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La requête du SNOF est rejetée.

7 février 2011

Conseil d’État - N° 337739 - 1ère et 6ème sous-sections réunies

M. Vigouroux, président - M. Alain Boulanger, rapporteur - Mme Landais Claire, rapporteur public - Lecture du vendredi 4 février 2011

Vu la requête, enregistrée le 19 mars 2010 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, présentée par le syndicat PROFESSION OSTEOPATHE – SYNDICAT NATIONAL DES OSTEOPATHES DE FRANCE (SNOF), dont le siège est Résidence la Closerie, 2, avenue Dunant à Nice (06100), représenté par son président ; le syndicat PROFESSION OSTEOPATHE – SNOF demande au Conseil d’Etat :

  1. d’annuler pour excès de pouvoir la décision implicite rejetant sa demande relative à l’édiction des textes nécessaires à l’entrée en vigueur des dispositions de l’article 75 de la loi n° 2002-303 du 4 mars 2002 issues de l’article 64 de la loi n° 2009-879 du 21 juillet 2009 ;
  2. d’enjoindre au Premier ministre de prendre ces textes dans un délai de six mois sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
  3. de mettre à la charge de l’Etat le versement de la somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative ; (…)

Considérant qu’aux termes de l’article 75 de la loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé, dans sa rédaction antérieure à la loi du 21 juillet 2009 portant réforme de l’hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires : L’usage professionnel du titre d’ostéopathe ou de chiropracteur est réservé aux personnes titulaires d’un diplôme sanctionnant une formation spécifique à l’ostéopathie ou à la chiropraxie (…) le programme et la durée des études préparatoires et des épreuves après lesquelles peut être délivré ce diplôme sont fixés par voie réglementaire. ; que pour l’application de ces dispositions, le décret du 25 mars 2007 relatif à la formation des ostéopathes avait prévu que le diplôme d’ostéopathe serait délivré aux personnes ayant suivi une formation d’au moins 2 660 heures ou trois années ; qu’un arrêté du même jour avait précisé les programmes des enseignements théoriques et pratiques correspondants ;

Considérant que, par l’article 64 de la loi du 21 juillet 2009, le législateur a modifié les dispositions mentionnées ci-dessus de l’article 75 de la loi du 4 mars 2002, pour fixer la durée minimale des études préparatoires au diplôme d’ostéopathe à 3 520 heures ; que la requête du syndicat PROFESSION OSTEOPATHE – SYNDICAT NATIONAL DES OSTEOPATHES DE FRANCE doit être regardée comme dirigée contre la décision du 12 mars 2010 par laquelle le ministre chargé de la santé, sur le rapport duquel doit être pris le décret d’application des nouvelles dispositions de l’article 75 de la loi du 4 mars 2002, a implicitement rejeté la demande qui lui avait été adressée tendant à l’édiction de l’ensemble des mesures réglementaires nécessaires à l’entrée en vigueur de ces dispositions ;

Considérant que l’exercice du pouvoir réglementaire comporte non seulement le droit mais aussi l’obligation de prendre dans un délai raisonnable les mesures qu’implique nécessairement l’application de la loi, hors le cas où le respect d’engagements internationaux de la France y ferait obstacle ; qu’il ressort des pièces du dossier que l’édiction des mesures réglementaires d’application des nouvelles dispositions de l’article 75 de la loi du 4 mars 2002 suppose la refonte des programmes d’enseignements théoriques et pratiques de l’ostéopathie, qui venaient d’entrer en vigueur à la suite de la publication du décret et de l’arrêté du 25 mars 2007 ; qu’eu égard à ces circonstances, aux difficultés inhérentes à l’élaboration de nouveaux programmes pour un enseignement devant désormais être dispensé sur quatre années, ainsi qu’au fait qu’une évaluation des premiers résultats de la formation spécifique à l’ostéopathie a été engagée par le Gouvernement, immédiatement après la promulgation de la loi du 21 juillet 2009, afin de l’éclairer sur la durée d’études à retenir pour en obtenir le diplôme, le délai raisonnable pour prendre ces mesures d’application n’était pas expiré à la date à laquelle le ministre chargé de la santé a opposé le refus litigieux ;

