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L’invitée du blog : Marianne Montmartin

6 janvier 2011

Marianne Montmartin est ostéopathe.

Elle a été de 2003 à 2010 conseillère nationale du registre des ostéopathes de France et  présidente de 2009 à 2010.

Elle nous livre son point de vue de la situation actuelle du paysage ostéopathique

L’équilibre des structures


Nous savons tous que n’importe quelle forme d’équilibre est un mécanisme fragile. Depuis des années nos structures socio professionnelles se contentaient de cet équilibre entre elles, parfois vacillant mais finalement permettant à chacun de cohabiter. On était en présence de plusieurs associations, chacune ayant des missions bien spécifiques lui permettant de se différencier et justifier de son existence. Toutefois, le message est loin d’être aussi clair pour l’ostéopathe qui bien souvent, ne sait pas si il doit adhérer à telle ou telle structure et si oui, pourquoi et vers quel organisme il devrait se diriger. De cet équilibre maintenu pendant 30 ans, on assiste petit à petit, depuis quelques mois, à l’effondrement de l’édifice. Après une réunion qui aurait du être historique en décembre 2010, nous avons d’un côté plusieurs associations qui s’engagent, à travers une plateforme d’action concertées, à défendre l’exercice exclusif de l’ostéopathie ; et de l’autre, une association isolée par les autres, qui créée une fédération dont le dispositif est très complexe.

En effet, le projet qui avait été initié durant l’été 2010 entre le ROF et le SFDO avait pour objectif premier de créer et de fédérer les ostéopathes qui exercent exclusivement l’ostéopathie ; de rassembler les professionnels ayant en commun ce mode d’exercice. D’après ce que je pouvais entendre et ce que je peux également lire aujourd’hui, c’est ce que les professionnels réclament. Bien qu’ayant apporté des contributions pour le projet de la Fédération Française des Ostéopathes ; tel qu’il est organisé aujourd’hui, il ne correspond plus aux objectifs que je portais pour la profession en la dotant d’une représentation unique via cette structure. La défense de l’intérêt de la profession en regroupant tous les professionnels exerçant sous le même mode, me paraît incompatible avec le regroupement d’intérêts privés et/ou autres.

A moins que l’objectif non avoué ou non assumé soit de créer une structure de plus, fantoche, permettant à chacun de garder son fauteuil bien confortable. Il me semble indispensable et urgent d’avoir un organisme unique ayant suffisamment de poids en termes de nombre d’adhérents, identifiable comme la structure représentant les ostéopathes exclusifs.

Le problème de notre profession à l’heure actuelle, et très certainement la cause du manque de portée de nos actions, est que nos ne sommes pas identifiables. Nous, les ostéopathes exclusifs, qui sommes bien les détenteurs de cette pratique que certains essayent de s’approprier. C’est le monde à l’envers ! Nous ne sommes pas identifiables car désunis. Chaque association n’étant finalement qu’une contrefaçon d’une autre. Il est plus que temps de s’unir et de s’unir pour des bonnes raisons.

J’ai pour ma part été formée par des personnes que je qualifierais de phare dans notre profession. Des personnes qui n’ont pas hésité à partir à l’étranger se former et bien souvent revenir pour abandonner leur activité antérieure pour se consacrer alors uniquement à l’ostéopathie et pour certains à transmettre. J’ai eu la chance de ne pas avoir à faire trop de sacrifices, grâce à eux, mais je suis tout de même partie à l’étranger. De nos jours, il y a plus que suffisamment d’établissements de formation pour que de bons ostéopathes soient formés en France. Les premiers ostéopathes français peuvent être fiers de l’exemple qu’ils ont su  donner et de l’envie que cela a pu susciter.

Je me situe dans ce que j’appellerais une génération intermédiaire, celle qui est encore très liée avec l’histoire de notre profession. J’ai beaucoup d’admiration pour ceux qui ont affronté les procès et qui se sont battus pour la reconnaissance du titre d’ostéopathe. Les jeunes et futurs professionnels font face à d’autres enjeux. Le glissement de notre profession vers une profession de bien être et non une profession de Santé telle que nous la pratiquons tous, avec toutes les dérives qui peuvent s’y associer. Encore une fois nous faisons face à un risque identitaire. Dans la mesure où il me reste encore pas mal d’années à exercer, je me sens également menacée par ce risque.

Mon rôle de présidente du ROF, je l’avais alors abordé en tant que courroie de transmission entre ces deux générations de professionnels. Il fallait préparer le terrain pour que de jeunes professionnels puissent y faire pousser leurs idées. L’union, où toute forme de rapprochement des associations devenait alors un outil formidable, d’autant plus que beaucoup de conditions propices à cela étaient réunies. Il y avait des enjeux à court terme comme la publication des décrets de la loi de Juillet 2009, des enjeux à moyens termes comme les futures élections présidentielles et à plus long terme sur le lobbying concernant notre intégration au système de Santé. Alors oui, au mois de juillet j’ai pris la décision d’engager le ROF dans ce processus en signant un accord préalable avec le SFDO (qui serait ensuite proposé au SNOF) pour créer une union des organisations socioprofessionnelles. Cet accord étant valable qu’une fois ratifié par les Assemblées Générales. J’assume.

Ce que certains ont qualifié d’immaturité politique, et cela était bien facile, je leur réponds aujourd’hui qu’il s’agissait d’un vrai engagement à faire évoluer enfin notre profession vers ce que les adhérents et les ostéopathes demandent depuis très longtemps. C’est la première fois que deux présidents avaient eu le courage de le faire. Ensuite on a pu entendre également qu’il s’agissait d’une erreur stratégique que de ne pas avoir convié toutes les associations. Quand on prépare une action, on doit compter ses troupes. Certains savent de quoi je veux parler. Il est alors nécessaire de savoir qui est dans son camp.

J’entendais encore récemment un homme politique de gauche dire qu’en préparation des futures élections présidentielles, ils allaient tout d’abord rassembler les socialistes. Puis ouvrir vers le reste de la gauche. Pourquoi devrions nous fonctionner autrement ? Il fallait tout d’abord rassembler les exclusifs, ensuite on aurait pu ouvrir aux autres. Ca aussi, je l’assume. L’union, aujourd’hui n’est plus un outil mais un objectif pour nous jeter de la poudre aux yeux. On ne peut que s’étonner de voir des associations clamant haut et fort l’exclusivité de leurs membres signer un communiqué engageant chaque association signataire à la promotion de l’ostéopathie exclusive aux côtés d’autres associations qui n’ont pas dans leurs rangs  que des exclusifs. Quelles sont les motivations exactes de ces associations ? Ont-elles pris des engagements envers les autres pour tendre vers l’exclusivité en changeant leur mode de recrutement par exemple ? Voilà pourquoi nous ne sommes pas identifiables. Il y a de la place pour tout le monde mais il est temps de faire des choix et que chacun choisissent son identité ou celle qu’il veut défendre.

