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L’invité du blog: Philippe Sterlingot

15 décembre 2010

Philippe Sterlingot est ostéopathe et président du syndicat français des ostéopathes (SFDO) depuis 2002. Il est l’initiateur avec Marianne Montmartin, ancienne présidente du registre des ostéopathes de France d’une fédération des ostéopathes. Après avoir présenté son projet de fédération française des ostéopathes (FFO), il nous livre ses interrogations à quelques jours de la réunion du 18 décembre à Nîmes.

De l’intérêt d’une participation à la réunion du 18 décembre

Monsieur Guy VILLEMAIN, Président du ROF, a signifié explicitement au Conseil d’Administration du SFDO par un courriel en date du 15 décembre son refus de mettre à l’ordre du jour de la réunion du 18 décembre :

Le préambule :

  • la présence d’un médiateur/observateur neutre et impartial (non ostéopathe) ;
  • la transparence quant à la composition des organisations présentes ;
  • la participation uniquement d’administrateurs élus  ;
  • un engagement sincère et véritable qu’aucune alliance parallèle préalable n’existe entre les participants à la réunion.

Pour le préambule, les raisons invoquées par Monsieur VILLEMAIN sont les suivantes « […] préalables quelque peu pesants pour une rencontre confraternelle de première intention […]. »

Les points suivants :

  • le projet de fédération qui semble pourtant répondre aux attentes des ostéopathes ;
  • les contributions potentielles du Syndicat Français Des Ostéopathes à une stratégie commune nationale et européenne.

Pour ces points, Monsieur VILLEMAIN argue que « […] nous vous proposons bien volontiers d’intégrer les thèmes supplémentaires que vous jugerez utiles dans les questions diverses […]. »

Les 5 aspects importants qui ressortent de cette déclaration prétendue commune à l’AFO, ROF, SNOF et UFOF sont :

  • Le refus d’entendre la volonté des ostéopathes de  « la rue » (cf. propos de M. de Lagausie sur le blog de Pascal Javerliat – voir ici ) ;
  • Le rejet de tout principe de transparence ;
  • Le déni du respect mutuel ;
  • L’officialisation d’une entente préalable entre ces organisations au détriment du SFDO, (confirmée incidemment par Christopher Fleischner sur le blog de Pascal Javerliat – voir ici ).

Dans ce contexte, le Conseil d’Administration du SFDO s’interroge sur la place qui lui sera laissée pour exprimer le 18 décembre les attentes des ostéopathes du SFDO.

A cette fin et dans un souci de transparence, le Conseil d’Administration demande à Monsieur Pascal Javerliat de mettre en place un référendum pour connaître d’une manière objective et transparente la volonté des ostéopathes quant à une présence des représentants du SFDO à une réunion qui s’annonce d’ores et déjà comme biaisée.

Le Conseil d’administration du SFDO ne mandatera ainsi des représentants que si les ostéopathes s’expriment expressément en ce sens.

Mais en tout état de cause, le Conseil d’Administration du SFDO avait fait le choix d’être représenté significativement à la réunion régionale commune de Rennes pour laquelle se seront mobilisés, nous en sommes persuadés, un maximum d’ostéopathes.

Le Conseil d’Administration du SFDO

Pour participer au référendum, cliquez ici

Pour consulter les résultats, cliquez: VENDREDI 17 DECEMBRE 2010

Les ostéopathes resteront à la porte des maisons de santé pluridisciplinaires

3 décembre 2010

La loi du 21 juillet 2009 portant réforme de l’hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires a modifié ou créé des articles relatifs aux maisons de santé.

L’article L6323-3 du code de la santé publique précise dorénavant que : « Les maisons de santé assurent des activités de soins sans hébergement et peuvent participer à des actions de santé publique ainsi qu’à des actions de prévention et d’éducation pour la santé et à des actions sociales. Les maisons de santé sont constituées entre des professionnels médicaux et des auxiliaires médicaux. Elles peuvent associer des personnels médico-sociaux.Les professionnels médicaux et auxiliaires médicaux exerçant dans une maison de santé élaborent un projet de santé, témoignant d’un exercice coordonné et conforme aux orientations des schémas régionaux mentionnés à l’article L.1434-2.  Tout membre de la maison de santé adhère à ce projet de santé. Celui-ci est transmis pour information à l’agence régionale de santé ». voir ici