Considérant qu’il résulte de ce qui précède que le syndicat PROFESSION OSTEOPATHE – SYNDICAT NATIONAL DES OSTEOPATHES DE FRANCE n’est pas fondé à demander l’annulation de la décision qu’il attaque ; que sa requête doit être rejetée, y compris, par voie de conséquence, ses conclusions présentées à fin d’injonction et ses conclusions tendant à l’application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative ;

D E C I D E :
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Article 1er : La requête du syndicat PROFESSION OSTEOPATHE – SYNDICAT NATIONAL DES OSTEOPATHES DE FRANCE est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée au syndicat PROFESSION OSTEOPATHE – SYNDICAT NATIONAL DES OSTEOPATHES DE FRANCE, au Premier ministre et au ministre du travail, de l’emploi et de la santé.

Décret relatif aux actes et aux conditions d’exercice de la chiropraxie

9 janvier 2011

Le décret réglementant l’exercice de la chiropraxie est publié au journal officiel. Les mesures ressemblent à celles prévues pour l’ostéopathie :

  • Le titre est partagé entre chiropraticiens et professionnels de santé.
  • Les chiropraticiens sont autorisés à pratiquer « des actes de manipulation et mobilisation manuelles, (…) à l’exclusion des pathologies organiques qui nécessitent une intervention thérapeutique, médicale, chirurgicale, médicamenteuse ou par agents physique ».
  • Les chiropraticiens ne peuvent exercer certains actes : « manipulation gynéco-obstétricale, touchers pelviens ». Des actes sont encadrés, soit par « un diagnostic établi par un médecin attestant l’absence de contre-indication médicale à la chiropraxie : les manipulations du crâne, de la face et du rachis chez le nourrisson de moins de six mois », soit par des recommandations de bonnes pratiques : « les manipulation du rachis cervical ». L’accent a été mis sur les actes effectués sur le rachis cervical puisque les chiropraticiens « doivent s’interdire de faire courir un risque injustifié à la personne prise en charge, dont le consentement éclairé doit être recherché dans tous les cas. Ils informent cette personne des risques possibles des manipulations ou des mobilisations cervicales qu’ils envisagent de réaliser. Ils doivent rester disponibles pour les patients dans les quarante-huit heures suivant toute manipulation ou mobilisation cervicale réalisée. »

Le domaine de compétence des chiropraticiens est toutefois différent puisqu’il concerne « les troubles de l’appareil locomoteur du corps humain et de leurs conséquences ». Les actes peuvent être « assistés mécaniquement ».

Voir les décrets ici et l’arrêté ici

Comparaison chiropraxie/ostéopathie: Comparaison décret chiro-ostéo

Pierre Renaudeau: « je commence à réfléchir à la façon dont je vais utiliser mon budget syndico-représentatif en 2011

20 décembre 2010

Confiant dans les personnes nous représentant, je, comme beaucoup d’entre nous, ne suis pas naïf. Nous, Ostéopathes de terrain, de la rue, n’avons pas les mêmes intérêts que nos représentants syndicaux. Notre carrière n’est pas la même et demain la façon dont se dérouleront les évènements du quotidien dépendront de nous essentiellement, à travers les votes qui détermineront nos représentants mais aussi à travers les actes et règlements financiers que nous choisirons d’accomplir.

Un petit exemple à une échelle plus grande : la France. Les Français votent et élisent des députés, des présidents de la République, etc. Ces personnes décident un certain nombre de choses qui vont s’imposer au quotidien aux Français. Mais il existe un contre pouvoir exercé quotidiennement par chacun d’entre nous et dont le nombre fait la puissance : il s’agit de l’endroit ou la façon dont chacun d’entre nous décide de dépenser son argent. Ainsi la population française a plébiscité par sa menue monnaie le système Leclerc. Aucune loi n’a été votée pour implanter des Leclerc partout mais il y  en a partout. C’est la puissance spontanée du nombre par le financement. De la même façon, les Français qui le souhaitent permettent l’existence d’AMAP, par l’apport de leurs règlements réguliers. Et au final, le système est très équilibré, par effet de concurrence entre public et privé, comme dans le système hospitalier public et privé. Ce que ne peuvent réaliser l’imposition de lois coercitives, l’émulation le réalise.