C’est ce que semble en ce moment perdre de vue les dirigeants de ces structures. Pourtant, contrairement à ce qu’ils pourraient penser, qui maintient cet équilibre entre ces structures ? Ce sont bien leurs adhérents et non pas eux. Le pouvoir c’est nous qui l’avons avec notre bulletin de vote et notre chèque de cotisation. Alors que tous essayent de nous convaincre via divers communiqués (communiqués qui mettent les adhérents devant le fait accompli sans demander l’aval des assemblées générales) du bien fondé pour l’intérêt collectif de leur projet, pendant ce temps là du côté du gouvernement on doit bien rigoler… Les Masseurs-kinésithérapeutes ont déjà commencé à s’organiser et comme je l’avais prévu, ils mettent déjà en avant leur statut de professionnel de santé comme valeur ajoutée.

Les exclusifs ont-ils commencé leur lobbying auprès du gouvernement récemment remanié ? Quelles seront ces actions concertées ? La prochaine réunion prévue le 19 février, soit 2 mois après la première, fait état du dynamisme et de la volonté d’agir de la plateforme.  C’est donc si confortable de croire que ça va marcher ? Est-ce que finalement nous ne sommes pas au bout du bout ? Est-ce que nous n’aurions pas atteint nos limites de fonctionnement ?  Les conditions ne seraient-elles pas réunies pour que nous ayons le courage de tout remettre à plat ?

C’est ce que j’avais essayé d’initier afin de transmettre une structure dynamique aux professionnels de demain. Cette forme de progressisme m’aura sans doute en partie couté la présidence. Mais peu importe, je pense que c’est reculer pour mieux sauter, car c’est inévitable, il y aura un mai 68 chez les ostéopathes. En attendant, ce conservatisme risque de nous coûter notre identité d’ostéopathes exclusifs et ça c’est bien plus grave. C’est grave pour les étudiants en cours de formation et non pas pour ceux qui dirigent nos associations à l’heure actuelle. En fin de carrière, que reste-t-il vraiment à protéger ? L’intérêt de la profession et des patients n’est-il pas au-dessus de tout ?

Voir également ici

Digest de la Fédération Française de l’Ostéopathie

28 décembre 2010

Le syndicat français des ostéopathes de France (SFDO) a offert comme cadeau de Noël, un projet pour fédérer les ostéopathes. Il a pour cela déposé les statuts de deux associations :

  • La « Fédération Française de l’Ostéopathie, Exclusivement Ostéopathe » voir ici
  • L’association « Usagers de soins et Déontologie des Ostéopathes exclusifs » (UDO) voir ici

Ce double projet est ambitieux en ce sens qu’il prévoit d’associer tous les acteurs concernés par l’exercice de l’ostéopathie. Il est également difficile à comprendre, en témoignent les trente cinq pages des statuts. Je vous propose une lecture condensée de ceux-ci afin de vous faire une première idée. Libre à chacun d’apporter son éclairage ou ses interrogations afin que les ostéopathes puissent se faire leur opinion.

La « Fédération Française de l’Ostéopathie (FFO), Exclusivement Ostéopathe » a pour objet de regrouper et de représenter des personnes morales, c’est à dire des collectifs de personnes regroupées sous des entités reconnues par la loi française. Elle ne fédère donc pas des individus en tant que tels mais des groupes d’individus organisés. Bien qu’il soit indiqué dans l’article 4 que « la FFO est composée de groupements professionnels ostéopathes français », elle souhaite également (article 2) « regrouper autour de valeurs communes  des organisations membres constituées principalement d’étudiants, d’établissements de formation ou de personnes physiques ». Appelons cela « la famille des ostéopathes exclusifs ». Je n’ai toutefois pas trouvé d’indications (ou pas compris) dans les statuts, la possibilité qu’auraient les étudiants ou les établissements de participer ou non, aux décisions de la FFO (bureau, assemblée générale). Faut-il comprendre que l’UNEO ou le SNESO puissent être des membres à part entière  ou seraient-ils uniquement des satellites de la FFO?

Son but est de rassembler ce qui existe déjà et qui est épars, pour mieux défendre et promouvoir les intérêts des ostéopathes exerçant à titre exclusif et surtout de les représenter de manière unitaire. Comme elle ne fédèrerait pas que des ostéopathes mais aussi des étudiants et des représentants des écoles qui ne sont pas obligatoirement des ostéopathes, elle ne porte plus le nom de fédération des ostéopathes mais celui de fédération de l’ostéopathie. Son esprit fédératif est donc plus large qu’une plateforme ou une fédération d’ASP d’ostéopathes. Cette fédération, telle qu’elle nous est présentée, est d’emblée une évolution par rapport à ce qui était envisagé cet été et à propos de quoi les adhérents du SFDO et du ROF étaient appelés à se prononcer en assemblée générale (plus d’info ici )

Pour certaines missions, les organisations membres de la FFO, se « rassemblent autour d’une autre entité » : l’association « Usagers de soins et Déontologie des Ostéopathes exclusifs » (UDO), représentée par son instance décisionnelle : le Haut Conseil de la Déontologie des Ostéopathes (HCDO). La notion de se « rassembler autour » laisse penser que le HCDO est la pièce centrale du système. Pour preuve, c’est lui qui soumet à l’approbation de la FFO, les ASP qui peuvent en faire partie. De plus, l’UDO est membre de droit de la FFO (article 4). L’UDO s’ajoute donc aux organisations de la fédération. La fédération sera donc toujours composée de n+1 entités mais il faudrait plutôt dire 1+n. (voir par la suite les rôles de l’UDO). Se pose alors une question de sémantique ou de géométrie. Comment se rassembler autour d’une de ses parties sans que cette partie fasse partie du tout ? C’est comme si l’UDO était à la fois noyau et électron.

La composante « n » de la FFO est constituée « de groupements professionnels ostéopathes français composés majoritairement de professionnels au statut administratif unique d’ostéopathe » (ADELI 00), « dont la formation spécifique en ostéopathie est au minimum égale ou équivalente à 4 200 heures ». Les organisations membres de la fédération s’engagent à mettre à disposition du HCDO, la liste de leurs membres. La FFO n’a donc pas vocation à accueillir tous les ostéopathes en exercice exclusif et souhaite développer un « label qualité –ostéopathe exclusif » – sur des critères de formation et d’exercice.

