Ostéopathes : votre argent intéresse vos syndicats

L’invité du blog : Eric PLANCHAT, avocat à la Cour

13 octobre 2010

Eric Planchat, conseil du syndicat national des ostéopathes de France est invité le vendredi 15 octobre 2010, au forum organisé par le registre des ostéopathes de France à la Cité des Sciences Paris. (voir ici) Il nous livre en avant première un extrait de son intervention :

Le Titre d’ostéopathe : un titre réservé et non pas partagé.


  • L’article 75 de la loi 2002-303 du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé ne concerne pas les médecins.

L’article 2 de l’arrêté du 6 janvier 1962 dispose que les docteurs en médecine sont seuls habilités à pratiquer toute mobilisation forcée des articulations et toute réduction de déplacements osseux, ainsi que toutes manipulations vertébrales, et, d’une façon générale, tous traitements dits d’ostéopathie.(voir ici) Conformément aux articles 79, 80 et 81 du Code de déontologie médicale (articles R 4127-79, R 4127-80 et R 4127-81 du Code de la santé publique) (voir ici) , il appartient au Conseil National de l’Ordre des Médecins d’autoriser ou non la reconnaissance d’un diplôme, titre et fonction.

Conformément à ces dispositions, le Conseil National de l’Ordre des Médecins a reconnu en septembre 2007 comme pouvant être mentionné sur les feuilles d’ordonnances, sur les annuaires et sur une plaque professionnelle le Diplôme de Médecine Manuelle – Ostéopathie (DIU) des universités suivantes : Aix-Marseille, Bobigny-Paris XIII, Bordeaux, Caen, Dijon, Grenoble, Lille, Lyon, Paris V, Paris VI, Reims, Rennes, Saint-Etienne, Strasbourg, Toulouse et Tours. Ce même Conseil National de l’Ordre des médecins lors de sa réunion en session plénière le 2 février 1996 avait souhaité que les DIU sus visés ne mentionnent plus le terme ostéopathie pour conserver uniquement le terme de Médecine Manuelle. Ainsi, force est de constater que les médecins pouvaient avant l’adoption de l’article 75 de la loi 2002-303 du 4 mars 2002 pratiquer l’ostéopathie et, le cas échéant, faire un état du Diplôme de Médecine Manuelle – Ostéopathie.

L’article 75 de la loi 2002-303 du 4 mars 2002 n’a pas modifié cette situation et ne peut donc les concerner. Toutefois, afin d’éviter toute confusion, il semblerait opportun que le Diplôme de Médecine Manuelle – Ostéopathie (DIU) deviennent un diplôme uniquement de Médecine Manuelle.

  • Le même raisonnement peut s’appliquer aux masseurs kinésithérapeutes.

Conformément aux articles 2 de l’arrêté du 6 janvier 1962 et 6 du Décret du 26 août 1985 précités , les masseurs kinésithérapeutes peuvent pratiquer des actes d’ostéopathie dès lors qu’il n’est pas effectué de manœuvres de force par le praticien. (C.E. 15 juillet 2004, n° 254485 à° 254488, 8ème et 3ème s.s. Dugast, Huybrechts, Limousin et Noël ). L’article 1er du décret n° 2007-435 du 25 mars 2007 dispose que pour le prise en charge des troubles fonctionnels, l’ostéopathe effectue des actes de manipulations et mobilisations non instrumentales, directes et indirectes, non forcées. (voir ici) Ainsi, l’ostéopathie ainsi qu’elle est réglementée par l’article 75 de la loi 2002-303 du 4 mars 2002 peut être pratiquée par les masseurs kinésithérapeutes dès lors qu’est exclue expressément toute manœuvre de force. L’article 75 de la loi 2002-303 du 4 mars 2002 n’a pas modifié cet état de droit et les masseurs kinésithérapeutes ne sont pas concernés par cette nouvelle réglementation.