Alors, aujourd’hui, nous, Ostéopathes, sommes à l’aube d’un système fédératif qui conservera nos chers élus, mais leur opposera un pouvoir différent, porté par la cotisation de chacun d’entre nous, qui entraînera la dynamique d’organisation vers le haut. Ce que ne proposera pas ou n’entendra pas le « groupe de déclaration commune », la Fédération l’épluchera, consultera la base et réalisera quelque chose de différent, pour avancer.

La situation bizarre actuelle est sans doute due à un manque d’attention de certains de nos dirigeants syndicaux qui commettent une erreur de conception. Ce ne sont pas les syndicats qui font vivre la profession d’Ostéopathes, mais les Ostéopathes qui font vivre les syndicats, et chaque Ostéopathe est un apport, un pied de soutien de ces mille pattes que sont les syndicats. Leur force vient uniquement de nous, et de notre soutien financier, et de rien d’autre.

Si demain, un syndicat est vidé des deux tiers de ses adhérents, il n’est plus grand-chose, et plus personne ne l’écoutera ni ne le recevra. Si demain, les deux mille personnes Ostéopathes qui ont voté pour la Fédération (c’est le projet initial) adhèrent à cette structure, elle sera puissante, nouvelle et efficace.

J’ai personnellement été extrêmement choqué d’avoir voté pour un projet et de m’en être vu dissimuler les résultats de scrutin, mais j’accorde toujours ma confiance à mon Président, car il a été démocratiquement élu, et l’idée du Registre est un concept essentiel et ancien qu’il faut défendre à tout prix pour la Profession. J’ai donc ré adhéré, mais je pose des questions. Et j’attends, comme chacun d’entre nous, des réponses.

Je suis conscient également des résultats remportés par l’action judiciaire de mon syndicat, mais je vois bien que ne plus être reçu au ministère constitue un handicap majeur, et qu’il conviendrait maintenant d’associer les autres syndicats à ces actions, pour être plus crédibles, plus influents. Mais je garde confiance en mon Président, bien que je pense qu’il est temps de revenir à des consultations de la base pour décider ce qui doit être entrepris, afin d’éliminer ce climat de méfiance. Nous n’avons pas été consultés, en mon syndicat, sur la question de la Fédération.

J’ai questionné mes deux présidences sur l’opportunité d’appartenir à la Fédération. J’engage chacun d’entre vous à en faire autant auprès de son responsable syndical, en leur adressant par écrit la simple question : « Quand y adhérons-nous ? » Il y a tellement à faire.

Au final, le double système peut être beaucoup plus intéressant et efficace que l’ancien qui montre actuellement ses dangereuses limites pour la Profession. Entre les syndicats et la Fédération l’émulation fera ce que ne réalisent pas les partis-pris actuels. Et la demande sans équivoque de deux mille Ostéopathes ne peut être ignorée.

Il reste à attendre le projet finalisé de cette structure et à exiger avant toute adhésion que les responsables élus ne soient membres d’aucune autre structure syndicale, associative ou d’enseignement. Et parlez-en autour de vous, nous sommes très nombreux et l’avenir est juste là, devant nous. Comme vous tous, je commence à réfléchir à la façon dont je vais utiliser mon budget « syndico-représentatif » en 2011.

Amicalement et Confraternellement.

PIERRE  RENAUDEAU  D.O  M.R.O.F  et adhérent du S.N.O.F

Participez au sondage « Souhaitez-vous une fédération des ostéopathes ? » en cliquant ici

Pour consulter les résultats, cliquez: MARDI 21 DECEMBRE 2010

La cour de cassation donne raison aux postulants au COS Aquitaine

23 novembre 2010

En 2007, la rentrée du COS Atlantique n’avait pas pu se faire à la date prévue car cet établissement n’avait pas encore reçu l’agrément du ministère de la santé. Des futurs étudiants avaient néanmoins versé la somme de 1500€ correspondant à une avance sur les frais de scolarité. Selon les conditions générales du contrat de scolarité 2007-2008 signé entre les étudiants et l’établissement, « si l’établissement n’était plus en mesure de fournir les prestations, le contrat de scolarité serait réputé résilié et le répondant financier pourra prétendre au remboursement des sommes payées correspondant aux prestations non servies ».

Le COS Aquitaine n’étant pas en mesure de proposer un enseignement agréé par le ministère de la santé au 2 octobre 2007 (l’agrément a été obtenu le 11 octobre 2007 (voir ici), ces futurs étudiants ont sollicité le remboursement intégral des 1 500€, correspondant aux frais d’inscription.