La FFO est financée à part égale par les organisations membres. Exemple : si la fédération est composée de 5 organisations, chacune d’elle finance la fédération sur ses fonts propres, à hauteur de 1/5. Elle est administrée par un bureau appelé conseil fédéral, composé de 2 à 9 membres obligatoirement affiliés au HCDO. Le Président du HCDO est membre de droit du conseil fédéral. Les autres membres du conseil fédéral sont des administrateurs élus par les assemblées générales des organisations constituant la fédération. Leur fonction est spécifique de représentant fédéral. Ils ne peuvent donc pas être également membre du conseil d’administration de leur syndicat ou association. Se pose la question de la représentativité au sein du bureau de la fédération, des personnes physiques qu’elle semble pourtant pouvoir accueillir.

Le conseil fédéral assure le bon fonctionnement de la fédération « sous la vigilance éthique et déontologique du HCDO » ; notion qu’il conviendrait de définir puisque le président du HCDO a un rôle uniquement consultatif ou de départage des votes au sein du conseil fédéral. Le conseil fédéral est investi des pouvoirs les plus étendus pour agir en son nom à l’exception des actes soumis à décision de l’assemblée générale (formulation classique des statuts des associations).  Les décisions internes au conseil fédéral sont prises à la majorité simple. Il semblerait donc qu’il faille l’assentiment de plus de la moitié des organisations pour agir.  Toutefois, il est indiqué par ailleurs que chaque représentant apporte le poids du nombre d’adhérents de son organisation, selon « la règle des millièmes ». Ces deux formulations se renvoient l’une à l’autre et introduisent une ambiguïté. Exemple : si la fédération est composée 5 organisations représentant 2000 personnes physiques. La majorité décisionnelle est-elle de 3 voix ou l’équivalent des voix de 1001 personnes physiques ?

  • Dans un cas, des associations minoritaires en représentativité de personnes physiques peuvent s’entendre et décider pour l’ensemble, quand bien même elles ne représentent pas 1001 ostéopathes.
  • Dans l’autre cas, si aucune association ne recense 1001 adhérents, les décisions devront obtenir l’accord d’une ou plusieurs associations qui représenteront au moins 1001 adhérents.  Mais si une association possède à elle seule 1001 adhérents, elle fait la pluie et le beau temps au sein de la fédération. Je n’ai pas trouvé dans les statuts une clause indiquant qu’une décision devait obtenir l’aval d’au moins X membres (organisations).

Le président représente la FFO dans tous les actes de la vie civile, politique et sociale. Il devient donc LE représentant des ostéopathes en exercice exclusif. Comme il ne peut pas être également président d’une organisation membre de la FFO, le choix DU président des ostéopathes exclusif risque de donner lieu à des batailles épiques…

Les assemblées générales comprennent tous les représentants des organisations membres de la fédération. Leurs missions et décisions sont celles classiquement dévolues aux assemblées générales. Ce ne sont donc pas les ostéopathes eux-mêmes qui interviennent lors de l’assemblée générale mais leur représentant, porteur de leur voix. Quid à nouveau des ostéopathes non adhérent d’une ASP ?

Voyons maintenant l’organisation de l’association «Usagers de soins et Déontologie des Ostéopathes exclusifs (UDO) ». Elle a pour objet de « représenter les intérêts des usagers de soins et les défenseurs d’une pratique dûment normée de la médecine complémentaire dite « l’ostéopathie » ». Elle rassemble des personnes physiques ou des personnes morales (organisations) :

  • Patients en tant qu’individus ou à travers leur organisation de patients.
  • Ostéopathes avec un n° ADELI 00, en tant qu’individus ou à travers leur organisation, qui s’obligent à respecter des règles éthiques et déontologiques.
  • Organisations de promotion identitaire de l’ostéopathie exclusive.

Les organisations membres doivent donc accepter le principe d’une vérification de leur liste de membres pour déterminer le nombre de personnes physiques susceptibles d’être régulièrement enregistrées par l’UDO. Ce qui semble déjà difficile à obtenir pour les ASP d’ostéopathes paraît improbable pour des associations d’usagers.

Les actions menées par l’UDO embrassent tous les domaines possibles. C’est le « faitout » de l’ostéopathie exclusive. Je ne citerai que les plus révélatrices :

  • communiquer sur le label qualitatif, identitaire et différencié porté par la fédération française des ostéopathes
  • dresser une liste de ses membres, la diffuser et communiquer à leur sujet
  • contribuer à travers la fédération française des ostéopathes à la promotion et la défense de l’ostéopathie exercée à titre exclusif ;
  • informer les usagers sur les obligations déontologiques encadrant l’exercice de l’ostéopathie exclusive
  • dialoguer avec des organisations appartenant ou non à la fédération française des ostéopathes dans le but de faire évoluer qualitativement les soins prodigués par les ostéopathes exclusifs ;
  • dialoguer avec les pouvoirs publics
  • émettre des avis et recommandations pour faire évoluer les pratiques professionnelles en vue de sécuriser l’exercice de la profession ;
  • collaborer avec les administrations, la justice, les organisations qui représentent les professionnels de santé
  • participer à l’évolution de la profession par le suivi d’études qualitatives et démographiques.
  • accompagner les ostéopathes exclusifs dans leur activité professionnelle ;
  • contribue à faire évoluer qualitativement les connaissances et pratiques professionnelles des ostéopathes exclusifs ;
  • réguler les pratiques professionnelles des ostéopathes exclusifs via un code d’éthique et de déontologie ;
  • veiller au respect, par les ostéopathes exclusifs, des fondements et principes inscrits dans le code  et de déontologie ;
  • participer à l’évaluation des pratiques professionnelles ;
  • arbitrer les différends entre membres ou entre membres et usagers.

Notons que l’association comprend également des membres représentatifs et des membres d’honneur qui participent aux travaux sans toutefois pouvoir voter lors des assemblées générales.

L’acquisition du statut de membre est subordonnée au versement d’une cotisation qui permet d’être inscrit dans le registre de l’association. Il semblerait donc que ce registre ne soit pas uniquement un annuaire de professionnels mais un who’s who de l’ostéopathie exclusive. Cette cotisation serait de :

  • 12 € pour les patients
  • 120€ pour les ostéopathes « non membre d’une ASP»
  • entre 8€ et 12€ (selon la taille de l’ASP) pour les membres d’une ASP adhérente de la FFO.

Ce différentiel de cotisation entre les ostéopathes non affiliés et les autres, s’explique par le fait que la FFO finance le HCDO au prorata du nombre de personnes physiques qu’elle « apporte ». On peut penser que chaque ASP de la FFO apportera 108€ par ostéopathe au HCDO.

