Si la sous-astragalienne est en lésion dans le même sens, ce qui est fréquent après les entorses de cheville en varus, la demande non satisfaite par la sous- astragalienne va être exigée au genou, via le grand bras de levier du tibia, provoquant à la longue des douleurs au genou. Le mécanisme de l’entorse, qui a de plus fait descendre le péroné (ou fibula) le long du tibia, va resserrer le compartiment externe du genou, provoquant une mobilité en glissement du compartiment interne (changement de pivot) où le ménisque, plus ouvert et non adapté à ces mouvements plus amples, va se dégrader.
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    C’est ainsi que quelques années après une entorse de cheville, un footballeur va se retrouver avec une pathologie « inexpliquée « du ménisque interne… La loi de la compensation a exercé son diktat : Le paramètre de mouvement manquant doit être produit par une autre partie du corps quelle qu’elle soit, même au détriment de tissus qui ne sont pas prévus pour ce mouvement…

    Au sein, donc, de cette fonctionnalité, la lésion ostéopathique ou dysfonction somatique consiste en la facilitation (par le traumatisme) d’un paramètre de mouvement, associé à la restriction du paramètre de mouvement exactement opposé. Le cerveau, garant silencieux permanent de notre intégrité/ ou de notre survie/ ou de la survie de notre espèce, provoque via l’un de ses systèmes nerveux le relâchement élastique du ligament étiré brutalement pour éviter sa rupture cependant qu’il commandite le resserrage de toute la zone péri- articulaire restante pour la stabiliser. Il installe la lésion ostéopathique, enregistrée en lien avec la peur ou la sensation de danger. C’est la raison pour laquelle il est essentiel pour un résultat durable de faire évoquer l’incident, son souvenir, en séance, le changement étant ainsi somato-émotionnel au moment de la correction.

    La lésion ou dysfonction ostéopathique est donc sous nos mains un changement dans l’élasticité des différents paramètres de mouvement. Par exemple, l’astragale ou talus accepte facilement de partir en varus (talon en dedans), mais va difficilement en valgus (Cas de notre entorse).
    Il n’y a donc pas de déplacement (terme du langage courant) mais un changement d’élasticité dans des paramètres contraires, ce qui va modifier non pas le positionnement des pièces osseuses en rapport, mais leur mobilité réciproque.
    Cette mobilité réciproque, qui est testée en séance, à l’aide des pièces osseuses, concerne donc exclusivement le système de maintien de l’articulation. On ne teste pas un « astragale » mais une tibio-astragalienne ou tibio-talienne, c’est-à-dire la capsule, les ligaments, les tendons qui arrêtent le mouvement en fin de course et constituent la fameuse « barrière ». Si vous prenez en main deux os seuls, il n’existe ni barrière ni restriction, vous pouvez leur faire exécuter des huit ou toute autre figure à votre convenance car il n’y a plus aucun système de maintien.

    Cela signifie que contrairement à ce qu’on lire ici ou là, une vertèbre (D5 par exemple) ne peut pas être en lésion. Cela ne veut rien dire. Il faut au minimum deux vertèbres pour parler de lésion, et c’est alors le système de maintien de ces deux vertèbres qui est en lésion, les ligaments les reliant. Ce sont eux qui ont la loi, la main sur la mobilité articulaire que l’on va demander au moment du test. Et leur état lésionnel est lui-même contrôlé par le système nerveux, probablement le sympathique (hypothèse personnelle) en réponse du cerveau à une situation qu’il n’a pas enregistrée comme terminée ou en réponse à une exigence posturale majeure, prioritaire sur la mobilité. L’articulation n’est qu’un lieu de mouvement.
    L’os n’est qu’un levier dur que nous pouvons prendre en main. Mais aucun des deux n’est le lieu de la lésion. Le tissu conjonctif est le seul et unique lieu scientifiquement possible pour la lésion ostéopathique, un système de micro tubules pouvant se rétracter, ou se relâcher.