Un premier jugement de septembre 2008 avait condamné le COS Aquitaine a rembourser ces sommes mais l’établissement s’était pourvu en cassation. La cour de cassation a de nouveau donné raison aux étudiants au motif que, lorsqu’ils ont décidé de mettre un terme au contrat, la date de clôture des inscriptions dans d’autres établissements de formation ayant d’ores et déjà reçu l’agrément, s’approchait. Il leur fallait donc s’y inscrire rapidement sans pouvoir attendre la réponse du ministère de la santé à la nouvelle demande d’agrément du COS.

Rappelons que seulement 14 établissements ont reçu l’agrément du ministère de la santé lors de leur première demande (voir ici )

Plus d’info ici

Le CEESO ferme ses portes au ROF

13 novembre 2010

La direction générale du Centre Européen d’Enseignement Supérieur de l’Ostéopathie (CEESO – un établissement à Paris St Denis et un autre à Lyon) a décidé que le Registre des Ostéopathes de France (ROF) n’avait plus ses entrées dans leurs locaux. Les élus du ROF ne pourront donc plus venir présenter cette association aux étudiants ni participer en tant que personne morale, aux examens de fin d’étude. La relation de confiance qui s’était instaurée depuis plusieurs années entre le ROF et le CEESO s’était traduite par l’adhésion au ROF d’environ 300 ostéopathes diplômés du CESSO ces dernières années, avec un pic en 2010.

Cette prise de position est la conséquence des incidents survenus lors de la dernière assemblée générale du ROF. Si le CEESO « réaffirme être toujours attaché aux valeurs prônées par le ROF », il se dit « assez dubitatif face aux ambitions personnelles de certains membres du conseil national », alors que « les adhérents ont maintenu leur confiance à l’ancienne présidente, Marianne Montmartin ».

Le CEESO s’inquiète  » de la résistance du nouveau bureau quant au projet de plateforme commune avec les syndicats. Union qui paraissait pourtant indispensable et inévitable afin d’afficher un front uni, une masse critique et un projet commun aux pouvoirs publics ».


Restons courtois (bis)

27 octobre 2010

Je remercie madame ou monsieur « osteopathedurof » de bien vouloir me décliner son identité s’il souhaite que je publie ses posts. Je vous ai envoyé un message sur l’email qui s’affiche automatiquement dès qu’un post m’est adressé…. l’adresse est non valide.

Je n’ai censuré aucun post dès lors que celui-ci reste courtois. Pour la bonne tenue du blog, merci de ne pas jouer au posteur masqué.

Pascal Javerliat

L’invité du blog d’octobre: Pierre Renaudeau

7 octobre 2010

POURQUOI  OSTEOPATHE  EXCLUSIF !

Ceci n’est pas une question mais une mise au point sur une profession embrouillée par les décrets de 2007. L’Ostéopathie est une méthode de soins qui permet de redonner leurs fonctions à toutes les structures anatomiques reliées par du tissu conjonctif (fibreux) et sièges de dysfonctions. Je pense que tous les Ostéopathes Exclusifs se reconnaîtront dans cette définition qui englobe les structures articulaires, mais aussi crâniennes, et viscérales. Et il est bien évident dès lors que l’on a commencé sa formation et ressenti les différentes motilités du corps, que  ces trois « régions » sont à traiter sur ce plan de la motilité. La motilité est cet ensemble de paramètres centi-millimétriques (néologisme personnel) entre les pièces anatomiques du corps, qui permet la respiration tissulaire, le drainage naturel (alternance pression-relâchement) et, au-delà, la mobilité centimétrique. A contrario la perte de ces paramètres mineurs (dans leur amplitude) vient la plupart du temps entraver la mobilité centimétrique, sans que l’on comprenne pourquoi, sauf si l’on est Ostéopathe Exclusif et que l’on analyse le corps dans tous ses paramètres et non pas seulement dans le domaine musculo-squelettique.

