Les investisseurs misent sur l’ostéopathie

19 juillet 2011 par pascal Laisser une réponse »

La société de capital investissement OCTANT PARTENAIRE gère quelques 120 millions d’euro et affiche un résultat net de 1,2 million d’euro en 2010. Voir ici et ici . Depuis quelques années, cette société a décidé de diversifier ses activités : les services à la santé, l’enseignement supérieur et l’hôtellerie. Dans un premier temps, OCTANT a investi à travers sa filiale « novetude », dans les cours  privées de préparation aux concours d’entré des études de santé : PCEM1, prépa kiné… voir ici.  Ce secteur a été identifié par ses dirigeants comme proposant de fortes débouchés pérennes. OCTANT pense réaliser rapidement 50 millions d’euros de chiffre d’affaires dans ce secteur, contre 20 millions aujourd’hui. Pour cela, elle se déploie  maintenant dans le domaine de l’ostéopathie, dont la réglementation actuelle permet de grandes libertés pédagogiques et de positionnement géographique.

OCTANT  se dit prêt à investir 100 millions sur trois ou quatre ans. Afin de rentabiliser au mieux l’investissement – et ainsi satisfaire les clients de la société mère – il fallait choisir des écoles capables de former rapidement de nombreux étudiants. Autrement dit, cibler des écoles susceptibles d’accueillir beaucoup d’élèves et/ou qui délivrent le diplôme en 3 ans.   OCTANT vient de prendre des participations dans le capital du collège ostéopathique Sutherland (4 écoles à Gennevilliers, Nantes, Bordeaux et Strasbourg), dans celui de l’Institut Privé d’Enseignement Ostéopathique de Pantin. voir ici . Des Instituts supérieurs de l’ostéopathie (ISO) sont approchés, le centre d’ostéopathie Atman est désormais épaulé par le groupe Octant.

Afin d’attirer de futurs étudiants, s’opposant en cela au discours de certains établissements qui indiquent que la profession est saturée, le COS donc novetude, fait de la publicité pour une profession en pleine expansion, sur les ondes d’une radio leader dans la tranche 12/25 ans. Novetude a financé la première journée de l’ostéopathie, assortie d’un plan media (TF1, France info…). Maintenant que la communication grand public est en place, novetude va devoir s’implanter dans le corps social de la profession. Les stratégies enseignées dans les écoles de marketing sont bien connues. Soit il est possible de s’appuyer sur ce qui existe déjà, soit il est nécessaire de créer de toute pièce. La première solution est plus rapide et moins couteuse.

Quels sont les acteurs en place : pour les étudiants, il y a l’Union nationale des étudiants en ostéopathie (UNEO). Pour les professionnels : six  organisations professionnelles. Le nerf de la guerre est bien évidemment l’argent. Nul doute que les dirigeants de novetude vont se rapprocher de l’UNEO en leur promettant, en échange d’une communication plus élogieuse en ce qui concerne le COS, IPEO, etc, que tous les étudiants de leurs établissements soient affiliés à ce syndicat. L’UNEO triplerait ainsi ses effectifs et deviendrait incontournable. En cas de refus, un autre syndicat  d’étudiants verrait le jour. Il serait d’emblée, deux fois plus gros que l’UNEO. La même démarche sera appliquée aux représentants des organisations socioprofessionnelles. Soit vous collaborez en bonne intelligence avec nous, soit vous prenez le risque que d’ici trois ans, un syndicat professionnel composé de nos anciens élèves viennent vous faire concurrence (1700 étudiants sont en formation actuellement sous la bannière novetude).

Il est vraisemblable que les années à venir seront inscrites dans une lutte du pot de fer contre le pot de terre.

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7 commentaires

  1. Marco Gabutti dit :

    Miser sur le nombre, c’est une stratégie. Mais dans le domaine de l’enseignement je ne suis pas persuadé que ce soit payant si la qualité n’est pas au rdv.
    Dans les autres domaines, les « grandes » écoles ont obtenu leur qualificatif en misant sur la qualité par sur le nombre.
    On verra bien de quoi sont capables les professionnels estampillés « Octant », mais j’ai des doutes.

  2. Jean-Pierre dit :

    Pauvre ostéopathie… Elle va de mal en pis!

    J’ai bien peur que la fin soit proche pour elle et par conséquent pour nous les ostéopathes!
    Je trouve ça triste d’en être arrivé à la vendre au plus offrant voir même pour certains à la renier en demandant le titre de chiro…
    Oui, je suis vraiment triste.

  3. Philippe dit :

    Octant joue à la roulette russe : miser des fonds importants sur des écoles en 3 ans alors que le référentiel d’enseignement et les critères d’agrément d’écoles n’ont pas encore été publiés par les pouvoirs publics est un pari plus qu’osé.
    Octant aurait-elle cru des chefs d’établissement plus marketeur qu’elle?

  4. marielle BARTET dit :

    En meme temps ils ont tout interet a miser sur des etudes a 3 ans au niveau economique. En effet il n’est pas impossible que des changements se fassent autant au niveau politiques que mediatiques d’ici les prochaines annees. Miser sur 6 ans serait moins rentable d’autant que certains etudiants ne comprennent parfois pas l’interet de faire 6 si 3 suffisent.

    C’est pour cela que le monde d’une maniere generale et le monde de l’osteopathie ne doit pas etre pense d’une maniere financiere. L’osteopathie est une science HUMAINE et je dirais presque inverse aux principe de profit financier. En effet, mieux on travaille moins les patients reviennent souvent.
    Quand a uneo, j’ai un profond respect pour ses principes meme si parfois je ne comprends pas tout dans ses prises de position. Je souhaite que les convictions de chacun restent l’essence de notre bataille pour la profession et que l’argent restent loin de tout cela!

  5. gaetan dit :

    des infos!!!

  6. Vivien dit :

    Pas la peine de s’alarmer!
    Il faut dire que quand l’argent entre en ligne de compte, cela simplifie beaucoup les choses et permet aux minorités d’être mises sur le côté.
    Faut vraiment être maso pour faire en 6 ce que l’on peut faire en 3 ans, non?
    Ironie… quand tu nous tiens…

    Je suis bien d’accord avec Marielle et Jean-Pierre. Cette histoire rend triste et détruit l’Ostéopathie à petit feu. Celle qui nous fait vibrer, celle pour laquelle on se lève le matin.
    Mais ne baissons pas les bras, restons motivés, prêt à nous battre parce que malheureusement, bien souvent, les mots ne suffisent pas à eux seuls dans une bataille.
    Alors levons la tête et continuons de nous battre pour notre passion, d’accord?
    Rien n’est jamais perdu d’avance, sauf quand la conviction s’estompe.

    D’autant plus, je ne vous l’apprendrez pas, que LA VIE C’EST LE MOUVEMENT !

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