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    Ces notions font le lien entre toutes les thérapies qui corrigent les dysfonctions somatiques.
    La lésion ostéopathique est le trait d’union entre l’Ostéopathie structurelle, l’Ostéopathie fonctionnelle, la fasciathérapie, la biokinergie, l’orthopraxie, la microkinésithérapie, la kinésiologie, la méthode Gesret, et même la psychothérapie.

    Si l’union des professionnels est quelque chose de complexe et de laborieux, il est des traits d’union invisibles qui sont là, en-dessous des structures apparentes, depuis toujours.

    Depuis les Néanderthaliens, il existe des gens qui soignent ceux qui sont tombés et qui en souffrent. Les Sapiens que nous sommes essaient désormais d’expliquer ce qui existe depuis l’apparition de la pesanteur…

    La vieille compagne des premiers jours de l’Ostéopathe qu’est la lésion ostéopathique ou dysfonction ostéopathique ou dysfonction somatique est le lien par excellence qui nous unit tous, quelle que soit notre approche.

    En effet, le praticien n’a de cesse que d’avoir corrigé cette lésion, fauteuses de troubles :

    - L’Ostéopathe structurel en passant la « barrière » par du structurel dont la haute vélocité est nécessaire pour tromper ou prendre de vitesse le système qui a initié cette lésion et la maintient : le système nerveux.
    - L’Ostéopathe fonctionnel en fondant cette barrière par du fonctionnel exagéré qui consiste à adresser au système nerveux le message : « Tout va bien maintenant et tout se passe dans la lenteur », et le système nerveux lâche la construction de la lésion, qu’il avait instaurée au moment d’un traumatisme ou écrasé sous le poids de la pesanteur et ses exigences posturales, rassuré par la situation de soin et le temps qui lui est offert.
    - Le Fasciathérapeute en équilibrant les fasciaes qui sont le lieu de maintien et d’expression de la lésion. De la même façon, le système nerveux, renseigné au sein de la zone d’enregistrement de la lésion, lâche prise. Retour à la normale.
    - Le Biokinergiste en levant les lésions en « spirale » dans la Biokinergie, qui ne sont qu’une autre façon d’avoir appréhendé et influencé la MÊME REALITE : L’installation d’une modification dans le comportement du tissu fibreux de maintien du corps, le tissu conjonctif, le lien de toute articulation, de tout joint sutural crânien, et le gardien de l’intégrité mécanique du corps.
    - L’orthopraticien en travaillant son sujet debout sans manipulations, par action de positionnement, ce qui s’adresse là encore au système de maintien postural, musculo-fibreux.
    - Le microkinésithérapeute et le Kinésiologues, très au fait des zones réflexes et de leurs voies effectrices, en levant en microkinésithérapie ou en kinésiologie des lésions engendrées par des épisodes de stress, par action sur des zones réflexes combinées ou sur le système énergétique du corps, renseignant là aussi le système nerveux grâce aux mains sur le fait que, en séance « tout va bien », et le cerveau peut s’autoriser, enfin, un changement.
    - Le Psychothérapeute est capable aussi de lever des restrictions entravant le système articulaire en travaillant sur le cerveau, prouvant par là que ce dernier est le chef d’orchestre de toute lésion ostéopathique.
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    Au final, nous ne sommes pas si différents d’une pratique à une autre, tous efficaces et pouvant répondre de résultats conséquents.

    Toute ces thérapies, tous ces thérapeutes parlent un langage différent, pensent avoir tous la science infuse, mais font paradoxalement la même chose sans s’en rendre compte : ils soignent les mêmes patient(e)s, atteint(e)s par les mêmes problèmes, les mêmes lésions ou dysfonctions qui sont présentes dans tellement de pathologies, musculo-squelettiques mais
    aussi allergiques, asthmatiques, digestives, pulmonaires, cardiaques, encéphaliques, oculaires , ORL,etc.