Un peu de définition pour expliquer que l’Ostéopathie est une et indivisible, une nouvelle vision du corps et de sa physiologie, qui ouvre la compréhension de domaines inexpliqués avant Elle. C’est cette philosophie (comprendre que le changement d’angle de la cheville peut induire des migraines, qu’un choc sur le pariétal peut entraîner des lombalgies, qu’une chute sur la glace peut entraîner un syndrome de reflux gastro-oesophagien….) qui fait la spécificité, la nature même de l’Ostéopathie. Tout comme le corps vivant est un et indivisible, l’Ostéopathie est une et non pas divisible en musculo-squelettique, viscéral, crânien, comme cela est trop souvent évoqué par des personnes qui, bien qu’ayant le Titre Ostéopathe, n’ont pas compris cette philosophie de base. Il n’y a pas, dans le cou par exemple, de limite interruptive entre la dure mère crânienne et la dure mère rachidienne.

La continuité et l’unité des structures du corps sont des faits anatomiques et non une vue de l’esprit. La posture d’un individu debout est un fait scientifique due à la pesanteur et non une vue de l’esprit. Cette contrainte liée à la vie debout relie mécaniquement, par simple empilement, les variations positionnelles  de la ceinture pelvienne à celle de la ceinture scapulaire et au positionnement de la première vertèbre cervicale sous l’occiput qui, lui, est au service de l’horizontalité des yeux. Les viscères tirent par leurs insertions sur certains niveaux vertébraux, ce sont des liens anatomiques, pas des vues de l’esprit.

Tout ceci pour dire que la démarche qui consiste à séparer Ostéopathie musculo-squelettique et crânienne ou viscérale reflète une incapacité de comprendre la globalité du corps et ne peut être le fait que de gens qui n’ont pas intégré cette donnée essentielle. Ce ne sont donc pas au sens littéral des Ostéopathes, mais volontiers, comme ils aiment à se nommer entre eux, des « ostéos », un raccourci paresseux qui en dit long sur l’acceptation des données liées aux os mais pas de l’idée deuxième de l’Ostéopathie, qui est d’atteindre, afin de l’éradiquer, la Pathologie. Le raisonnement scientifique évoqué par ces tenants d’une Ostéopathie amputée ne tient pas compte de ces facteurs réels que sont l’anatomie et les hauts résultats obtenus dans nos cabinets.

Il n’y a en effet aucune autre manière d’expliquer la fréquentation de ceux-ci par le public, malgré des honoraires élevés (liés au temps passé), que l’efficacité qui, dans mon cas, est passée de 60% (quand j’étais kiné) à 94 % quand je suis devenu Ostéopathe. 4% d’échec seulement, au lieu de 40% cela suffit à expliquer pourquoi les patients viennent et payent sans réticence, sans conventionnement. Il n’y a là aucun effet de mode ni de tendance et si cette situation attise les convoitises des « kinés-ostéos » restant bornés au musculo-squelettique, il ne tient qu’à eux de franchir les espaces de travail (des milliers d’heures), d’opiniâtreté et d’études du corps humain que j’ai traversés comme tant d’autres Ostéopathes Exclusifs pour en arriver là.

Très récemment, un article paru dans FMT n° 96 ( un magazine kiné que je reçois toujours et où je lis les articles sur l’Ostéopathie), précise de façon tout à fait inattendue les choses exactement dans ce sens. L’auteur (Marc Messina), en effet dans l’article tiré de « Kinésithérapie. La Revue (Elsevier Masson) disponible sur le site ici « Kinési – thérapie manuelle » »  situe déjà dans le titre son domaine. Pour les Kinés, l’Ostéopathie n’est qu’une thérapie manuelle… Nous ne sommes pas sur la même longueur d’onde.

Je passerai sur les enjeux financiers évoqués, qui sont, bien sûr, colossaux et insolubles sans législation claire, sur la mention bizarre évoquant ces gens « qui se retrouvent sur le marché du travail à 21 ans avec un diplôme que l’on ne peut pas moins qualifier de diplôme acheté », laissant à l’auteur la responsabilité de ses propos( il existe bien d’autres études payantes…), ainsi que quand il évoque les « formations d’Ostéopathie évaluées sur un volume horaire d’enseignement ». D’un point de vue concret, les 1225 heures d’enseignement des décrets de 2007 nécessitent au bas mot deux fois plus de travail personnel à côté pour acquérir non pas un diplôme mais un savoir-faire, seul facteur qui permet de gagner sa vie ensuite par une pratique efficace de l’Ostéopathie. Je ne pense pas que les élèves temps plein soient naïfs au point de croire que c’est un diplôme seul qui ouvre les portes d’une carrière. L’Ostéopathie n’est pas l’administration !