En l’absence à ce jour de règlement de qualification établi par l’ordre des masseurs kinésithérapeutes et approuvé par le ministre chargé de la santé, le masseur kinésithérapeute ne peut pas faire état de qualification en ostéopathie, dans le cadre de son exercice de la masso-kinésithérapie. Toutefois, dans la pratique, les masseurs kinésithérapeutes utilisent le terme de thérapie manuelle. L’article 75 de la loi 2002-303 du 4 mars 2002 n’a pas modifié cette situation et le masseur kinésithérapeute peut pratiquer des techniques issues de l’ostéopathie (mobilisations) sous la dénomination de thérapie manuelle. L’article 75 de la loi 2002-303 du 4 mars 2002 ne les concerne pas plus que les médecins.

  • Une situation de droit reconnue par le Tribunal

Cette situation de droit avant l’édiction de l’article 75 de la loi 2002-303 du 4 mars 2002 et de ses décrets d’application avait été résumée en ces termes par le Tribunal Administratif de Lyon : « Considérant qu’en vertu de l’article 2 de l’arrêté du 6 janvier 1962 susvisé, pris pour l’application des dispositions de l’ancien article L 372 du code de la santé publiques, reprises ultérieurement à l’article L. 4161-1 de ce même code et relatives à l’exercice illégal de la médecine, les docteurs en médecine sont seuls habilités à pratiquer toute mobilisation forcée des articulations et toute réduction de déplacement osseux, ainsi que toutes manipulations vertébrales, et, d’une façon générale, tous les traitements dits d’ostéopathie, de spondylothérapie (ou vertébrothérapies) et de chiropraxie C.) » ; qu’aux termes des dispositions combinées de l’article L. 4321-1 du code de la santé publique, reprenant à compter du 22 juin 2000 celles de l’ancien article L. 487 de ce code, et de l’article 7 du décret susvisé du 8 août 1996 relatif aux actes professionnels et à l’exercice de la profession de masseur-kinésithérapeute et codifié depuis le 8 août 2004 à l’article R. 4321-7 du code de la santé publique, les masseurs-kinésithérapeutes, dont la profession consiste à «pratiquerhabituellement le massage et la gymnastique médicale », sont habilités à pratiquer, sur Prescription médicale, des actes de « mobilisation manuelle de toutes articulations, à l’exclusion des manœuvres de force, notamment des manipulations vertébrales et des réductions de déplacement osseux» ; qu’il résulte de l’ensemble de ces dispositions que, si les médecins sont habilités à pratiquer tous types d’actes d’ostéopathie, les masseurs-kinésithérapeutes ne peuvent effectuer que des actes d’ostéopathie n’impliquant pas de manœuvres de force ; (TA Lyon 28 juillet 2009, n°07 05846, 6ème ch ). Cette situation de droit ainsi décrite a conduit le Conseil d’Etat à considérer que les dispositions de l’article 75 de la loi 2002-303 du 4 mars 2002 a pour objet exclusif de régir la situation des personnes exerçant la profession d’ostéopathe à titre exclusif. (C.E. 24 septembre 2010, n° 332391, 1er et 6èmes.s. Profession Ostéopathe – SNOF). Les ostéopathes exclusifs exerçaient avant l’entrée en vigueur de l’article 75 de la loi 2002-303 du 4 mars 2002 en dehors de toute cadre réglementaire des actes d’ostéopathie. Toutefois, les juridictions administratives reconnaissent que, nonobstant l’absence de tout cadre légal, les actes d’ostéopathie en cause étaient délivrés dans des conditions présentant des garanties au moins équivalentes de sécurité et de technicité à celles constatées pour des actes de même nature accomplis par des médecins ou masseurs kinésithérapeutes. L’article 75 de la loi 2002-303 du 4 mars 2002 a réglementé les actes d’ostéopathie pour les ostéopathes à titre exclusif et a instauré le titre d’ostéopathe qui doit leurs être exclusivement réservé. Or, les Décrets n° 2007-435 et n° 2007-437 du 25 mars 2007, prévoit un partage du titre d’ostéopathe entre les personnes exerçant la profession d’ostéopathe à titre exclusif et les professionnels de santé.

