L’invité du blog: Bruno Ducoux

22 janvier 2011 par pascal Laisser une réponse »

Bruno Ducoux est ostéopathe et ancien trésorier de la World osteopathic health organisation (voir ici)


Une perception  de l’ostéopathie

Merci  Pascal pour ces réflexions absolument  nécessaires  pour donner du souffle à la profession d’ostéopathe si elle veut réellement exister et devenir un jalon essentiel du monde de la santé au 21 ème siècle.

La médecine est un grand livre ; le chapitre scientiste basé sur la chimie s’est hypertrophié au 20 ème siècle à travers les progrès réalisés notamment dans le domaine de la chimie,  s’appuyant sur l’evidence based medecine ; médecine basée sur les preuves statistiques. Ces progrès en termes de santé publique ont un peu occulté la largeur de  champ de vision de la médecine.  Cette étroitesse de vue et la puissance des intérêts financiers ont pris le pouvoir aveuglant un système, entrainant les difficultés auxquelles les pouvoirs publics sont confrontés maintenant. Cet aveuglement a occulté d’autres chapitres de la médecine, parmi lesquels  la médecine mécaniste et vitaliste. Des philosophes comme Henri Bergson avaient  clairement décrit dès 1896  l’importance d’une réflexion sur les liens entre le corps et l’esprit et les dangers d’une vision réductrice :[1]. Parmi les ostéopathes, Alain Abesehra, dans sa thèse de médecine, avait alerté  sur  l’importance de prendre en compte la médecine iatromécaniste et vitaliste -[2].

La profession d’ostéopathe n’existe pas encore en France mais l’évolution du nombre d’actes pratiqués sous le label ostéopathie est devenue un fait de société. Nous avons donc une marge de manœuvre et la possibilité de  réfléchir sur ce que peut devenir l’ostéopathie aujourd’hui dans la société française et européenne où la santé est valeur primaire. Les erreurs commises notamment par les ostéopathes américains et les dérives que proposent l’ordre des kinés ou la médecine manuelle permettent d’éliminer ce que n’est pas l’ostéopathie. Voulons-nous entrer dans le cadre réducteur d’une convention qui va faire de nous des faux salariés de la sécurité sociale, ostéopathes aux poings liés à un ordre qui appliquera ce que les politiques décident (comme les médecins actuellement) ? Tout en reconnaissant ses belles victoires, le monde  médical allopathique actuel  s’est  largement limité ; voulons nous rentrer dans ce royaume de myopes et de borgnes en devenant de plus leurs valets ? Voulons-nous prendre de la hauteur pour réfléchir plus avant à la philosophie qui soutient notre projet collectif et participer à son évolution?

L’ostéopathie est un chemin permettant d’élargir le champ des perceptions avec bonheur. De biomécanique  puis fonctionnelle et vitaliste, l’ostéopathie devient existentielle  et donc également une science humaine. En appliquant l’esprit des techniques transmises par la tradition ostéopathique, l’ostéopathe accède à une autre dimension à  travers une transformation personnelle[3]. Il devient transmetteur et passeur sur le chemin de la santé ; il contribue à dévoiler les charmes cachés de la santé en préférant les secrets de l’ocytocine aux débordements de l’adrénaline !


[1] BERGSON H. Matière et mémoire 1896 PUF

[2] ABESEHRA A.1986 : Traité de médecine ostéopathique Maloine

[3] COLLENOTS.La transformation de l’ostéopathe Mémoire de DO

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17 commentaires

  1. Stéphane Berthet dit :

    « Les erreurs commises notamment par les ostéopathes américains et les dérives que proposent l’ordre des kinés ou la médecine manuelle permettent d’éliminer ce que n’est pas l’ostéopathie. »

    ça veut dire quoi ?