Mais venons-en à l’essentiel, la description de l’Ostéopathie par un « kinésithérapeute-ostéopathe », comme il se nomme lui-même… (Marc Messina. )Amenée en grande partie par des kinés en France, ce qui est vrai, l’Ostéopathie est devenue ensuite l’Ostéopathie et non pas la Kinésithérapie, c’est un fait. La conception de celui-ci passe par un curieux raccourci qui est que pour bénéficier d’un secteur d’honoraires libres (le fabuleux pot de miel !), un kiné doit passer par la reconnaissance d’un diplôme d’Ostéopathe ! N’avons-nous pas nous, Ostéopathes exclusifs, commencé par exercer l’Ostéopathie avec assiduité ? N’est-ce plus là le facteur essentiel ?

Le diplôme n’est qu’un aboutissement que l’auteur prend pour l’essentiel. Depuis des décennies, les patients viennent consulter non pas des diplômés en Ostéopathie, mais des gens qui ont soigné avec efficacité leur oncle, leur voisin… C’est cette démarche qui a créé l’Ostéopathie dans les faits, ce sont ces gens qui ont tiré les marrons du feu, en risquant les poursuites pour exercice illégal de la Médecine, les poursuites fiscales etc.

Et de lorgner sur les débordements officieux des médecins en termes de remboursement, et de rêver d’en faire autant. Mais comment pourrait-on comparer la démarche d’un Ostéopathe, que l’auteur réduit à du musculo-squelettique, à celle des kinés ostéos ?

Comment peut-on être à la fois Kinésithérapeute et ostéopathe, deux démarches thérapeutiques opposées ? En effet, la Kinésithérapie est une démarche de soins symptomatique prescrite qui s’adresse à l’expression d’un problème de santé(le symptôme), alors que l’Ostéopathie est une démarche de soin curative de première intention qui cherche l’ORIGINE du problème de santé. Tout les oppose donc dans la pratique.

A ce titre une petite histoire vraie : J’ai reçu un jour une patiente d’un peu plus de 70 ans pour migraine et cervicalgie, à l’époque où j’étais encore kiné. J’aurais pu la soigner en kiné, remboursée, ou en Ostéopathie, non remboursée. J’ai pris le temps de lui expliquer la différence et l’ai soignée avec attention en Ostéopathie, cherchant les lésions crânio-sacrées maintenant cette personne en état douloureux. J’ai fait mon travail avec la simple application de chaque cas et quelle ne fut pas ma surprise, à la deuxième séance, d’entendre ceci : « Vous m’avez soulagée, je vais beaucoup mieux !…Vous savez, si vous ne m’aviez pas soulagée, ça fait si longtemps que je consulte pour ça et que je souffre que j’avais décidé de me supprimer ! Vous étiez mon dernier recours ! »   Voilà. C’est tout et cela a assis mes convictions sur l’Ostéopathie pour toujours.

« Tous nos patients ne peuvent pas payer le surcoût de cotisation » ? Mais pourquoi les mutuelles ont-elles mis en place le remboursement de quelque chose de cher si ça ne présente pas un avantage financier pour elles. L’Ostéopathie Exclusive est plus efficace que les soins classiques de kinésithérapie, c’est un fait concret capté par le public et par les mutuelles… « La frange séparant les techniques de thérapie manuelle de celles de l’ostéopathie » montre que l’auteur n’a pas compris que l’Ostéopathie n’est pas une collection de techniques à rajouter à d’autres mais une démarche nouvelle, holistique, autonome, différente…

Quant aux techniques évoquées, leur similitude n’est qu’apparente tant le geste thérapeutique de l’Ostéopathe est une remise en route en accord avec les tissus du corps et non une mobilisation contre son gré. La technicité fonctionnelle ostéopathique est un dialogue avec le corps, qui répond par des changements de tension mécanique palpables à une sollicitation de protocole particulier. Il ne suffit pas d’avoir dans la main un ciseau de sculpteur pour comprendre comment nait une statue. La Kinésithérapie, que j’ai pratiquée autrefois, est par contre volontiers un dialogue de sourd avec le corps. L’auteur ignore les études récentes  et passées ayant démontré la réalité du Mouvement crânien…