Ainsi, il convient de demander l’abrogation des articles 4, 5 et 14 du Décret n° 2007-435 du 25 mars 2007 et de l’article 4 du Décret n° 2007-437 du 25 mars 2007 en tant que ces textes prévoient la possibilité pour les professionnels de santé d’utiliser le titre d’ostéopathe.

Le SFDO vote l’union

9 octobre 2010

Paris le 9 octobre 2010.

L’assemblée générale du syndicat français des ostéopathes s’est tenue aujourd’hui à Paris. Le quorum pour la tenue de  l’assemblée générale a été rapidement atteint.

Le rapport moral du président Philippe Sterlingot a été plébiscité. Les adhérents du SFDO devaient également se prononcer sur un projet d’union avec le registre des ostéopathes de France et le syndicat national des ostéopathes de France.

Cette union, dont les modalités ne sont pas encore définies, permettrait, « de rassembler sous une même bannière commune la moitié des ostéopathes exclusifs » et « à mutualiser et optimiser de nombreux moyens et actions ». Elle rendrait possible également « la rédaction d’une déontologie commune ».

Un signe fort a été adressé à l’ensemble de la profession puisque le projet a emporté plus de 90% de votes favorables.

Le syndicat français des ostéopathes tient ses engagements

24 septembre 2010

Les statuts du Syndicat Français Des Ostéopathes (SFDO) prévoient que peuvent être affiliées différentes catégories de membres. Parmi celles-ci, on trouve des membres actifs et des membres associés.

Les membres actifs doivent entre autres, « exercer exclusivement la profession d’ostéopathe sur le territoire français et disposer d’un numéro ADELI en tant qu’ostéopathe exclusivement » (code professionnel 00). Les membres associés postulants sont soit « des étudiants en ostéopathie, soit des professionnels en période probatoire justifiant une formation inférieure aux conditions de formation des membres actifs et/ou n’exerçant pas encore de manière exclusive l’ostéopathie. Les professionnels visés au présent alinéa ne peuvent être membres postulants plus d’un an à compter de leur inscription au syndicat sauf décision contraire du Conseil d’Administration. Ils exercent l’ostéopathie dans un cabinet distinct de leur autre profession. »

L’annuaire en ligne du SFDO étudié entre le 18 et le 23 septembre 2010 laisse apparaître 1333 membres actifs et 49 professionnels membres associés. A deux unités près (qui peuvent être liées à des décalages de mise à jour), aucun membre actif ne se retrouve dans le site AMELI (site de l’assurance maladie qui recense les professionnels de santé). Il faudrait pour plus de précision avoir accès au fichier ADELI mais on peut toutefois affirmer sans prendre trop de risque que tous les membres actifs du SFDO possèdent un code professionnel 00 dans le répertoire ADELI.

Sur les 49 membres associés, 8 sont retrouvés dans le site AMELI soit 16%. Sur les 39 membres associés professionnels inscrits dans l’annuaire 2007, 19 sont devenus membres actifs, 11 sont toujours membres associés et 9 ne sont plus adhérents.

Le syndicat français des ostéopathes est donc l’association socioprofessionnelle qui regroupe le plus d’ostéopathes en exercice exclusif.

UFOF : le principe de la main tendue passé au crible (1ère partie)

15 septembre 2010

L’Union Fédérale des Ostéopathes de France, « association aux couleurs de la Solidarité et de l’Entraide » comme elle se définit, permet à des professionnels qui « exercent conjointement une autre profession de santé ou qui cotisent à un ordre » d’adhérer en tant que membre associé. Les membres associés ont 5 ans pour « se démarquer », c’est à dire opter pour un statut d’ostéopathe en exercice exclusif

Cette politique aide-t-elle réellement ces praticiens à changer de statut professionnel?

