Articles Taggés ‘SNESO’

Le ROF de plus en plus marginalisé

6 décembre 2010

Le 3 décembre 2010 s’est tenue une réunion d’élaboration du référentiel formation ostéopathe (RFO). Le RFO a été initié à l’automne 2009 par le syndicat national de l’enseignement supérieur en ostéopathie (SNESO) qui regroupe huit établissements de formation initiale (ATMAN Nice, CEESO Paris,  CEESO Lyon,  CIDO Saint-Étienne, COP Marseille, ESO Marne la Vallée, IDHEO Nantes, ISO Lyon). Des représentants des professionnels et des étudiants ont été conviés à apporter leur expertise propre : ce sont le le R.O.F., le SFDO, le SNOF, l’UFOF et l’UNEO.

L’objectif de ce référentiel est « de mettre en accord les compétences attendues de tout ostéopathe, avec la formation proposée par les établissements. La commission propose dans ce document un format commun à tous les établissements, de formation et de validation des modules (connaissances et compétences) ». Plus d’info ici. Le SNOF et l’UFOF ont depuis quitté la table des travaux.

C’est maintenant le ROF qui s’est vu signifié qu’il était persona non grata en raison de sa récente prise de position. Le ROF a en effet signé un communiqué commun avec l’AFO et le SNOF, dans lequel ces organisations souhaitaient que je les représente  « dans le cadre de la négociation des décrets prévus par l’article 64 II de la loi n° 2009-879 du 21 juillet 2009 » avec pour objectifs d’obtenir, entre autres : « la publication également d’un référentiel de formation du métier d’ostéopathe, document dont la spécificité a été reconnue par le Conseil d’Etat dans sa décision du 21 juillet 2009. » plus d’info ici

Le nouveau président du ROF, qui remplaçait à cette réunion, Yves Tricot démissionnaire du bureau du ROF, semble s’étonner de la position du SNESO. Plus d’info ici

Comment pourrait-il en être autrement alors que depuis l’assemblée générale du ROF d’octobre 2010, il ne cesse d’entretenir un discours ambigu vis à vis des engagements pris ces dernières années :

  • Dans une information adressée aux adhérents du ROF après l’assemblée générale, il nous livre a posteriori sa politique pour l’année en cours. Il ne fait référence ni aux travaux du RFO, ni au SNESO alors qu’aujourd’hui, il estime être « intimement persuadés que notre requête de référentiel formation, auprès du Ministère de la Santé, suscitera une réponse évidente de la profession par notre RFO. » Plus d’info ici. Pourquoi ne l’a-t-il pas dit le jour de l’assemblée générale?
  • Sur le forum du ROF, le conseil national n’a cessé de prendre ses distances avec le SNESO. Il nous indique que « L’axe politique actuel prévoit le maintien du travail de mise en place de la plateforme avec le respect de l’intégrité de chaque association, ce qui veut dire que nous n’arrêtons pas les travaux de rapprochement avec le SFDO. Au cours du forum il est apparu que beaucoup d’adhérents refusaient d’une part le point 2 de l’accord préalable qui incluait le SNESO ». « Qui plus est, je vous rappelle que le point 2 de l’accord préalable, à savoir la présence du SNESO, a fortement déplu à bon nombre d’adhérents et risque de mettre le vote de cet accord en péril, tout du moins auprès de nos membres ».

Il n’est pas difficile de comprendre que le nouveau président du ROF avait besoin de rompre avec les projet envisagés initialement, pour asseoir une légitimité à ce poste. Comment sinon justifier qu’il ait demandé la présidence à la place de Marianne Montmartin, si ce n’est pour des raisons de personnes. Il fallait mettre en avant un danger pour le ROF dont l’ancienne présidente aurait été à l’origine. Le seul point de clivage qui pouvait être mis en avant était les relations avec le SNESO. SNESO dont on acceptait la collaboration depuis 2009 au sein du référentiel formation ostéopathe mais dont on ne voulait plus entendre parler pour d’autres projets.

La position du SNESO, si elle n’est pas constructive, est parfaitement légitime. Comment accepter un partenaire qui d’un côté, travaille au sein du RFO et d’un autre côté, décide unilatéralement sans prévenir, de travailler sur un projet similaire avec des partenaire qui n’en font pas partie ou ont quitté le RFO. Le double discours a ses limites. Le ROF commence à les entrevoir. Il est aisé de faire porter à l’autre la charge de la division et de se faire passer pour la victime. La réalité est que le ROF ne propose plus depuis l’AG une politique suffisamment claire pour demeurer un partenaire crédible. Revendiquer vouloir être « un point d’équilibre central au milieu des divergences des associations et des attentes des ostéopathes » quand les ostéopathes demandent une union des associations, continue d’entretenir le doute sur l’objectif réellement recherché. Chacun sait qu’à travers l’union, les associations perdront une partie de leur représentativité. Où est le problème si c’est pour le bien de la profession ?