    « Voulons-nous entrer dans le cadre réducteur d’une convention qui va faire de nous des faux salariés de la sécurité sociale, ostéopathes aux poings liés à un ordre qui appliquera ce que les politiques décident (comme les médecins actuellement) ? »

    Attention de ne pas confondre ordre et convention. Le CNOMK rappelle qu’il ne souhaite pas que l’ostéopathie soit prise en charge par la sécurité sociale. Elle n’entrerait donc pas dans le cadre d’une convention. Le CNOMK rappelle également qu’il est attaché à la consulation des ostéopathes en première intention. Je ne vois donc aucun problème là dedans.

    Concernant les médecins ostéopathes, ceux sont les seuls qui restent totalement libres aujourd’hui et qui sont les moins touchés par les textes de 2007 et 2009.

    « Tout en reconnaissant ses belles victoires, le monde médical allopathique actuel s’est largement limité ; voulons nous rentrer dans ce royaume de myopes et de borgnes en devenant de plus leurs valets ? »

    Les ostéopathes ne sont pas docteurs en médecine. Pourtant nous avons officiellement le droit de recevoir en première intention. Et on peut espérer que les quelques restrictions d’actes peuvent raisonnablement disparaître d’ici quelque temps, quand on voit les textes obtenus par les chiros. Pourquoi serions nous donc « des valets » ? Juste des professionnels responsables devant référer à un docteur en médecine en cas de besoin, c’est pas si mal !

    « Voulons-nous prendre de la hauteur pour réfléchir plus avant à la philosophie qui soutient notre projet collectif et participer à son évolution? »

    Vous ne pensez pas qu’il ya plus urgent et que de s’occuper du problème de la démographie est bien plus important si on veut pouvoir philospher tranquilement sur l’avenir de l’ostéopathie dans les années à venir ?

    • sebastien Demarcq dit :

      bonjour Stéphane.
      je suis en partie d’accord avec ton analyse sur le cnomk mais quant aux restrictions d’actes j’ai peur du contraire et qu’a terme nous perdions notre statut de consultant de première intention.
      Le niveau dans les écoles est ,d’après différents échos, de plus en plus faible. Le fait que les étudiants de dernières année et les tout justes diplômés encadrent la formation des cliniques et des premières années, en dit long sur la suite de l’évolution de la profession.

      Chez les chiros la formation est de loin supérieure , si on se réfère aux études de qualités sur la colonne vertébrales . L’ostéopathie en est loin. Etudes scientifiques quasi inexistantes, mais l’ostéopathie sait se faire connaitre par les disputes gauloises sur les différents courant qui la parcourent.

      Pauvre FRANCE

  2. Luc thoby D.O.mrof n° 393 dit :

    Bonjour, Bruno et Stéphane,

    et merci pour vos réflexions.

    Vous n’ intervenez pas au même étage de la matérialisation de la pensée ostéopathique ( désolé pour le jargon phylosophico-……..), et c’est ce qui permet de comprendre ton incompréhension, Stéphane, du discours de Bruno.

    Oui, Bruno, tu poses bien la problèmatique qui, de tout temps, se pose à l’Ostéopathie et de façon encore plus cruciale (croix : axe vertical et horizontal ).

    Comment s’incarner dans le monde médical actuel sans perdre le Lien qui unit à plus Grand ?

    Thomas Dummer nous parlait souvent de la dualité apparente entre l’ Energie ( ou l’Esprit ) et la Matière..

    Le dernier article d’Alain Andrieux reprenait ce même questionnement au niveau des techniques ostéopathiques fonctionnelles et structurelles et du cerveau droit-cerveau gauche.

    Les Taoïstes nous parle de la dualité YIn-Yang dans le monde manifesté.

    L’arbre sait que sans racines, il n’y a pas de branches et que sans feuilles il n’y a pas de racines.

    Les Ostéopathes ont-ils conscience de cette nécessité d’Unité de Pensée et d’Action, de leur insertion dans le droit fil de la Tradition ?

    L’Ostéopathie est plus qu’une profession ( et si je voulais faire un jeu de mot, je dirai que c’est une Profession de Foi ).