Dans un rapport adopté le 12 décembre 2008, le Conseil national de l’ordre des médecins (CNOM) a estimé que « concernant la composition des maisons de santé interprofessionnelles, ne peut être admise l’association de médecins avec : les professionnels dont tout ou partie de l’activité est commerciale (pharmacie d’officine, magasin d’optique…), les professions dont les contours sont mal définis et pour lesquels la présence de médecins peut servir de caution et entretenir une certaine confusion sur leur champ d’exercice (ostéopathes, par exemple.) Qu’est envisageable au-delà de l’ensemble des professionnels de santé, la présence de psychologues et d’assistantes sociales. » En substance, l’Ordre des médecins précise que pour des raisons déontologique, « il est décidé de se rapprocher dans un premier temps des professions constituées d’un Ordre, puis dans un second temps des autres professions aujourd’hui représentées au Haut conseil des professions paramédicales. » plus d’info ici

A la suite de ce rapport, le syndicat français des ostéopathes (SFDO) a saisi le Conseil d’Etat pour faire annuler cette décision qui empêche, pour le moins, l’accès des ostéopathes non professionnels de santé (n° ADELI 00) à ces maisons de santé interprofessionnelles, voire, à tous les ostéopathes, puisque cette activité est assimilable à une activité commerciale.

Le Conseil d’Etat a rejeté cette demande, considérant entre autres que, « Les maisons de santé sont constituées entre des professionnels de santé. Elles peuvent associer des personnels médico-sociaux ; qu’il résulte de l’article 75 de la loi du 4 mars 2002 que les ostéopathes à titre exclusif n’ont pas le statut de professionnel de santé tel que défini par le code de la santé publique ; qu’ils n’ont pas davantage la qualité de personnels médico-sociaux au sens des dispositions citées ci-dessus de l’article L. 6323-3 de ce code ; que, d’ailleurs, il ne ressort pas des travaux parlementaires ayant précédé l’adoption de cet article que le législateur ait entendu inclure les ostéopathes exerçant à titre exclusif dans l’équipe pluridisciplinaire des maisons de santé » ; et que « les modifications apportées par la loi du 21 juillet 2009, sont, en tout état de cause, postérieure aux décisions attaquées, ne peuvent être évoquées ».

Le Conseil d’Etat a jugé que la décision du conseil de l’ordre des médecins « n’a pas restreint les conditions d’exercice de la profession d’ostéopathe ou porté une atteinte illégale à leur liberté d’exercer une activité professionnelle ; que le SFDO n’est pas fondé à soutenir que le CNOM aurait méconnu le principe d’égalité en traitant différemment les médecins ostéopathes et les ostéopathes exerçant à titre exclusif ». Plus d’info ici

Cette décision doit nous amener à réfléchir sur ce que nous voulons être et comment nous voulons exercer. On lit fréquemment que les ostéopathes souhaiteraient travailler dans des hôpitaux, pouvoir faire de la recherche, etc. Si tel est le désir de la profession, il faudra qu’elle accepte d’être organisée selon les normes françaises et s’appliquer une déontologie. Nous pouvons relire les propositions en la matière de Marianne Montmartin, ancienne présidente du ROF ici ou celle du SNOF ici

Communiqué commun AFO ROF SNOF du 9 novembre 2010

12 novembre 2010

Par un email qui m’est parvenu le 10 novembre au matin, j’ai pris officiellement connaissance du contenu du communiqué validé la veille par les présidents de  l’Association Française des Ostéopathes (AFO), du Registre des Ostéopathes de France (ROF) et du Syndicat National des Ostéopathes de France (SNOF).

Ce communiqué précise que «  les organisations signataires de ce communiqué ont décidé de désigner Monsieur Pascal JAVERLIAT assisté de Maître Eric PLANCHAT afin de les représenter dans le cadre de la négociation des décrets prévus par l’article 64 II de la loi n° 2009-879 du 21 juillet 2009 ». Cette désignation est assortie :
·     D’exigences : représenter uniquement des ostéopathes exclusifs et être assisté de Me Planchat
·     D’objectifs qu’on peut résumer ainsi: obtenir la publication d’un référentiel de formation du métier d’ostéopathe, conforme aux recommandations de l’Inspection Générale des Affaires Sociales et de l’Organisation Mondiale de la Santé. Ce référentiel servant sur base à la rédaction des décrets.

Enfin, le communiqué appelle les autres organisations d’ostéopathes exclusifs et l’Union Nationale des Etudiants en Ostéopathie (UNEO) à me désigner également comme leur représentant.

La première mise au point que je souhaite faire est que, bien qu’ayant été mis au courant par téléphone de ce projet quelques jours auparavant, ce communiqué n’est pas une lettre de mission. En conséquence, il n’appelle pas de ma part une réponse. Autrement dit, je n’ai dit ni oui, ni non.