Dans le contexte actuel, espérer que le ROF soit l’association qui fédèrera tout les ostéopathes est voué à l’échec. Les acrimonies sont trop prégnantes et les adhérents du ROF votent d’année en année, des critères de plus en plus restrictifs pour adhérer. On demande alors au conseil national du ROF de poursuivre deux objectifs incompatibles : fédérer et stigmatiser. Si le ROF veut rester une association d’ostéopathes « haut de gamme », il faut qu’il l’assume. Il ne pourra pas alors entretenir des relations avec toutes les écoles parce que certaines forment moins bien que d’autres et en conséquence, ne pourra pas accueillir tous les professionnels, ni leur proposer une déontologie. Il lui faudra faire le choix entre pages jaunes et guide Michelin.

Les conclusions de la réunion du 18 décembre nous apporteront les réponses. Si l’union n’est pas clairement dessinée ce jour là, c’est à dire ses objectifs et sa gouvernance, il faudra que les ostéopathes eux-mêmes se saisissent de l’affaire. Nos représentants ne pourront pas éternellement nous abuser en communiquant sur le thème des travaux qui progressent. Dans un peu plus de six mois, le Premier Ministre sera contraint par le Conseil d’Etat de publier les décrets de la loi de 2009. Dans dix-huit mois se profile une élection. Cessons les enfantillages.

Le registre des ostéopathes de France choisit l’enseignement temps plein

2 novembre 2010

Lors de sa dernière assemblée générale, le registre des ostéopathes de France (ROF) devait se prononcer sur les établissements dont la formation répond aux critères académiques de cette association. Sur la base d’une liste soumise par le conseil national qui synthétisait le volume horaire de formation et son contenu, les adhérents ont retenu 7 établissements:

  1. Centre d’ostéopathie ATMAN de Sophia Antipolis
  2. Centre européen d’enseignement supérieur de l’ostéopathie de Lyon
  3. Centre européen d’enseignement supérieur de l’ostéopathie de Paris
  4. Centre international d’ostéopathie de St Etienne
  5. Collège ostéopathique de Provence de Marseille
  6. Ecole supérieure d’ostéopathie de Champs sur Marne
  7. Institut toulousain d’ostéopathie

La première analyse qu’on peut faire de ce choix est que les adhérents du ROF estiment dorénavant, que seul un enseignement à temps complet permet d’acquérir « la compétence propre à assurer la qualité des soins en ostéopathie et l’application clinique et thérapeutique du concept et des principes de l’ostéopathie, notamment en ce qui concerne les manipulations et les mobilisations musculo-squelettiques, myo-fasciales, viscérales et crâniennes ».

La seconde est que ces établissements font partie de la conférence des grandes écoles en ostéopathie, sont affiliés au syndicat national de l’enseignement supérieur en ostéopathie (SNESO) et ont signé une charte de qualité. (voir ici ) On peut s’étonner que l’institut des hautes études ostéopathiques de Nantes et l’institut supérieur d’ostéopathie de Lyon n’aient pas été retenus alors qu’ils proposent le même enseignement que les établissements sélectionnés. Certainement que les anciens élèves de ces établissements n’étaient pas suffisamment nombreux à participer au vote…. Toujours est-il que les adhérents du ROF ont accepté implicitement une collaboration active avec le SNESO.

Que cela change-t-il pour adhérer au ROF ?:

Pour les diplômés 2010/2011 de ces établissements, l’adhésion sera facilitée. Seuls les critères d’exercice seront contrôlés. Tous les autres diplômés devront être évalués par une commission interne au ROF, la  commission nationale d’évaluation des professionnels ostéopathes. Celle-ci déterminera si les postulants au ROF ont acquis les compétences requises et éventuellement le mémoire de fin d’études.

En écrivant ces lignes, j’ai une pensée pour le défunt Thierry Jallais DO MROF, ancien directeur de l’IDHEO et initiateur de ladite charte de qualité, dont les diplômés de l’établissement qu’il créa n’ont plus les critères du ROF.