    Je crois que la majorité des Ostéopathes exclusifs ont intégré ce que je viens d’énoncer.

    La question est maintenant de déterminer de quelle manière incarner notre pratique de soins dans le champs de la société actuelle en gardant notre Ame.

    Amicalement.

    Luc.

    • Stéphane Berthet dit :

      Les discours « philosophico-conceptuels » ne me dérangent pas. Au contraire, ils sont toujours agréables à lire (j’ai moi aussi beaucoup aprécié le dernier bilet d’Alain Andrieux qui était plein de bon sens). Ce qui me dérange c’est quand Bruno Ducoux y intègre des arguments falacieux (dans le paragraphe que je cite), basé sur de faux constats et qui ne font qu’attiser la « guerre » entre les exclusifs, les kinés et les médecins. Dans le contexte actuel, cela me paraît déplacé, totalement dénué d’intérêt et même dangereux pour la reconnaissance de l’ostépathie.

      Avant de vouloir philosopher sur la « manière d’incarner notre pratique de soins dans le champs de la société actuelle en gardant notre Ame », il faudrait déjà vraiment s’intégrer au système de santé français sans vouloir le révolutionner. Après seulement, nous pourrons espérer le faire raisonnablement évoluer.

      Pour cela, la nécessité absolue du moment est de trouver le plus rapidement possible une solution au problème de la régulation de la démographie des ostéopathes, qu’ils soient exclusifs ou non. Seule la résolution de ce problème permettra d’éviter la prolifération de toutes les dérives auxquelles nous assistons aujourd’hui et qui tirent l’ostéopathie vers le bas, et de plus en plus d’ostéopathes dans une situation de précarité.

      Un code de déontologie opposable aux seuls qui le voudraient bien, ou une fédération des ostéopathes qui ne regrouperait que ceux pouvant justifier plus de 4200 heures de formation ne me semblent pas être des éléments judicieux pour apporter une solution au problème de la démographie.

      Pour en revenir aux propos de Sébastien Demarcq, je pense également que seule la maîtrise de la démographie permettra de conserver la première intention.

      Plusieurs solutions existent pour cela :
      - la mise en place d’un numerus clausus partagé entre exclusifs et professionnels de santé,
      - une diminution drastique du nombre d’écoles,
      - la « réservation » du titre à une seule catégorie de professionels (hypothèse qui serait selon moi la moins bonne vu le contexte historique de l’évolution de l’ostéopathie en France),
      - etc …

      Une chose est sure, la maitrise de la démographie nécessite des sacrifices de chaque côté. Et vu l’hyper-corporatisme des exclusifs commes des professionnels de santé, ainsi que l’incapacité de se retrouver autour d’une table pour mettre les choses à plat et réflechir ensemble, je suis de plus en plus pessimiste quant à l’avenir de l’ostéopathie en France.

      Notre ostéopathie est aujourd’hui bien malade et les organisations professionnelles (exclusives ou professionnelles de santé) en sont les premières responsables par leur incapacité à discuter ensemble en préférant défendre aveuglément leur propre corporation et parfois même uniquement leur propre structure syndicale ou associative, aussi peu représentatives soient-elles.

      On peut donc se demander qui sont les « myopes et les borgnes » aujourd’hui ?

  3. vergnaud jean dit :

    Le problème de la démographie existe bien et va devenir très prégnant.
    Malgré tout nous n’y pouvons rien. Il n’y aura pas de régulation de la part des écoles, les ASP ne le peuvent pas et le gouvernement ne le souhaite pas, ni ne le peut.

    Ceux qui arrêteront l’explosion démographique, ce sont les parents des futurs étudiants qui en auront marre de payer très cher pour finir à pôle emploi et réorienteront l’avenir de leurs enfants.

    Il est plus important de se rassembler au niveau professionnel pour peser face au gouvernement et réfléchir entre nous ce que nous souhaitons pour l’ostéopathie dans le futur.
    Sur ce point je partage l’avis de Bruno, nous appartenons plus aux sciences humaines qu’aux sciences médicale.