    Par contre d’autre thérapies ne font qu’essayer d’enrayer les conséquences de ces lésions, sans jamais y parvenir, parce qu’elles n’en acceptent pas l’existence :

    - Le Kinésithérapeute brasse ainsi les tissus en les massant ou en les mobilisant de façon à atténuer l’effet des lésions (douleurs, inflammation).
    - Le médecin essaie de contrer avec les produits chimiques de l’industrie pharmaceutique les effets délétères de la lésion ostéopathique sur le corps du patient, anti inflammatoires, antalgiques, sans jamais se demander d’où vient la douleur, l’inflammation ou la pathologie, comme cet asthme qui récidive malgré les puissants broncho dilatateurs… C’est sans doute d’ailleurs une des raisons, avec l’absence de médecine préventive digne de ce nom, du déficit chronique de la sécurité sociale.

    Cette omniprésence de la lésion ostéopathique dans nombre de pathologies à l’évolution inexpliquée (pour le corps médical) n’est pas sans nous intéresser au plus haut point et ce, pour deux raisons :

    La première est que nous avons tous, praticiens de santé Ostéopathes structurels, Ostéopathes fonctionnels, Chiropracteurs, fasciathérapeutes, Microkinésithérapeutes, Kinésiologues, Biokinergistes, praticiens de méthode Gesret, quelque chose à apprendre les uns des autres, car nous travaillons sur les mêmes corps abritant les mêmes lésions, les mêmes coques fibreuses verrouillées, les mêmes auras énergétiques perturbés, les mêmes chagrins face aux accidents de la vie, et tous nous remettons en route la machine humaine.

    Cette diversité est une richesse pour nous tous.

    La lésion ostéopathique est notre incontournable trait d’union.

    La deuxième est que l’on découvre de plus en plus de pathologies dont l’origine est structurelle et dont le devenir ne peut être infléchi que par une thérapie qui remette en fonctionnement cette structure. Cela préfigure tout simplement l’un des aspects les plus importants de la Médecine de demain, qui, rejoignant les origines, suivra ce conseil d’Hippocrate : « Ne jamais lâcher un patient sans avoir examiné scrupuleusement son épine dorsale ! »

    C’est là tout simplement notre avenir.

    Mais lorsque je vois s’invectiver sur les blogs des personnes en charge de la Profession, de son enseignement sur le mode « il n’y a que ça de valable ! » ou « je ne suis pas d’accord avec vous ! », je comprends que toutes ces personnes n’ont pas compris la nature de ce qu’ils touchent tous les jours. Chacune de ces inutiles invectives est une lésion pour l’Ostéopathie !

    Il n’y a pas de supériorité du structurel, il n’y a pas de supériorité du fonctionnel, ni de la biokinergie (qui a renommé les choses pour se démarquer), il n’y a pas d’incompatibilité entre méthode Gesret et Ostéopathie, seuls les aveugles croient détenir LA vérité en tentant de refouler au loin tout ce qui diffère. Et cette attitude de morcellement n’est que le passé de l’Ostéopathie. Elle est anti déontologique parce que des centaines de personnes nous lisent sur Internet et ne peuvent absolument rien comprendre aux petites phrases que s’adressent Truc et Machin, et qui n’ont aucun intérêt.

    La Profession a besoin de gens qui la défendent et non qui se l’approprient. Et chacun d’entre nous se devrait de consacrer un certain temps à chercher des solutions pour améliorer les choses et non pas à entretenir de vieilles querelles dont personne n’a plus rien à faire. L’imminence de l’inclusion dans le domaine de la santé devrait nous faire réfléchir à autre chose que la prééminence du structurel ou du fonctionnel, il n’y en a pas. Il y a tout à faire pour amener aux médecins, qui nous attendent au tournant, des preuves scientifiques de ce que nous faisons, alors, retroussons-nous les manches !

