Le registre des ostéopathes de France (ROF) et le syndicat français des ostéopathes (SFDO) s’engagent dans la voie de la raison en unissant leurs forces (en attendant, espérons le, que le syndicat national des ostéopathes de France les rejoigne). Cette décision sera proposée au vote des adhérents lors des assemblées générales respectives des deux associations.
Par la voix de Philippe Sterlingot, le SFDO indique que : « « cette union, (…) permettrait enfin la rédaction d’une déontologie commune, dès lors opposable à une partie très significative de notre profession. Pour le ROF, en la personne de Marianne Montmartin, cette union : « outre une prise de parole unifiée, contribuerait également à mutualiser et optimiser de nombreux moyens et actions (…) ainsi que la communication vis-à-vis du public. » Le ROF ne propose donc pas de partager une déontologie commune avec le SFDO (puis le SNOF).
Y aurait-il une réticence de la part du ROF à unir sa déontologie avec d’autres ou bien les règles d’exercice préconisées seraient-elles si dissemblables, qu’aucune unité ne soit possible ? S’il n’est pas possible de répondre à la première question sans avoir consulté le bureau du ROF et ses adhérents, on peut ouvrir le débat en tentant de répondre à la deuxième question.
Quels sont les grands principes déontologiques sur lesquels le ROF et le SFDO ont fondé, pour le premier son code de déontologie, pour le second, son guide des principes déontologiques ?
- L’identité professionnelle
- Les droits des patients
- La qualité des soins
- L’exercice de la profession
- Les devoirs envers les patients
- La collaboration entre professionnels
La plupart de ces principes sont soit imposés par la loi (ex : loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé) soit motivés par l’éthique des soins à la personne. Dès lors, qu’est ce qui pourrait bien justifier une telle réticence de la part du ROF ? Pas besoin d’être grand sorcier pour le comprendre. La déontologie correspond au cœur de la mission de ROF. C’est en quelque sorte son pré carré. La crainte de voir diluer son identité dans une structure tripolaire se conçoit. Pour autant, nul ne remet en cause son expérience en la matière. Dès lors, pourquoi le ROF ne pourrait-il pas faire partager cette expérience ? Les ostéopathes peuvent-ils se le permettre. ?
Faudrait-il garder des œillères et continuer de croire que, puisqu’un millier d’ostéopathes ont signé un engagement à respecter un code de déontologie, cette déontologie s’impose à tous ? Des exemples récents nous ont montré que ce n’était pas le cas. Un adhérent mécontent de se faire sanctionner préfère quitter le ROF et rejoindre une autre association, plutôt que d’accepter une mesure disciplinaire qui le stigmatiserait aux yeux de ses pairs.
Pour le bien de la profession et surtout des patients, ne serait-il pas souhaitable qu’un groupe de 2500 professionnels s’accordent sur des règles et des procédures disciplinaires ? La masse critique ainsi atteinte leur permettait d’être opposables. Cela ne semble pas irréaliste. Nous en voulons pour preuve la charte (qui est en fait un mini code de déontologie qui n’ose pas dire son nom) signée par le ROF, le SFDO (et l’UFOF). Celle-ci a été élaborée pour définir les relations entre les ostéopathes et les adhérents de l’Union du Groupe Initiatives Mutuelles. (voir ici ) Ce qui n’a pas posé de problème particulier vis à vis des patients de ces mutuelles serait-il insurmontable lorsqu’il s’agit de l’élargir à tous les patients ?
A trop craindre de disparaître, les plus septiques du ROF risquent de se discréditer mais surtout de discréditer l’association elle-même. On peut comprendre les craintes. La réciproque existe certainement chez certains adhérents du SFDO ? N’ont-ils pas peurs de perdre leur identité syndicale ? Ce pour quoi ils se battent depuis des années et qui a justifié selon eux, de ne pas adhérer au ROF ?
Pensons avant tout à la profession et aux patients et faisons confiance aux membres des bureaux respectifs pour déterminer un mode de fonctionnement qui préserve chaque entité et prévienne le phagocytage plutôt que de leur faire un procès (de mauvaises ) intentions.