Pour tenter d’y répondre, nous avons analysé les annuaires de 1999, de 2003, de 2007 et de 2010 afin de déterminer le pourcentage de membres associés qui devenaient membres titulaires.

Sur les annuaires de 1999, 2003 et 2007, 590 membres associés ont été identifiés.

En 1999 :

  • 34 membres associés (il en existaient peut être d’autres mais comme l’annuaire de cette année là, ne les distinguait pas, nous n’avons retenu que les personnes que nous retrouvions comme membres associés dans l’annuaire 2003 – qui lui les distingue.
  • 13 ne sont plus adhérents en 2010 soit 38%. Ils sont restés membres associés entre 5 et 9 ans.
  • 5 sont membres associés depuis 11 ans soit 15%
  • 16 sont membres titulaires soit 47%. Ils sont restés associés entre 5 et 9 ans.

En 2003 :

  • 271 nouveaux membres associés ont été identifiés
  • 150 ne sont plus adhérents en 2010 soit 55,35%. Ils sont restés membres associés entre 1 et 5 ans.
  • 52 sont membres associés depuis 7 ans soit 19,19%
  • 69 sont membres titulaires soit 25,46%. Ils sont restés associés entre 1 et 5 ans.

En 2007 :

  • 285 nouveaux membres associés ont été identifiés
  • 130 ne sont plus adhérents en 2010 soit 45,61%. Ils sont restés membres associés entre 1 et 3 ans.
  • 87 sont membres associés depuis 3 ans soit 30,53%
  • 68 sont membres titulaires soit 23,86%. Ils sont restés associés entre 1 et 3 ans.

Au total, sur les 590 membres associés que l’UFOF a fédérés depuis 1999:

  • 293 ne sont plus adhérents en 2010 soit 50%.
  • 144 sont toujours membres associés soit 24%
  • 153 sont membres titulaires soit 26%.

Il faut alors affiner l’analyse des chiffres.

  • 26% des membres associés ont bénéficié de cette politique puisqu’ils remplissent dorénavant tous les critères des membres titulaires (niveau de formation plus exercice exclusif de l’ostéopathie).
  • Parmi les 24% de personnes qui sont toujours membres associés, certaines le sont peut être parce qu’elles n’ont pas les critères de formation alors qu’elles répondent au deuxième critère : celui de l’exercice exclusif. Nous avons identifié 67 membres associés sur le site AMELI qui exercent toujours sous un statut de professionnel de santé.  77 membres associés exerceraient donc exclusivement l’ostéopathie.
  • La même analyse doit être faite au sujet des 50% de personnes qui ne sont plus adhérentes. 113 d’entre elles ont été retrouvées sur le site AMELI. 180 anciens membres associés exerceraient donc exclusivement l’ostéopathie.

La politique de la main tendue de l’UFOF a donc permis d’accompagner 590 personnes durant les 11 dernières années. 318 exerceraient actuellement exclusivement l’ostéopathie soit environ 54% des personnes à qui cela a été proposé. Un biais peut exister dans l’analyse car des personnes ont pu changer de statut professionnel entre le moment où l’annuaire 2010 a été publié et celui où l’analyse a été effectuée. De même, le site AMELI n’est peut être pas mis à jour quotidiennement. Néanmoins, les proportions demeurent dans leurs grandes lignes.

A suivre : après avoir analysé le bénéfice apporté à l’adhérent, nous tenterons de déterminer ce que cette politique apporte à l’association elle même.

L’agrément du COS Aquitaine formation continue retiré par le tribunal

9 septembre 2010

Sur requête du Syndicat français des ostéopathes, la Cour Administrative d’Appel de Bordeaux a décidé le 29 juillet 2010 d’annuler l’agrément du collège ostéopathique Sutherland Aquitaine pour dispenser la formation continue en ostéopathie au motif que certaines qualifications et diplômes de professeurs, n’étaient pas joints au dossier d’agrément.

