Confiant dans les personnes nous représentant, je, comme beaucoup d’entre nous, ne suis pas naïf. Nous, Ostéopathes de terrain, de la rue, n’avons pas les mêmes intérêts que nos représentants syndicaux. Notre carrière n’est pas la même et demain la façon dont se dérouleront les évènements du quotidien dépendront de nous essentiellement, à travers les votes qui détermineront nos représentants mais aussi à travers les actes et règlements financiers que nous choisirons d’accomplir.
Un petit exemple à une échelle plus grande : la France. Les Français votent et élisent des députés, des présidents de la République, etc. Ces personnes décident un certain nombre de choses qui vont s’imposer au quotidien aux Français. Mais il existe un contre pouvoir exercé quotidiennement par chacun d’entre nous et dont le nombre fait la puissance : il s’agit de l’endroit ou la façon dont chacun d’entre nous décide de dépenser son argent. Ainsi la population française a plébiscité par sa menue monnaie le système Leclerc. Aucune loi n’a été votée pour implanter des Leclerc partout mais il y en a partout. C’est la puissance spontanée du nombre par le financement. De la même façon, les Français qui le souhaitent permettent l’existence d’AMAP, par l’apport de leurs règlements réguliers. Et au final, le système est très équilibré, par effet de concurrence entre public et privé, comme dans le système hospitalier public et privé. Ce que ne peuvent réaliser l’imposition de lois coercitives, l’émulation le réalise.
Alors, aujourd’hui, nous, Ostéopathes, sommes à l’aube d’un système fédératif qui conservera nos chers élus, mais leur opposera un pouvoir différent, porté par la cotisation de chacun d’entre nous, qui entraînera la dynamique d’organisation vers le haut. Ce que ne proposera pas ou n’entendra pas le « groupe de déclaration commune », la Fédération l’épluchera, consultera la base et réalisera quelque chose de différent, pour avancer.
La situation bizarre actuelle est sans doute due à un manque d’attention de certains de nos dirigeants syndicaux qui commettent une erreur de conception. Ce ne sont pas les syndicats qui font vivre la profession d’Ostéopathes, mais les Ostéopathes qui font vivre les syndicats, et chaque Ostéopathe est un apport, un pied de soutien de ces mille pattes que sont les syndicats. Leur force vient uniquement de nous, et de notre soutien financier, et de rien d’autre.
Si demain, un syndicat est vidé des deux tiers de ses adhérents, il n’est plus grand-chose, et plus personne ne l’écoutera ni ne le recevra. Si demain, les deux mille personnes Ostéopathes qui ont voté pour la Fédération (c’est le projet initial) adhèrent à cette structure, elle sera puissante, nouvelle et efficace.
J’ai personnellement été extrêmement choqué d’avoir voté pour un projet et de m’en être vu dissimuler les résultats de scrutin, mais j’accorde toujours ma confiance à mon Président, car il a été démocratiquement élu, et l’idée du Registre est un concept essentiel et ancien qu’il faut défendre à tout prix pour la Profession. J’ai donc ré adhéré, mais je pose des questions. Et j’attends, comme chacun d’entre nous, des réponses.
Je suis conscient également des résultats remportés par l’action judiciaire de mon syndicat, mais je vois bien que ne plus être reçu au ministère constitue un handicap majeur, et qu’il conviendrait maintenant d’associer les autres syndicats à ces actions, pour être plus crédibles, plus influents. Mais je garde confiance en mon Président, bien que je pense qu’il est temps de revenir à des consultations de la base pour décider ce qui doit être entrepris, afin d’éliminer ce climat de méfiance. Nous n’avons pas été consultés, en mon syndicat, sur la question de la Fédération.
J’ai questionné mes deux présidences sur l’opportunité d’appartenir à la Fédération. J’engage chacun d’entre vous à en faire autant auprès de son responsable syndical, en leur adressant par écrit la simple question : « Quand y adhérons-nous ? » Il y a tellement à faire.
Au final, le double système peut être beaucoup plus intéressant et efficace que l’ancien qui montre actuellement ses dangereuses limites pour la Profession. Entre les syndicats et la Fédération l’émulation fera ce que ne réalisent pas les partis-pris actuels. Et la demande sans équivoque de deux mille Ostéopathes ne peut être ignorée.
Il reste à attendre le projet finalisé de cette structure et à exiger avant toute adhésion que les responsables élus ne soient membres d’aucune autre structure syndicale, associative ou d’enseignement. Et parlez-en autour de vous, nous sommes très nombreux et l’avenir est juste là, devant nous. Comme vous tous, je commence à réfléchir à la façon dont je vais utiliser mon budget « syndico-représentatif » en 2011.
Amicalement et Confraternellement.
PIERRE RENAUDEAU D.O M.R.O.F et adhérent du S.N.O.F
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