    • Frédéric Boonaert dit :

      « nous appartenons plus aux sciences humaines qu’aux sciences médicale. »
      mais nous ne soulageons pas nos patients avec de beaux discours, nous sommes des praticiens, nous touchons les gens, avons le plus souvent affaire à une manifestation physique de douleur, notre champ de compétences s’adresse aux troubles fonctionnels que nous cherchons à normaliser par des mobilisations /manipulations, cela vous le savez tous !
      Mener une réflexion profonde sur notre identité est intéressant, mais pour ma part je ne souhaite pas devenir intellectuel de l’ostéopathie.
      Je suis toujours surpris de voir mes maitres soigner avec simplicité, sans grand discours, et une efficacité sans pareil.
      L’ostéopathie souffre peut être de ceux qui veulent en faire une hyperdiscipline à part , ce qui par définition mène à l’exclusion.
      Je pense donc au contraire que l’ostéopathie fait partie intégrante de la médecine au sens large, noble, que son salut viendrait d’une universitarisation, d’un tronc commun avec les professions de santé, que cela permettrait ainsi de créer un vécu commun donc une compréhension mutuelle, ainsi que des perspectives de recherches valables et pas seulement spéculatives.
      Les formations historiques d’ostéopathie pour professionnels de santé ont su garder ce lien, et pour ma part je pense que la formation initiale hors circuit de la santé n’a fait qu’exclure l’ostéopathie de ce à quoi on pouvait légitimement la destiner, le soin. (je fais référence à la manière dont le ministère nous considère aujourd’hui, nous intervenons pour du confort…)
      Il me semble hypocrite de ne pas vouloir d’un statut de professionnel de santé pour les ostéopathes (voir les positions de certaines ASP)
      Je rejoints Stéphane , que je salut, sur son analyse de la stigmatisation des kinés, médecins etc.
      L’ostéopathie est une discipline entière, certes, mais qu’ y a t il de commun entre un anesthésiste et un obstétricien, un neurochirurgien ? dans leur pratique plus grand chose, mais dans leur parcours de formation ils ont appris à savoir ce que font les autres avant de se spécialiser.
      Les kinésithérapeutes par leur formation hospitalière ont eux aussi appris à travailler avec d’autres disciplines, et à connaitre leurs limites. Dans cette perspective certains ont décidé de se « spécialiser » en poursuivant des études d’ostéopathie mais n’en oublient pas pour autant le reste.
      C’est à mon sens ce qui manque aux pauvres jeunes sortis d’une école temps plein, qui leur a coûté jusqu’à 35000 euros (!!!), à qui on a vendu du rêve , et qui se retrouvent avec une envie formidable, des compétences, mais un marché qui ne leur permettra pas de s’exprimer. Les boutiques sont encore bien défendues, mais pour combien de temps encore ?
      la loi du marché fera son travail, le professionnels de santé ne disparaitront pas, car l’état se charge de leur régulation (il en manque d’ailleurs),
      pour les autres…

  4. vergnaud jean dit :

    L’apport de chacun sur ce sujet est intéressant mais ne faites pas d’amalgame entre sciences humaines et intélectualisme ou pratique de confort.

    Les psychothérapeutes soignent, pour certains en travaillant sur le corps, parfois sur des pathologies qui engendrent des souffrances innouies et, ils font partie des sciences humaines.

    D’ailleurs cela n’empêcherai pas le passage vers une formation universitaire. Les psychothérapeutes ont un master 2.

    Le clivage me semble plus résider entre une ostéopathie mécanique et une ostéopathie humaniste.

  5. Luc thoby D.O.mrof n° 393 dit :

    J’avais commis un article sur le Site de l’Ostéopathie il y a quelque temps dont le titre était :  » l’Un n’empêche pas l’Autre ».