En conséquence, cet établissement ne peut plus délivrer le titre d’ostéopathe aux professionnels de santé.

Voir la jurisprudence ici

A 20% près

1 septembre 2010

Dans différents communiqués de presse publiés en 2010, l’Union Fédérale des Ostéopathes de France (UFOF) indique être « la première organisation socio- professionnelle française d’ostéopathes avec 1300 d’adhérents. »

Son site internet laisse effectivement apparaître environ 1350 adresses professionnelles dans sa rubrique « trouver un ostéopathe ». C’est en fait moins de 1200 praticiens qui sont recensés car de nombreux adhérents possèdent deux cabinets.

Ces praticiens sont-ils tous des praticiens exerçant uniquement l’ostéopathie – comme le préconise le label de l’association « Eur Ost DO » ( formation de niveau Master 5 ans et pratique exclusive de l’ostéopathie) ?

Non car les statuts de l’UFOF permettent de différencier des membres titulaires et des membres associés. « Si vous exercez conjointement une autre profession de santé, si vous cotisez à un ordre: vous ne pourrez être Membre Titulaire de l’UFOF, vous pourrez être membre associé. Vous aurez 5 ans pour vous démarquer. Si vous exercez exclusivement l’ostéopathie (retrait définitif du D.E.M.K. ou autre D.E. auprès de la DDASS et/ou radiation des ordres) : vous pourrez être Membre Titulaire de l’UFOF. » Quelle est alors la proportion d’adhérents à être toujours inscrits sur les listes des professionnels de santé ?

Le site de l’assurance maladie – www.ameli.fr – permet de trouver des informations sur les professionnels de santé : coordonnées, profession, secteur conventionnel…Sauf à considérer que les informations contenues dans ce site ne sont pas régulièrement mises à jour, l’UFOF ne présenterait en fait qu’un peu plus de 1000 adhérents exerçant hors statut de professionnel de santé. D’autres s’en contenteraient me direz vous. Certes, mais il y a un gros écart entre les 1300 adhérents affichés par cette association et le millier de praticiens conformes aux critères du label.

Ostéopathes non référencés sur le site AMELI 1017 85,67%
Infirmier(ères) usant du titre d’ostéopathe 2 0,17%
Masseurs kinésithérapeutes usant du titre d’ostéopathe 160 13,48%
Médecins usant du titre d’ostéopathe 3 0,25%
Pédicures Podologues usant du titre d’ostéopathe 2 0,17%
Sages Femmes usant du titre d’ostéopathe 3 0,25%
Total 1187

Le poids de l’UFOF n’est donc pas de 1300 praticiens mais d’environ 1000 (20% de moins), soit 16% des ostéopathes en exercice exclusif.

Adhérents qui êtes toujours inscrits sur les listes préfectorales des professionnels de santé, de l’UFOF et des autres associations socioprofessionnelles qui regroupent ostéopathes exclusifs et professionnels de santé – ce n’est pas votre association qui vous représente mais votre Ordre professionnel, car vous ne pouvez pas être représentés par deux organisations différentes. L’Ordre professionnel prime et vous représente de droit dans les discussions avec les autorités de tutelle. Ne pas adhérer à un Ordre au motif que vous ne pratiquez que l’ostéopathie ne change rien à la donne, si ce n’est que vous vous placez dans l’illégalité.

Adhérents qui exercez hors du statut de professionnels de santé, êtes vous surs que l’amalgame sert réellement vos intérêts ?

Officiellement, c’est le principe de la main tendue – pour permettre aux professionnels de santé de se démarquer – qui justifie cette politique. En connaît on réellement l’efficacité? Je publierai prochainement une étude dénombrant combien de membres associés de l’UFOF des années 1999, 2003 et 2007 sont démarqués aujourd’hui.