Le bureau et le HCDO sont les instances fonctionnelles qui agissent et décident au nom de l’association. Le bureau a un rôle administratif classique d’une association. Le HCDO est la commission de réflexion et de discipline. C’est la tête pensante. Mais il ne peut être responsable en regard de la loi puisqu’il n’est pas le bureau.

Le bureau est composé de 2 à 6 membres obligatoirement membres de l’association. Elles ou ils peuvent donc être des patients, des ostéopathes et des représentants d’ASP (directeurs, enseignants, étudiants). Le bureau assure le bon fonctionnement de l’association sous la vigilance éthique et déontologique du HCDO. Notion qu’il conviendrait là aussi de définir puisque les membres du bureau sont également membres du HCDO. Le bureau est composé par :

  • Le président (qui semble-t-il est également président du HCDO. Si c’est le cas, cela règlerait la question de la responsabilité en regard de la loi)
  • un vice-président
  • un secrétaire général
  • un trésorier
  • un ou des administrateurs

Ils sont élus au scrutin secret par les membres présents ou représentés à l’assemblée générale. Le bureau est investi des pouvoirs les plus étendus pour agir au nom de l’association à l’exception des opérations soumises à décision de l’assemblée générale. Le président du HCDO siège de droit au conseil fédéral de la FFO. Son rôle est représentatif et consultatif. Toutefois, il peut s’associer de plein droit à toutes les actions de la vie civile, politique et sociale menées par le président de la FFO. J’imagine que c’est lui qui accompagnera le président de la FFO dans ses démarches avec les autorités de tutelle.

Tous les membres se rassemblent autour du HCDO, dont les actions visent à améliorer globalement et  durablement la pratique des soins ostéopathiques en France.  Le HCDO a pour missions :

  • de mettre à jour et d’appliquer l’éthique et la déontologie des ostéopathes exclusifs;
  • de défendre les intérêts des patients (qui sont autorisés à saisir le HCDO pour tout litige l’opposant à l’un de ses membres;
  • de contrôler les pratiques professionnelles et de leur évolution ;
  • de garantir et de promouvoir l’identité qualitative des ostéopathes exclusifs ;

Le HCDO définit donc les règles d’exercice, les bonnes pratiques et les faits appliquer. Il possède des missions de régulation et de conciliation en cas de litige avec un consommateur de soins, ou de différends entre professionnels. Enfin il communique. Il est composé des membres du bureau de l’UDO auxquels s’adjoignent les représentants des membres représentatifs. Au sein du HCDO, chaque organisation membre est porteuse d’une voix non proportionnelle au nombre de ses adhérents.  Les décisions sont prises à la majorité simple des membres présents ou représentés dans la limite d’un pouvoir par membre. En cas de partage, la voix du président du HCDO est prépondérante.  Se pose la question de la possibilité d’influer sur ses décisions lorsqu’on est un ostéopathe non adhérent d’une ASP.

Les assemblées générales comprennent tous les membres de l’association. Les résolutions de l’assemblée générale sont votées à la majorité absolue des membres présents ou représentés sur les questions mises à l’ordre du jour. Se pose la question de la représentativité des membres individuels. Le représentant d’une ASP ou d’une association d’usagers  porte-t-il le même nombre de voix qu’un patient ou un étudiant ou encore un ostéopathe non affilié à une ASP, membre de l’UDO ? Une personne physique peut-elle voter lors des assemblées générales ?

Afin d’illustrer mon projet, utilisons ce qui existe déjà et envisageons que tout le monde soit d’accord pour intégrer la FFO et l’UDO. Cela donnerait :

La FFO rassemble AFO, CNO, ROF, SFDO, SNOF, UFOF (la plateforme du 18 décembre) et peut être également le SNESO, l’UNEO …..L’UDO rassemble des :

  • Des patients en tant qu’individus ou à travers leur organisation comme par exemple Aujourd’hui Santé Ostéopathie. Voir ici
  • Des ostéopathes qui s’obligent à respecter des règles éthiques et déontologiques (n° ADELI 00 et 4200H de formation), en tant qu’individu (professionnels  non affiliés à une ASP ou professionnels dont l’ASP n’a pas rejoint la FFO) ou à travers leur organisation (AFO, CNO, ROF, SFDO, SNOF, UFOF).
  • Organisations de promotion identitaire de l’ostéopathie exclusive : par exemple l’Académie d’Ostéopathie de France et pourquoi pas, des syndicats de directeurs d’écoles d’ostéopathie, d’enseignants de l’ostéopathie, d’étudiants en ostéopathie si l’on entend la notion de promotion identitaire de l’ostéopathie au sens large.

Le HCDO serait un « ROF élargi » par l’intégration dans ses décisions, de patients, voire de directeurs d’écoles, d’enseignants et d’étudiants.

Malgré une étude attentive, le projet du SFDO m’apparaît toujours complexe. Correspond-il à ce qu’attendent les ostéopathes ? Quelle place est véritablement prévue pour les très nombreux ostéopathes qui à ce jour n’adhèrent à aucune ASP ? Ne leur propose-t-on pas de payer 120€ par an pour avoir le droit… de se taire et de subir en spectateurs les décisions prises par les ostéopathes adhérents d’une ASP. Il me semble nécessaire que le SFDO nous apporte de plus amples informations s’il souhaite que les ostéopathes adhèrent en masse à la FFO. Et pourquoi pas, reformuler le projet en ne proposant qu’une seule association plutôt que deux.

La tactique du colibri: Pierre Renaudeau

24 décembre 2010

Lorsqu’un évènement majeur se fait jour, il faut savoir poser son scepticisme d’avant-hier et ses doutes d’hier pour passer à la phase suivante : réagir, agir.

La création de la Fédération Française des Ostéopathes est cet évènement. Majeur à n’en pas douter car redouté par certains, nié par d’autre jusqu’au bout du mensonge, dans le vain espoir de voir perdurer la stabilité d’antan avec la prédominance de quelques-uns et le silence enfin retrouvé des « agités blogueurs de la rue opiniâtres itératifs » dérangeant les ASP.

Agir, vous le pouvez tous désormais en vous inscrivant à une structure qui va représenter tous les Ostéopathes, à laquelle sont conviées toutes les ASP, dont personne n’est exclu. Que rêver de mieux ? Peut-être trop beau ? Nous verrons bien !

Si vous prenez le temps d’examiner les conditions d’adhésion au syndicat initiateur (avec Mlle Montmartin et non pas quelque autre président que ce soit) du projet , vous pourrez constater comme moi le haut niveau d’exigence de qualité de ce syndicat de 1390 Ostéopathes dont 1380 exclusifs. Dans cette structure on vote en assemblée générale, à bulletins secrets, ce qui n’est pas hélas le cas de toutes les ASP, et le Président agit en fonction de la demande des adhérents. Il y a un comité surveillant le conseil national, un contre pouvoir. Que demander de plus comme qualité et comme éthique ?