    La réflexion philosophique n’empêche pas le pragmatisme, la réflexion n’empêche pas l’action.

    D’autre part, beaucoup d’ostéopathes exclusifs ont un diplôme médical ou para médical, mais ont choisi d’exercer l’ostéopathie de manière unique.

    Il est donc inexact d’opposer les exclusifs aux professionnels de santé.

    La voie raisonnable semble donc de crééer une profession d’ostéopathe à part entière avec des passerelles pour que les professionnels de santé puissent l’intégrer et en faire l’exercice unique.

    Faut-il rappeler comment la médecine traditionnelle chinoise a été dévoyée par un exercice partiel de certains professionnels ?

    Nous avons suffissament d’exemples de pays étrangers dans lesquels l’ostéopathie est pratiquée pour ne pas renouveler les erreurs passées.

  6. Jean Vergnaud dit :

    Qui oppose les exclusifs aux professionnels de santé ?

  7. Stéphane Berthet dit :

    Il me semble que c’est ce que tend à faire Bruno Ducoux dans le paragraphe que j’ai cité plus haut, ce qui ne me paraissait pas être son habitude auparavant.

    Jean, je suis étonné par ta phrase concernant la démographie : « Le problème de la démographie existe bien et va devenir très prégnant. Malgré tout nous n’y pouvons rien. Il n’y aura pas de régulation de la part des écoles, les ASP ne le peuvent pas et le gouvernement ne le souhaite pas, ni ne le peut. »

    Est-ce un aveu d’impuissance ? Les professionnels de santé sont bien régulés par l’Etat non ? Le rôle des organisations professonnielles n’est-il pas d’être une force de proposition? Que propose réellement de concret ces organisations à l’Etat ? Notre problème n’est il pas issu de la désunion des organisations professionnelles ?

    Finalement, n’aurions nous pas intérêt à inciter tous les ostéopathes à écrire au ministère et à leurs députés pour les alerter et les informer sur la situation et pour leur demander de légiférer sans tenir compte de l’avis des organisations professionnelles ? Le risque à courir n’est-il pas moins important que de laisser pourrir la situation comme le font les organisations professionnelles depuis trop longtemps ?

  8. Jean Vergnaud dit :

    En ce qui concerne la régulation de la démographie, c’est peu être une opinion péssimiste mais elle me semble la plus probable.
    Effectvement les professions de santé sont régulées par le gouvernement mais nous ne sommes et, à mon avis, nous ne sommes pas prêt d’être une profession de santé. Quel intérêt l’état à t’il à faire ceci ?

    Donc en l’absence de statut de profession de santé la régulation officilelle est impossible.
    Reste donc la voie du marché, celle des paren,ts des futurs étudiants.

    Vision peu être péssimiste mais peu être réaliste.

  9. Sébastien Breuil dit :

    La situation démographique est morte, pour plusieurs raisons :

    -L’état
    Il est évident que l’état se fou éperdument des ostéopathes. Il à d’autre chats à fouetter, beaucoup plus important (retraites, déficit etc…). De plus compte tenu de son temps de réaction, si un jour il se réveil, il sera trop tard, vu qu’il est déjà trop tard.

    -Installation d’un numérus.
    C’est bien gentil, mais ça va prendre combien de temps. Si on continu sur ce rythme (2700 ostéos en 1 an), il y aura 1 ostéopathe pour 2000 habitants en France dans 7 ans. C’est une situation non viable. Et cela c’est sans tenir compte de l’émergence des nouvelles structures et de l’augmentation régulière du nombre d’étudiant par promotion.

    -Régulation du nombre des écoles. Différentes ASP, ont essayées, mais n’y sont pas arrivées. Il faut être honnête, sans nouvelles données, comment pourrait-on retirer un agrément à une école qui vient de l’avoir ?

