Deux actualités du monde ostéopathique, a priori sans rapport, nous amènent cependant à réfléchir sur l’avenir de notre profession.
La première est le décès de notre confrère Bernard Le Balch. Je n’ai pas eu la chance de le connaître mais ses amis, nombreux au demeurant, l’ont tous décrit comme un ostéopathe qui n’a jamais accepté de transiger lorsqu’il s’agissait de défendre les principes de l’ostéopathie. Comme de nombreux confrères de cette génération, il a dû à la fois promouvoir notre art auprès du public, l’enseigner aux plus jeunes ; deux sources potentielles de conflit avec les autorités de tutelles ou les sociétés savantes.
La seconde est la communication du ATMAN training center, qui propose aux ostéopathes, de découvrir, au sein du centre d’ostéopathie ATMAN « les nouvelles techniques anti-aging » ou « des appareils de champs magnétiques et ultrasons ». Bien que cette « société à responsabilité limitée de formation continue d’adultes » soit juridiquement indépendante de l’établissement de formation initiale à l’ostéopathie ATMAN, on peut s’étonner de cette proposition de rencontrer des « conseillers en diversification » pour améliorer notre compétence en ostéopathie.
Quelle image auprès du public cela peut-il donner ? Comment les étudiants d’ATMAN vont-ils interpréter cette démarche sachant que le décret relatif aux actes et aux conditions d’exercice de l’ostéopathie stipule que « les praticiens justifiant d’un titre d’ostéopathe sont autorisés à pratiquer des manipulations (…) exclusivement manuelles ». (voir ici ) On savait depuis quelques mois, que cet établissement voulait redéfinir l’ostéopathie puisque sur son site internet, on peut entendre l’interview de son directeur dans laquelle il dit : « nous, ce qu’on cherche, c’est enlever l’image du mot ostéopathie. Parce que, quand on dit ostéopathie, on pense à l’os et on pense au cracking mais c’est finit ça ». ( voir ici )
Dans un contexte difficile pour les ostéopathes uniquement titulaires du titre d’ostéopathe, afficher une telle image de la profession est tendre le bâton pour se faire battre. Quelle crédibilité auront nos représentants lorsqu’il s’agira de déterminer le contenu de la formation conforme aux nouvelles dispositions de la loi de juillet 2009 (volume horaire porté à 3520 heures minimum) Voir ici . Nous attendons une mise au point sans ambiguïté du réseau national de l’enseignement supérieur en ostéopathie dont ATMAN est signataire de la convention qui lie ces établissements. voir ici
Il est significatif de constater que certains aimeraient que notre profession verse dans le bien être plutôt que de s’ancrer définitivement dans le champ de la santé. Les contraintes seraient moindres et les bénéfices plus grands. Nos prédécesseurs ont toujours voulu inscrire l’ostéopathie dans le champ de la médecine (voir article en pièce jointe sur la photo duquel vous apercevrez la barbe blanche de B. Le Balch Nice matin octobre 75). La Présidente du ROF, Marianne Montmartin nous avait pourtant mis en garde au mois de juillet. voir ici. Cela explique en partie son éviction de la présidence du ROF car elle non plus, à l’instar des ostéopathes de ces années là, ne transige pas sur les principes de l’ostéopathie.
Faudra-t-il se résoudre à voir les adeptes du bien être et des techniques ostéopathiques douces devenir majoritaires en France ?