Alors, vous les petits Ostéopathes de terrain, les colibris, vous pouvez maintenant agir. En adhérant bien sûr, au seul projet concret susceptible de sortir la Profession de l’ornière dans laquelle elle s’enfonce. (federation-osteopathie@laposte.net).  Mais aussi grâce à la stratégie du colibri. Un colibri qui apporte un brin de paille, cela fait un brin de paille. Sept mille colibris qui apportent un brin de paille, cela fait bientôt une meule.

Si chacun d’entre vous, qui consultez ce site, fait, comme moi, un courrier à tous les Ostéopathes de son département pour l’informer de la création de la FFO, avec les références au site pour en savoir plus, alors sept mille Ostéopathes seront informés qu’il se passe quelque chose de majeur et de nouveau. Et chacun, en son âme et conscience, fera ce qu’il a à faire. Je l’ai fait la semaine dernière, vous pouvez en faire autant sans problème. Pages jaunes, 20 à 30 enveloppes et le tour est joué. Le tour de l’information !

Car dans certaines ASP, la base n’a toujours pas été consultée pour ou contre la création d’une Fédération, et l’on y prétend même que le projet est abandonné. Le tour de la désinformation !

Merci à tous.

Pierre Renaudeau

Appel pour un « Grenelle de l’ostéopathie »

20 décembre 2010

Quatre Confrères, qui ont participé à la manifestation de 2007 organisée par l’union nationale des étudiants en ostéopathie et qui s’est terminée devant l’assemblée nationale (et pour certains au poste de police) nous communiquent leur analyse de la réunion de samedi dernier.

18 Décembre : Bilan mitigé d’une réunion attendue

La réunion du 18 décembre Ô combien attendue par une grande majorité des ostéopathes exclusifs vient-elle une nouvelle fois d’accoucher d’une souris ?

Il y avait bien longtemps que l’ensemble des associations d’ostéopathes ne s’était pas mis autour d’une même table. Plus de 48h après cette réunion, rien ne transpire, mis à part un communiqué laconique du Registre des Ostéopathes de France (ROF), évoquant une réunion « conviviale, confraternelle », mais aussi la rédaction d’« un communiqué commun », avec des objectifs et des orientations politiques dont le manque d’ambition n’a d’égal que la banalité des objectifs :

  • « promouvoir l’ostéopathie exclusive» ! Et nous qui pensions que c’était déjà le cas …
  • les signataires constatent la dérive démographique (…) et interpellent (…). Et alors ?
  • les signataires « sollicitent  d’être associés à la rédaction des décrets HPST du 21 juillet 2009 », quelle audace !
  • Etc.

En résumé, cela respire à plein nez l’engagement solennel à … ne rien faire de plus que s’engager à se revoir dans 2 mois pour de nouveau réfléchir. Il est sûr que si chaque réunion dure 2h30, il en faudra encore quelques unes pour définir des actions concrètes, ambitieuses, et répondant aux attentes des ostéopathes.

Pas un mot sur une Plateforme, pas un mot sur la Fédération Française des Ostéopathes (FFO), ou tout autre projet de nature à rassembler nos forces avant d’aller à la bataille !

Nous n’osons croire que certains puissent jouer la montre pour construire, à l’abri du regard de leurs mandants, des alliances qui reposeraient, non pas sur la recherche de l’intérêt général, mais sur de bas calculs. Le POF se meurt de rivalités et conflits strictement personnels entre présidents d’ASP.

Qu’attendions-nous de cette réunion ?

  • Une charte d’engagement de bonne conduite (engagement pris, engagement tenu), de transparence quant à l’exercice exclusif, de cohésion.
  • Un engagement réel de concertation et de construction d’un projet politique, de mise en commun de moyens humains et financiers pour notre profession.
  • Un débat sur la création d’une identité commune aux ostéopathes exclusifs et la mise en place d’une déontologie commune sous forme de fédération, plateforme ou autre !

En bref, du bon sens et de l’ambition pour la profession !

Aujourd’hui, à quoi assistons nous ?

  • A des communiqués non suivis d’effets.
  • A des échanges entre présidents, dont le niveau n’honore personne, et surtout pas la profession.
  • A des engagements jetables, qui contribuent à rompre la confiance entre les différents partenaires, mais aussi entre mandants et mandatés.

Pendant ce temps,  les problèmes restent.

Aujourd’hui, ne reproduisons pas les erreurs des années passées. La défense de notre identité d’ostéopathe exclusif passe par un projet fédérateur. Celui-ci avait été proposé par certains par le passé. Une nouvelle opportunité se présente.

Il est primordial de s’engager dans ce processus, et secondaire de savoir qui en a posé la première pierre.

S’il est nécessaire que chaque ASP puisse contribuer à construire les bases d’une structure commune, il n’est tout simplement pas possible qu’elle repose sur des sables mouvants … En l’espèce, seule la constance dans le discours et dans les actes sont susceptibles d’apporter de la stabilité dans les relations inter ASP.

Ce projet est une chance pour notre profession, rassemblons nous pour un véritable grenelle de l’ostéopathie et travaillons tous ensemble !

NB : Ce document a été adressé à l’ensemble des présidents des ASP. Nous communiquerons sur les réponses ou silences de ces derniers sur le site de Jean-Louis Boutin.

Thibaut Catel: ostéopathe D.O.  Past Président de l’UNEO

Romain Dargère: ostéopathe D.O. MROF Past Président & Secrétaire de l’UNEO

Grégory Landurier: ostéopathe D.O. MROF Ancien Webmaster Forum Osteo-Only

Sylvain Gnaho: ostéopathe D.O. Past Vice-Président du SFDO

Participez au sondage « Souhaitez-vous une fédération des ostéopathes ? » en cliquant ici

Pour consulter les résultats, cliquez: MARDI 21 DECEMBRE 2010

Pierre Renaudeau: « je commence à réfléchir à la façon dont je vais utiliser mon budget syndico-représentatif en 2011

20 décembre 2010

Confiant dans les personnes nous représentant, je, comme beaucoup d’entre nous, ne suis pas naïf. Nous, Ostéopathes de terrain, de la rue, n’avons pas les mêmes intérêts que nos représentants syndicaux. Notre carrière n’est pas la même et demain la façon dont se dérouleront les évènements du quotidien dépendront de nous essentiellement, à travers les votes qui détermineront nos représentants mais aussi à travers les actes et règlements financiers que nous choisirons d’accomplir.