Et, là, personnellement, je citerais volontiers deux études statistiques parues sur le net, très éloquentes : la première s’intitule « Manipulations vertébrales et douleurs lombaires : un essai randomisé et contrôlé » paru dans ActuKiné et relate un essai réalisé sur 104 patients sur l’addition à un traitement standardisé de manipulations lombaires sur des douleurs du rachis lombaire (l’esprit recette). Résultat : aucun bénéfice clinique supplémentaire ! La deuxième s’intitule « L’Ostéopathie soulagerait les maux de dos, même à long terme » 21 mars 2006( Pierre Lefrançois- Passeport Santé.net), sur 900 sujets, avec groupe témoin : Amélioration très supérieure dans le groupe Ostéopathie par rapport au groupe témoin, et amélioration qui dure jusqu’à trois mois ! Cela se passe de commentaire !

Le problème du Kiné-ostéo est le manque de confiance dans l’Ostéopathie qui a fait rester le professionnel dans le métier de Kinésithérapeute et le fait se tourner vers la physiothérapie dès « que ça ne marche pas », ce qui se produit souvent dans son cas, car il se prive de l’efficacité du crânien et du viscéral… En soignant un demi-corps… « La frange non négligeable de patients plus enclins aux médecines alternatives qu’aux traitements conventionnels » montre là de l’arrogance et du mépris vis-à-vis non pas des Ostéopathes mais des patients qui souffrent, et qui cherchent des solutions à leur peine.

Lorsque la médecine officielle  et la kinésithérapie officielle et scientifique ne les a pas soulagés, ils se tournent vers d’autres praticiens qui sont EFFICACES. Ce n’est pas une question de mode mais de résultats réels. Là, être scientifique consiste à observer ce qui fonctionne et à s’interroger pour en comprendre le mécanisme. Il est scientifique d’observer un oiseau, il serait peu sérieux de dire que l’oiseau n’existe pas parce qu’on ne peut expliquer son fonctionnement. La nature a toujours précédé la science et l’observateur est lui-même le produit de la Nature…Restons donc scientifiques, et non dogmatiques. Le kiné-ostéo choisit le doute face au MRP et au viscéral, l’Ostéopathe Exclusif choisit l’étude de ces phénomènes, deux attitudes, et c’est l’Ostéopathe que le public vient voir sans remboursement.

Concernant les patients qui viennent consulter, ce sont, dans mon cas de province, des gens de tous horizons, des enseignants, des commerçants, mais aussi des ouvriers et ouvrières en confection ou en usine qui gagnent parfois moins que le smic. Tous ces gens viennent consacrer un budget qui est très conséquent dans le cas des ouvrier(e)s pour solutionner un problème qui peut à terme les empêcher de dormir et de travailler. Ils viennent chercher l’efficacité souvent après des soins classiques qui ont parfois comporté cent séances de kinésithérapie (propos rapporté par un patient) (scientifique… ?) et trois ou quatre consultations de généraliste (un budget global donc beaucoup plus élevé !). L’abord différent de l’Ostéopathie permet enfin de débusquer l’étiologie fonctionnelle de leurs pathologies et les réacheminer vers la santé et le bien-être qui en découle. Cela coûte généralement beaucoup moins cher que les soins classiques et remboursés antérieurs, en règle générale, une ou deux séances seulement ! Cela, les mutuelles l’ont compris mais pas encore les kinés-ostéos !

Selon l’Académie de Médecine, la « Fédé » et les kinés ostéos, la thérapie manuelle devrait être encadrée par la Kinésithérapie, mais celle-ci ne comprend goutte à l’Ostéopathie en élaguant les branches crânio-sacrées et viscérales, la chose est donc impossible. L’Ostéopathie n’est pas une thérapie manuelle, c’est une Médecine manuelle, avec ses limites évidemment, mais avec son autonomie et sa propre logique qui fait ses preuves depuis des décennies.