    -Régulation des promotions.
    Les écoles ont investit dans des locaux du matériel et les enseignants, pour beaucoup, gagnent mieux leur vie à l’école qu’en cabinet. Elles n’ont donc aucun intérêt à limiter le nombre d’étudiant. Le seul moyen serait une prise de conscience collective de tous les directeurs et une table ronde de ces mêmes dirigeants. Mais à voir les relations difficiles entre les ASP, comment des écoles pourraient s’entendre, lorsqu’on leur parle de diminuer leur chiffre d’affaire ?

    Il faut arrêter de se voiler la face, bientôt seul ceux qui sont installés depuis longtemps pourront vivre de leur métier, ou bien ceux qui sont en double exercice.

    Enfin l’union des ASP, on le voit n’est pas près d’arrivé. De plus à bien regarder les chiffres, il y à plus d’ostéopathes non syndiqués que d’ostéopathes syndiqués.
    Donc le poids et la légitimité de toutes ces ASP, aux yeux de l’état, est à mon avis minime. D’où cette situation qui s’éternise.

    Franchement, on à bien scier la branche sur laquelle on est assis et à mon avis, à l’heure actuelle on est en train de la regarder tombée…

  10. Luc Thoby D.O. mrof n° 393 dit :

    je partage le constat lucide de Sébastien, mais en tant qu’éternel optimiste ( naïf diront d’autres ), je pense que les solutions sont toujours possibles ( n’est pas ce que l’ Ostéopathie nous montre tous les jours dans nos cabinets ? )

    Pour ce qui est de la notion d’opposition entre exclusifs et pros de santé, j’écrivais seulement que la ligne de partage se situe à mon avis exactement entre les professionnels qui souhaitent la création d’une profession à part entière et ceux qui veulent l’annexer à une autre pratique. Ce qui veut dire que les pros de santé ne présentent pas un ligne unie, et certains d’entre eux sont prêts à soutenir l’action menée pour une profession d’ostéoapthe démarquée.

    Pour ce qui est des ASP, elle font ce qu’elles peuvent, mais nous sommes dans un état de droit et la loi s’applique.

    Par contre, notre société ou démocratie médiatique nous permet de faire passer des messages aux écoles, étudiants et parents afin d’éviter toutes les dérives actuelles. Il est certain que si l’on est uni, le message sera plus fort et mieux entendu.

    Courage, le pire n’est jamais sûr !

  11. Thierry Cajgfinger dit :

    Quoique l’on dise, quoi que l’on fasse, le minimum requis est l’union de toutes les parties ayant une volonté de sauvegarder les principes et fondamentaux de l’ostéopathie.

    Si tant soit peu que cela soit possible, toutes les ASP sont condamnées à l’union ou participer à la disparition de cette âme, parce qu’il est déjà trop tard.
    En terme de droit, personne ne pourra s’opposer à la prolifération des écoles si ce n’est par l’apauvrissement des postulants.

    Le marché est saturé et déjà des praticiens se réorientent ou jettent l’éponge quand ils ne démarquent pas leur offre de soins.

    Il est impératif de générer un socle commun et accepté, même mal, par tous, sans retour possible.
    « Un mauvais contrat est mieux que pas de contrat du tout ».
    Une fois cela en place, cette voix unanime pourra peut être porter ses valeurs en opposition formelle à d’autres.

    Ce sera très difficile car en attendant l’horloge tourne et vite.

    Provocateur, je dirai qu’il faudra à terme trouver une solution de formations et d’enseignements avec les professions de Santé, imaginer l’inverse pérennisera deux mondes parallèles en perpétuelle opposition…pour dénaturer cette pratique.
    On voit déjà ce que cela donne par les 7 propositions du CNO des MK qui viennent d’être éditées.
    De son côté, le CNO des médecins, quand à lui pilonne sans cesse contre l’ostéopathie non médicale tout en laissant certains médecins s’accaparer au travers de congrès les thèmes essentiels autrefois décriés.

    Petit à petit, nous risquons d’être déshabillés et affaiblis en terme de revendications et modèles spécifiques.

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