Un petit exemple à une échelle plus grande : la France. Les Français votent et élisent des députés, des présidents de la République, etc. Ces personnes décident un certain nombre de choses qui vont s’imposer au quotidien aux Français. Mais il existe un contre pouvoir exercé quotidiennement par chacun d’entre nous et dont le nombre fait la puissance : il s’agit de l’endroit ou la façon dont chacun d’entre nous décide de dépenser son argent. Ainsi la population française a plébiscité par sa menue monnaie le système Leclerc. Aucune loi n’a été votée pour implanter des Leclerc partout mais il y  en a partout. C’est la puissance spontanée du nombre par le financement. De la même façon, les Français qui le souhaitent permettent l’existence d’AMAP, par l’apport de leurs règlements réguliers. Et au final, le système est très équilibré, par effet de concurrence entre public et privé, comme dans le système hospitalier public et privé. Ce que ne peuvent réaliser l’imposition de lois coercitives, l’émulation le réalise.

Alors, aujourd’hui, nous, Ostéopathes, sommes à l’aube d’un système fédératif qui conservera nos chers élus, mais leur opposera un pouvoir différent, porté par la cotisation de chacun d’entre nous, qui entraînera la dynamique d’organisation vers le haut. Ce que ne proposera pas ou n’entendra pas le « groupe de déclaration commune », la Fédération l’épluchera, consultera la base et réalisera quelque chose de différent, pour avancer.

La situation bizarre actuelle est sans doute due à un manque d’attention de certains de nos dirigeants syndicaux qui commettent une erreur de conception. Ce ne sont pas les syndicats qui font vivre la profession d’Ostéopathes, mais les Ostéopathes qui font vivre les syndicats, et chaque Ostéopathe est un apport, un pied de soutien de ces mille pattes que sont les syndicats. Leur force vient uniquement de nous, et de notre soutien financier, et de rien d’autre.

Si demain, un syndicat est vidé des deux tiers de ses adhérents, il n’est plus grand-chose, et plus personne ne l’écoutera ni ne le recevra. Si demain, les deux mille personnes Ostéopathes qui ont voté pour la Fédération (c’est le projet initial) adhèrent à cette structure, elle sera puissante, nouvelle et efficace.

J’ai personnellement été extrêmement choqué d’avoir voté pour un projet et de m’en être vu dissimuler les résultats de scrutin, mais j’accorde toujours ma confiance à mon Président, car il a été démocratiquement élu, et l’idée du Registre est un concept essentiel et ancien qu’il faut défendre à tout prix pour la Profession. J’ai donc ré adhéré, mais je pose des questions. Et j’attends, comme chacun d’entre nous, des réponses.

Je suis conscient également des résultats remportés par l’action judiciaire de mon syndicat, mais je vois bien que ne plus être reçu au ministère constitue un handicap majeur, et qu’il conviendrait maintenant d’associer les autres syndicats à ces actions, pour être plus crédibles, plus influents. Mais je garde confiance en mon Président, bien que je pense qu’il est temps de revenir à des consultations de la base pour décider ce qui doit être entrepris, afin d’éliminer ce climat de méfiance. Nous n’avons pas été consultés, en mon syndicat, sur la question de la Fédération.

J’ai questionné mes deux présidences sur l’opportunité d’appartenir à la Fédération. J’engage chacun d’entre vous à en faire autant auprès de son responsable syndical, en leur adressant par écrit la simple question : « Quand y adhérons-nous ? » Il y a tellement à faire.

Au final, le double système peut être beaucoup plus intéressant et efficace que l’ancien qui montre actuellement ses dangereuses limites pour la Profession. Entre les syndicats et la Fédération l’émulation fera ce que ne réalisent pas les partis-pris actuels. Et la demande sans équivoque de deux mille Ostéopathes ne peut être ignorée.

Il reste à attendre le projet finalisé de cette structure et à exiger avant toute adhésion que les responsables élus ne soient membres d’aucune autre structure syndicale, associative ou d’enseignement. Et parlez-en autour de vous, nous sommes très nombreux et l’avenir est juste là, devant nous. Comme vous tous, je commence à réfléchir à la façon dont je vais utiliser mon budget « syndico-représentatif » en 2011.

Amicalement et Confraternellement.

PIERRE  RENAUDEAU  D.O  M.R.O.F  et adhérent du S.N.O.F

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Une fédération d’ostéopathes n’intéresse pas les bureaux des ASP

19 décembre 2010

La réunion qui s’est tenue à Nîmes le 18 décembre entre les six associations socio-professionnelles d’ostéopathes s’est conclue par des engagements à travailler ensemble mais surtout pas sur un projet concret de fédération. Un communiqué commun, une lettre au ministre de la santé, une nouvelle réunion dans deux mois… Bref, que de l’habituel. Les historiens du paysage ostéopathique français pourront ressortir de multiples communiqués identiques signés en 2006, en 2002, en 2001… et bien avant encore. On sait ce qu’il est advenu ensuite de tels engagements ! Si nos représentants pensent que cela est susceptible de satisfaire les professionnels…

Il devient plus que nécessaire de leur faire remonter un message massif. Pour cela, participez au sondage « Souhaitez-vous une fédération des ostéopathes ? » en cliquant ici

Consultez les résultats ici: DIMANCHE 19 DECEMBRE 2010

L’AFO et le SNOF saisissent le Conseil d’Etat

17 décembre 2010

L’association française d’ostéopathie (AFO) et le syndicat national des ostéopathes de France (SNOF) soutiennent « que le titre d’ostéopathe ayant été créé par l’article 75 de la loi du 4 mars 2002, son usage doit être réservé au profit des personnes exerçant la profession d’ostéopathe à titre exclusif ». Ces deux syndicats estiment en conséquence que les articles 4, 5 et 14 du décret relatif  aux actes et aux conditions d’exercice de l’ostéopathie (voir ici ) et l’article 4 du décret relatif à la formation des ostéopathes et à l’agrément des établissements de formation (voir ici ) ne sont pas conformes à la loi. Ils en ont demandé l’annulation au ministre de la santé qui a rejeté leur demande fin novembre. Ils se tournent maintenant vers le Conseil d’Etat et ont déposé hier, un recours pour excès de pouvoir, contre monsieur le Premier Ministre, pour demander l’abrogation de ces articles.

L’article 4 du premier décret détermine les personnes qui peuvent se prévaloir de l’usage professionnel du titre d’ostéopathe, créant ainsi cinq professions à qui l’usage est réservé :  médecins, sages-femmes, masseurs-kinésithérapeutes, infirmiers et ostéopathes.