L’Association Française d’Ostéopathie a le vent en poupe

19 août 2010

Association socio professionnelle d’ostéopathes récente dans sa structuration actuelle (2000), l’Association Française d’Ostéopathie (AFO) pourrait voir ses rangs augmentés de près d’un tiers prochainement.

En effet,selon l’annuaire de ses membres – consultable sur son site internet – on dénombre 140 postulants sur un effectif d’environ 300 membres actifs. Une analyse plus approfondie laisse apparaître que ces postulants ne sont pas tous des diplômés récents. L’engouement serait donc assez large et non pas dû uniquement à l’afflux de jeunes professionnels.

Selon ses statuts, l’AFO a pour objet notamment de « regrouper tous les praticiens (ostéopathes et professionnels de santé) qui exercent exclusivement l’ostéopathie. » Cela explique pourquoi environ 20% des membres (actifs et postulants confondus), exercent sous un statut de professionnel de santé codifié par le code de la santé publique, dont environ 17% en tant que masseur kinésithérapeute.

Se pose alors le problème du contrôle de l’exercice exclusif de l’ostéopathie  de ces professionnels. Leur est-il demandé un simple engament sur l’honneur ou doivent-ils adresser chaque année une copie de leur situation vis à vis du Système national inter-régimes (SNIR)? Le SNIR recueille et dénombre pour chaque professionnel de santé exerçant en libéral, les actes effectués ayant donné lieu à une prise en charge par l’assurance maladie. En cas d’exercice exclusif de l’ostéopathie, celle-ci n’étant pas remboursée par la sécurité sociale, le SNIR doit être de 0€.

Une solution plus transparente pour les patients serait que chaque adhérent de l’AFO soit référencé par l’Etat comme ostéopathe et bénéficie alors d’un numéro au répertoire  ADELI (Automatisation DEs Listes) spécifique aux ostéopathes : n°00.

Souhaitons à l’AFO que tous ses postulants régularisent leur situation en devenant membres actifs. Cette association pourra alors se prévaloir de représenter 3% des 13500 praticiens de l’ostéopathie en France.

Membres actifs Postulants Pourcentage cumulé
Statut d’infirmier(ère) 2 0
Statut de masseur kinésithérapeute 53 (12%) 23 (5%) 17%
Statut de médecin 2 0
Statut d’ostéopathe 245 (55%) 118 (27%) 82%
TOTAL 302 (68,2%) 141 (31,8%)

Ostéopathes: ne jetez plus votre argent par les fenêtres

3 août 2010

Et si une seule cotisation pouvait suffire?

A quoi peut bien servir l’argent que vous donnez à vos associations censées œuvrer pour l’amélioration de votre profession? A ce jour, ce ne sont pas moins de six organisations qui se partagent le « gâteau ».



Avez-vous calculé les sommes que cela représente ? Un bref calcul vous ouvrira peut être les yeux :

Association Nombre d’adhérents Cotisation en € Budget en €
AFO 660 300 198 000
CNO 350 120 42 000
ROF 1050 570 598 500
SFDO 1300 500 650 000
SNOF 500 450 225 000
UFOF 1300 510 663 000

Si l’on additionne les cotisations versées en 2010 par les adhérents de ces associations, on obtient le chiffre faramineux de : 2 376 500€ pour 5160 cotisations ! Même si l’on sait que tous les adhérents ne s’acquittent pas d’une cotisation pleine, on peut raisonnablement estimer que les ostéopathes exclusifs versent chaque année 2 millions d’euros pour que leurs élus les représentent et fassent améliorer la réglementation de leur profession. Ramené au nombre d’adhérents cotisant, cela représente une cotisation moyenne de 460€, allant de 120€ pour certains à plus de 1000€ pour d’autres (doubles cotisants). Par extrapolation, depuis 2002, c’est peut être plus de 15 millions d’euros qui ont été versés à des associations professionnelles. Les résultats sont-ils à la hauteur de l’investissement ?