Les ostéopathes américains en colère contre le rapport de l’OMS

1 décembre 2010 par pascal Laisser une réponse »

L’alliance ostéopathique internationale (Osteopathic International Alliance – OIA) a été créée en 2005. Elle a pour objectif l’unité de l’ostéopathie – tout en différenciant la médecine ostéopathique exercée par les médecins, de l’ostéopathie exercée par les non médecins…et prône une haute qualité de soins ostéopathiques. (plus d’info ici)

L’OIA a été partie prenante des travaux préparatoires à la rédaction du document de l’organisation mondiale de la santé « repères pour la formation en ostéopathie » (voir  ici ) par l’intermédiaire de son président, chirurgien orthopédiste et ostéopathe. Elle déplore que ce document ait significativement été réduit par rapport au projet de 2007 et que les sujets « conflictuels » aient été éludés. Ainsi, dans le document de l’OMS, la notion de médecin ostéopathe a été retirée.

L’OIA estime cela regrettable car la vision d’une profession unique à travers le monde mais avec deux populations distinctes avait été mise en avant initialement.  Le format d’enseignement proposé pourrait selon elle,  être interprété comme LE format requis alors qu’initialement, il était prévu de ne mettre que des exemples significatifs en vigueur dans certains pays. Cela permettait de différencier les formations entre les médecins (essentiellement aux Etats-Unis) et les non médecins (Europe, Océanie). Il était prévu initialement une annexe compilant de manière détaillée les techniques qui devaient être enseignées. Celle-ci a disparu dans la version finale. Par ailleurs, de nombreux points de repères concernant les ostéopathes non médecins comme « diagnostic », « profession de premier contact » ou « profession distincte » ont été maintenus, ainsi que les références aux approches crânienne et viscérale.

En conclusion, l’OIA estime que ce document est une première étape quand bien même il ne correspond pas à ce qu’elle avait envisagé précédemment. L’OIA prévoit donc de demander une modification du document dans un futur proche. Lors de sa dernière  conférence à San Fransisco, elle a décidé de créer un forum international d’ostéopathes dont la mission sera de compléter le document de l’OMS afin de combler les « énormes lacunes » (sic).

On ressent bien à travers cette démarche l’influence américaine majoritaire au sein de l’OIA. Ceux qui comme moi, ont assisté à la « cellule de crise » dans un hôtel de Genève, la veille de la première réunion à l’OMS, se souviennent combien les médecins ostéopathes américains étaient vent debout dès qu’il s’agissait de promouvoir un autre format que celui en vigueur dans leur pays. Ce réflexe est habituel de la part de l’Oncle Sam. Il semblerait que l’OMS ne s’y soit pas faite prendre et qu’elle ait privilégié le format le plus rependu à travers le globe. Cela semble logique. En effet, ce document s’inscrit dans une stratégie qui vise à intégrer  la médecine traditionnelle dans les systèmes de santé nationaux. Si la seule réponse à apporter était d’indiquer qu’il faille être médecin avant de pratiquer l’ostéopathie et de promouvoir ce modèle à travers le monde, il n’était pas nécessaire de mettre en place un tel travail de consensus.

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