Les articles 5 et 14 introduisent des distinctions entre les professionnels de santé et les ostéopathes quant aux diplômes obtenus qu’ils doivent produire lors de leur enregistrement auprès des services de l’Etat et afficher sur leur plaque et documents professionnels.

L’article 4 du second décret organise les règles de la formation professionnelle continue de ces praticiens, règles différentes selon qu’on est médecins ou non.

L’AFO et le SNOF défendent que le titre d’ostéopathe est un titre réservé et non un titre partagé. Le partage ne serait pas une volonté du Législateur mais celle du ministre de la santé de 2007 qui aurait méconnu la loi. Charme des remaniements, le ministre de la santé attaqué aujourd’hui, est le même que celui qui signa les décrets en 2007.

Ces deux syndicats développent leurs arguments de la manière suivante :

1) La loi de 2002 ne concerne pas les médecins

  • Le Conseil d’Etat considère depuis un jugement de septembre 2010 que « les dispositions de l’article 75 de la loi du 4 mars 2002 (voir ici ) , éclairées par les travaux parlementaires ayant conduit à leur adoption, avaient pour objet exclusif de régir la situation des personnes exerçant, ou ayant l’intention d’exercer, la profession d’ostéopathe à titre exclusif, et non de celles ayant par ailleurs la qualité de médecin » (voir ici )
  • L’article 2 de l’arrêté du 6 janvier 1962 habilitait déjà les médecins à pratiquer « tous traitements dits d’ostéopathie » (voir ici ) dès lors qu’ils étaient titulaires d’un diplômes de médecine manuelle-ostéopathie reconnu par leur conseil de l’ordre.

2) Le même raisonnement peut s’appliquer aux masseurs-kinésitérapeutes. L’article 75 ne les concernerait pas.

  • Selon une jurisprudence du Conseil d’Etat de juillet 2004, les masseurs-kinésithérapeutes pouvaient avant la loi de 2002, sous certaines conditions, notamment celle d’exercer sous un statut de masseur-kinésithérapeute, pratiquer certains actes d’ostéopathie, à savoir les mobilisations n’impliquant pas de manœuvres de force. (voir ici ).
  • L’article 75 n’a pas prévu de modifier le décret de compétence des masseurs-kinésithérapeutes.
  • L’ordre des masseurs-kinésithérapeutes n’a pas demandé une modification en ce sens du décret de compétences des masseurs-kinésithérapeutes.

3) L’article 75 ne prévoit pas explicitement d’octroyer la pratique de l’ostéopathie aux sages-femmes et aux infirmiers (ce que le décret prévoit).

4) Les ostéopathes en exercice exclusif, nonobstant l’absence de tout cadre réglementaire, pratiquaient des actes d’ostéopathie avant le 4 mars 2002. De multiples jurisprudences administratives ont estimé que ces actes n’étaient pas de nature différentes de ceux pratiqués par des médecins et qu’ils « étaient d’une qualité équivalente à ceux (…) effectués par un médecin ». Voir par exemple ici .

L’AFO et le SNOF concluent que puisque :

  • les médecins étaient autorisés avant la loi, à pratiquer tous les actes d’ostéopathie dans le cadre de leur exercice de médecin
  • les masseurs-kinésithérapeutes étaient autorisés avant la loi, à pratiquer certains actes d’ostéopathie dans le cadre de leur exercice de masseur-kinésithérapeute (donc sur prescription médicale puisque ce sont des auxiliaires médicaux)
  • la loi de 2002 n’a pas prévu d’autoriser l’usage professionnel de l’ostéopathie aux sages-femmes et aux infirmiers

Le titre professionnel prévu par l’article 75 de la loi de 2002 concerne uniquement les ostéopathes non professionnels de santé, c’est à dire ceux qui n’étaient pas autorisés à pratiquer des actes d’ostéopathie et qui sont désormais inscrits au fichier de l’ADELI sous un code professionnel 00.

Quelle que soit la décision du Conseil d’Etat, cette initiative permettra de clarifier la situation. Il n’y aura plus d’interprétations différentes possibles. Si le Conseil d’Etat estime que la réglementation actuelle est conforme à la volonté du Législateur, nous devrons nous adapter et vivre avec un titre partagé entre cinq statuts professionnels. A l’inverse, s’il estime qu’effectivement, la loi avait pour unique objet de donner un cadre légal aux personnes qui exerçaient dans l’illégalité, nous nous retrouverons dans une situation d’exercice semblable à celle d’avant la loi:

  • Des ostéopathes qui exercent l’ostéopathie, mais dans un cadre réglementaire conforme au décret relatif  aux actes et aux conditions d’exercice de l’ostéopathie, c’est à dire « des manipulations ayant pour seul but de prévenir ou de remédier à des troubles fonctionnels du corps humain, à l’exclusion des pathologies organiques qui nécessitent une intervention thérapeutique, médicale, chirurgicale, médicamenteuse ou par agents physiques. Ces manipulations sont musculo-squelettiques et myo-fasciales, exclusivement manuelles et externes. Ils ne peuvent agir lorsqu’il existe des symptômes justifiant des examens paracliniquesPour la prise en charge de ces troubles fonctionnels, l’ostéopathe effectue des actes de manipulations et mobilisations non instrumentales, directes et indirectes, non forcées, dans le respect des recommandations de bonnes pratiques établies par la Haute Autorité de santé.. »
  • Des médecins de médecine manuelle qui pratiquent tous les actes d’ostéopathie avec la compétence d’intervention pleine et entière que leur confèrent leur diplôme de médecin et médecine manuelle-ostéopathie.
  • Des masseurs-kinésithérapeutes qui pratiquent des mobilisations, sur prescription médicale, dans le cadre de leur décret de compétence.

L’invité du blog: Philippe Sterlingot

15 décembre 2010

Philippe Sterlingot est ostéopathe et président du syndicat français des ostéopathes (SFDO) depuis 2002. Il est l’initiateur avec Marianne Montmartin, ancienne présidente du registre des ostéopathes de France d’une fédération des ostéopathes. Après avoir présenté son projet de fédération française des ostéopathes (FFO), il nous livre ses interrogations à quelques jours de la réunion du 18 décembre à Nîmes.

De l’intérêt d’une participation à la réunion du 18 décembre

Monsieur Guy VILLEMAIN, Président du ROF, a signifié explicitement au Conseil d’Administration du SFDO par un courriel en date du 15 décembre son refus de mettre à l’ordre du jour de la réunion du 18 décembre :

Le préambule :

  • la présence d’un médiateur/observateur neutre et impartial (non ostéopathe) ;
  • la transparence quant à la composition des organisations présentes ;
  • la participation uniquement d’administrateurs élus  ;
  • un engagement sincère et véritable qu’aucune alliance parallèle préalable n’existe entre les participants à la réunion.