    Nous soignons tous la même chose : le tissu conjonctif et le cerveau de mammifère qui le gouverne.

    A tous ceux qui remettent le corps en état.

    PIERRE RENAUDEAU D.O M.R.O.F

  17. André dit :

    A pascal :
    Merci pour ton hommage à Bernard Le BALCH que je n’ai jamais eu la chance de rencontrer, mais il est toujours triste de perdre un professionnel de cette envergure.

    Merci aussi pour ton analyse sur ATMAN training j’ai eu la même réaction que toi et je me suis exprimé à peu près dans les mêmes termes auprès du CN et des DR du ROF dans l’heure qui a suivi l’arrivée de ce courrier dans ma boite à lettre. (Je suis un ancien d’ATMAN)
    Je pense que Marc BOZZETTO à diffusé le meilleur quand le meilleur était rentable (et nous en avons profité) aujourd’hui il diffuse le pire parce que c’est rentable (et que le meilleur ne l’est plus)mais ça ne profitera pas à l’ostéopathie.

    A Edouard Olivier RENARD :
    Si je partage tout à fait le fond de ton courrier à ATMAN je trouve que tu as une fâcheuse habitude à nous faire participer à tes coups de colère, et comme tu le dis plus loin tu as aussi souvent tendance à te fâcher avec quelqu’un et ce n’est pas que tous les 10 ans.
    Edouard ce que tu fais est peut être très bien, mais on n’est pas sur Face Book ou à l’émission de télé « Ça va se savoir »

    A Pierre RENAUDEAU
    Je n’ai pas eu le temps de terminer la lecture de ton livre sur la lésion ostéopathique. Mais ça meuble.

  18. tulipe dit :

    Bonjour à Tous
    Je suis loin d’être ostéopathe mais j’ai le souhait de le devenir. C’est pourquoi je me permet de vous écrire.
    Cette passion est née de mon intérêt pour le corps humain et l’esprit qui l’habite,
    Suite à mes consultations en tant que patiente j’ai décidée de reprendre mes études et de rencontrer les écoles.
    Depuis beaucoup de questions me viennent et ce n’est pas en 2heures lors de journée porte ouverte que j’arrive à discuter de toutes mes lectures d’articles, de site de témoignages et conférences etc…
    Les ostéopathes m’ont parlé et traité de tel manière que j’ai pue comprendre le lien que mon corps faisait entre ces différentes fonctions, ils m’ont soigné avec différentes techniques suivant les motifs de consultations qui était très mécanique et liée à une face psychologique.
    L’ostéopathie est donc pour moi un grand tout et c’est dans ce courant, cet état d’esprit que je souhaiterai suivre mes études.
    Je suis consciente de la situation et du débat qui s’anime autour de cette profession, de son enjeux et je pense qu’il n’y a pas eu d’époque facile pour l’ostéopathie mais qu’elle a grandit, évolué et existé grâce à la volonté de grands ostéopathes qui étaient plus préoccupé par la recherche et la pratique de leur art que de la reconnaissance économique et administrative de leur profession (je ne dis pas qu’il ne faut pas s’en soucier) mais c’est dans ce sens principal que je souhaite profité de mon statut d’étudiante

    Je n’est pas finit mon tour de France des écoles mais je suis mal à l’aise de constaté la concurrence mise en avant et la scission entre les écoles qui pour moi devrait être liées et si non, dire et présenter clairement leur différences du point de vue de la/des méthodes enseignées plus tôt que leur différences de rendements.

    Je ne cherche pas à rentrer dans une école de commerce mais bien le souhait d’apprendre l’ostéopathie pour aider autrui.

    Et comme vous êtes le seul site où j’ai pu lire des commentaires, posé intelligent et pas trop agressif je me permet de vous solliciter pour m’éclairer sur mes doutes.
    Je me demande si c’est en France que je pourrais suivre un enseignement doué d’une éthique qui mais chère?
    Merci

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