Au final, disons que je ne souhaite voir disparaître personne et que le problème n’est pas là. Une confusion certaine est née des décrets de 2007 et chaque personne ayant bénéficié du Titre Ostéopathe se voit comme le tenant du statut de la chose. Mais le Titre regroupe trois entités professionnelles très différentes : les Médecins Ostéopathes, sous la dépendance du Conseil de l’Ordre des Médecins mais dont l’exercice est à l’évidence sans commune mesure avec celui des Ostéopathes Exclusifs(formation plus courte, les DIU, recours aux médicaments, manipulations en force…), les Kinésithérapeutes ostéopathes, qui restent kinés et tiquent sur le crânien et le viscéral, et ne développeront jamais l’art de l’Ostéopathie en son entier à cause de leurs préjugés, et enfin les Ostéopathes Exclusifs, embrassant totalement leur discipline et exerçant l’Ostéopathie dans tous ses paramètres pour le plus grand bien des patients. Le législateur a voulu rassembler ces trois catégories, mais la Loi est lacunaire dans la définition de la pratique de ces différents intervenants. C’est là où tout diffère, et, envisageons un instant de donner trois noms à ces trois formes de pratiques, cela clarifierait les choses, car, in fine, nous pratiquons, sous un même nom, attractif parce que plébiscité par le public, des thérapies différentes. Il y a l’Ostéopathie, et il y a les autres…

C’est d’ailleurs là la démarche du S.N.O.F Profession Ostéopathe, de mettre en évidence aux yeux du législateur l’existence de trois démarches différentes au sein du même Titre. Il faudra bien un jour trancher et cloisonner, d’autant plus que le conseil d’Etat a énoncé que l’article 75 concernait bien et seulement les Ostéopathes exerçant exclusivement cette discipline. Les Médecins ostéopathes font d’excellents Médecins qui rajoutent de l’Ostéopathie à leur pratique, les Kinés Ostéopathes font d’excellents Kinésithérapeutes, intégrant des techniques d’Ostéopathie à leur pratique mais tous ceux-là ne font pas des Ostéopathes au sens littéral et historique du terme, seulement au sens juridique, pour le moment.

Seuls les Ostéopathes Exclusifs, c’est-à-dire ceux qui ont choisi, kinés d’origine ou temps plein, de se consacrer exclusivement à cet art sont des Ostéopathes, de ceux qui ont conquis le public. Et chacun dans les autres catégories est libre de les rejoindre en déposant son Titre Ostéopathe en liste adeli 00, et en renonçant à toute autre activité.

L’invité du blog de septembre: Pierre Renaudeau

20 septembre 2010

Notre Confrère Pierre Renaudeau a souhaité ouvrir le débat (et faire des recommandations) sur l’attitude à avoir au regard de la loi lorsqu’il s’agit d’effectuer une technique au niveau du rachis cervical.

Avant de communiquer son point de vue, rappelons ce que dit le décret relatif aux actes et aux conditions d’exercice de l’ostéopathie

« Les praticiens justifiant d’un titre d’ostéopathe sont autorisés à pratiquer des manipulations ayant pour seul but de prévenir ou de remédier à des troubles fonctionnels du corps humain (…) Pour la prise en charge de ces troubles fonctionnels, l’ostéopathe effectue des actes de manipulations et mobilisations non instrumentales, directes et indirectes, non forcées, dans le respect des recommandations de bonnes pratiques établies par la Haute Autorité de santé.  (…)  Le praticien justifiant d’un titre d’ostéopathe ne peut effectuer les manipulations du rachis cervical qu’après un diagnostic établi par un médecin attestant l’absence de contre-indication médicale à l’ostéopathie.

Pour connaître l’analyse de Pierre Renaudeau, cliquez sur « commentaires »

Restons courtois

3 septembre 2010

Le dernier article publié a suscité beaucoup de réactions que malheureusement, je ne peux pas publier en l’état. L’objectif du blog est d’ouvrir le débat contradictoire pas la boîte à injures.

Je souhaite que le dialogue reste courtois. Il existe suffisamment de blogs de type « café du commerce » pour s’exprimer de manière anonyme ou véhémente, sans avoir besoin d’en créer un autre. Mon blog ne présentant pas de support publicitaire, je ne recherche pas la quantité du flux mais la qualité des propos.

Que les personnes qui m’ont adressé des commentaires inconvenants de manière anonyme revoient leur copie et publient à nouveau de manière correcte et identifiée. Que celles qui m’ont renvoyé des emails privés commentent directement sur le blog.

Si les articles suscitent chez vous ces réactions, d’autres les partagent certainement. Dans ce cas, pourquoi ne pas les partager ?

Dernier point de détail, veillez à ne pas utiliser d’acronymes ( exemple : MK pour masseur kinésithérapeute) car les lecteurs non professionnels ne comprendront pas.

Merci