Pour le préambule, les raisons invoquées par Monsieur VILLEMAIN sont les suivantes « […] préalables quelque peu pesants pour une rencontre confraternelle de première intention […]. »

Les points suivants :

  • le projet de fédération qui semble pourtant répondre aux attentes des ostéopathes ;
  • les contributions potentielles du Syndicat Français Des Ostéopathes à une stratégie commune nationale et européenne.

Pour ces points, Monsieur VILLEMAIN argue que « […] nous vous proposons bien volontiers d’intégrer les thèmes supplémentaires que vous jugerez utiles dans les questions diverses […]. »

Les 5 aspects importants qui ressortent de cette déclaration prétendue commune à l’AFO, ROF, SNOF et UFOF sont :

  • Le refus d’entendre la volonté des ostéopathes de  « la rue » (cf. propos de M. de Lagausie sur le blog de Pascal Javerliat – voir ici ) ;
  • Le rejet de tout principe de transparence ;
  • Le déni du respect mutuel ;
  • L’officialisation d’une entente préalable entre ces organisations au détriment du SFDO, (confirmée incidemment par Christopher Fleischner sur le blog de Pascal Javerliat – voir ici ).

Dans ce contexte, le Conseil d’Administration du SFDO s’interroge sur la place qui lui sera laissée pour exprimer le 18 décembre les attentes des ostéopathes du SFDO.

A cette fin et dans un souci de transparence, le Conseil d’Administration demande à Monsieur Pascal Javerliat de mettre en place un référendum pour connaître d’une manière objective et transparente la volonté des ostéopathes quant à une présence des représentants du SFDO à une réunion qui s’annonce d’ores et déjà comme biaisée.

Le Conseil d’administration du SFDO ne mandatera ainsi des représentants que si les ostéopathes s’expriment expressément en ce sens.

Mais en tout état de cause, le Conseil d’Administration du SFDO avait fait le choix d’être représenté significativement à la réunion régionale commune de Rennes pour laquelle se seront mobilisés, nous en sommes persuadés, un maximum d’ostéopathes.

Le Conseil d’Administration du SFDO

Pour participer au référendum, cliquez ici

Pour consulter les résultats, cliquez: VENDREDI 17 DECEMBRE 2010

Souhaitez vous une fédération des ostéopathes ?

13 décembre 2010

Le syndicat français des ostéopathes (SFDO) vient de porter son projet de fédération des ostéopathes à la connaissance des professionnels.

Laissons de côté pour l’instant la forme que pourrait revêtir cette fédération, les objectifs qu’elle pourrait poursuivre, son coût financier. Ne cherchons pas à savoir non plus qui serait à la tête de celle-ci. Focalisons-nous uniquement sur la vision de fédération et son point faible actuel qui est qu’elle est proposée par une seule association, le SFDO.

Immanquablement, les autres associations vont considérer cette initiative comme un coup de force, à quelques jours de la réunion du 18 décembre qui doit voir se réunir, l’ensemble de celles-ci. Philippe Sterlingot est cependant légitime à proposer cela puisque ses adhérents le lui ont demandé en assemblée générale. Il l’est également puisque le ROF a rompu unilatéralement ses engagements initiaux, quand bien même ce projet de fédération a été voté en assemblée générale. Plus d’info ici.

Afin que ce nième projet ne se solde pas à nouveau par un échec et que cette fédération ne soit pas une septième structure au sein du paysage ostéopathique français (POF), il est nécessaire que les bureaux respectifs des six associations actuelles aient conscience des souhaits de leurs adhérents et également de ceux des personnes qui n’adhèrent à aucune d’elles.

Si suffisamment de professionnels indiquent qu’ils souhaitent une fédération, les bureaux devront la rejoindre, sinon, ils risquent de voir leurs adhérents rejoindre cette fédération à titre individuel et quitter « la maison mère ».

C’est dans ce but que je vous propose de répondre à ce questionnaire. Plus nous serons nombreux à y répondre, plus nos représentants sauront quelle voie prendre. Si une majorité dit non, le POF demeurera ce qu’il est. Si une majorité dit oui, il sera alors temps de pousser un peu plus la réflexion et décider si ce que nous propose le SFDO est conforme à nos souhaits.

Laissons au moins une chance au produit !

Pour répondre au questionnaire, cliquez ici

Merci de veiller à ne pas voter plusieurs fois. En cas de votes multiples avec le même n° ADELI, un seul vote (le premier) est pris en considération. Les votes associés à un n° ADELI incomplets ou farfelus ne sont pas comptabilisés.

Pour consulter les résultats, cliquez: MARDI 21 DECEMBRE 2010

Britain’s Top Doctors

13 décembre 2010

Le journal britannique « The Times » a publié le 13 novembre dernier une étude intitulée « Britain’s Top Doctors ». C’est en constatant qu’il n’existait pas au Royaume-Uni de liste des chefs de fil des différentes spécialités médicales et qu’il n’en existerait surement jamais, que le Times a décidé d’en réaliser une, afin de mieux informer le public.

Durant six mois, les enquêteurs du Times ont interrogé les organismes de bienfaisance, les spécialistes, les corps professionnels et les associations. Il ont constaté que, bien que chaque institution ait établi des listes différentes, certains noms ressortaient néanmoins à chaque fois. Ce sont ces spécialistes que le Times a recommandés.

Bien entendu, le journal s’empresse de rappeler que ce n’est pas parce qu’une personne n’apparaît dans la « top list »  qu’elle est de niveau inférieur et que très certainement, elle y figurera prochainement. Cette formule rappellera des souvenirs à tous ceux qui ont échoué à des examens au Royaume-Uni…

Parmi les différentes catégories analysées, on retrouve celle des praticiens de médecine alternative dont l’ostéopathie. Les quatre « meilleurs » ostéopathes britanniques seraient :

  • Mathew Cousins : président de la British Osteopathic Association
  • Stuart Korth : cofondateur et directeur de la foundation for pediatric osteopathy
  • Bryan McIlwraith qui a consacré des années à la recherche des effets de la conduite automobile sur le squelette et
  • Renzo Molinari, que les ostéopathes français connaissent bien et pour cause, puisqu’il est lui même de nationalité française. Selon le Times, il est « un des chefs de file de l’ostéopathie en Europe et expert dans le traitement ostéopathique des femme enceintes ou ayant accouché. Ancien directeur de l’Ecole Européenne d’Ostéopathie de Maidstone, il a développé l’enseignement de la clinique obstétrique dans cet établissement, mis en place l’European Academic Network et cofondé la World Osteopathic Health Organisation. »