La seconde mise au point est que, pour qu’une telle initiative puisse aboutir à quelque chose de concret pour la profession, il faut qu’elle s’inscrive dans les accords de la réunion du 4 novembre 2010. Or, à ce jour, le Syndicat Français Des Ostéopathes (SFDO) n’est pas signataire du communiqué. Même si l’AFO s’est engagé à modifier ses statuts dans les meilleurs délais, afin qu’elle n’accueille que des ostéopathes possédant un code ADELI 00 (répondant semble t’il à ce qui lui a été demandé le 4 novembre), on ne remplace pas une organisation par une autre, au gré des humeurs. La plateforme, puisqu’elle a vocation à s’élargir, ne peut pas être ressentie comme un triumvirat à la Jules César. Elle doit être un pacte loyal entre parties.

N’étant plus président du ROF, je n’ai pas à intervenir dans les discussions de ces associations. Je sais, pour m’en être entretenu hier avec le président du SFDO, qu’il n’émet pas une opposition de principe quant à ma nomination comme représentant. Pour autant, les discussions du 4 novembre entre les parties présentes, n’ont pas permis d’acter ce choix. Pour que la plateforme perdure, qui plus est si d’autres acteurs la rejoignent, il faudra que le mode de gouvernance soit plus consensuel. Tout chargé de mission pour cette plateforme ne devra pas pâtir des tensions qui y règneraient. Par ailleurs, il existe des compétences dans chacune des associations. S’appuyer uniquement sur celles de Me Planchat ne permettra pas à ce représentant de s’entourer de toutes celles dont il aura besoin pour remplir sa mission.

J’attends donc une demande formulée conjointement par l’AFO, le ROF, le SFDO et le SNOF.

Mais où va le paysage ostéopathique français ?

20 octobre 2010

Les récents évènements auxquels nous avons assistés lors de la dernière assemblée générale du registre des ostéopathes de France (ROF) (voir ici) nous amènent à réfléchir sur l’évolution du paysage ostéopathique français (POF). Où va le POF ? A quoi ressemblera t’il ? Que seront les ostéopathes de demain ? La notion d’entropie apporte une réponse à ces questions.

Le paysage ostéopathique français peut être assimilé à un système inhomogène qui tente de trouver un équilibre. Il est composé d’individus qui lui apportent sa matière par leur diversité et son énergie à travers leur participation à la vie associative et leur cotisation. On appelle entropie le processus par lequel l’énergie disponible se transforme en énergie non disponible. Il s’agit d’une loi de la nature qui constitue une réponse à la question : où va le monde? Il va à l’équilibre, à ce qui pour la matière est l’équivalent de la mort. Et ce processus est irréversible. Par exemple, l’énergie que la vie a rassemblée pour l’abandonner à la postérité sous forme de pétrole, ne se reconstituera pas d’elle-même après avoir assuré le déplacement de nos véhicules. L’énergie libérée est utile à l’objectif recherché mais oblige à passer d’un état d’ordre à celui de désordre. L’essence contenue dans le réservoir est parfaitement identifiable. On la reconnaît. On sait ce qu’elle est. Mais elle ne se reconstitue pas à la sortie du pot d’échappement. Il faudrait une intervention extérieure accompagnée d’une grande dépense d’énergie pour remettre les choses en place ramener l’ordre. En l’occurrence, reconstituer un combustible susceptible de permettre à la voiture de se déplacer à nouveau. Il en est ainsi dans la nature.

Compte tenu de ce que nous venons de dire sur la dispersion, faut-il en conclure qu’il y a plus d’ordre dans le réservoir où les molécules se déplacent plus vite et s’entrechoquent davantage que dans le grand espace où elles vont à l’équilibre. La réponse est oui. Preuve qu’il faut éviter de prendre le mot ordre dans un sens trop étroit quand on associe le principe de l’entropie aux systèmes vivants.

Pourquoi un système ne peut-il alors fonctionner indéfiniment dans sa clôture, alors que rester dans cette clôture est synonyme d’ordre – principe considéré comme stabilisant ? Nous savons que toute énergie dans notre univers est soumise à son inexorable dégradation. Un système clos, où l’énergie est obligée de se recycler pour ainsi dire en « vase clos », tend vers un équilibre qui signifie sa mort. Tout effort de création et de développement se paye en entropie. Aucun système ne peut se régénérer – c’est à dire produire de la néguentropie – dans sa clôture. Il faut qu’il trouve de l’énergie en dehors. En fait, pour produire de la néguentropie à l’intérieur du système clos, il faut nécessairement  créer de l’entropie en-dehors de lui, c’est-à-dire dans les systèmes environnants. Le système peut alors essayer de prendre l’énergie de l’autre, dans « sa clôture », ce que font par exemple les systèmes vivants en s’alimentant ou partager cette énergie.

Ramenons ce raisonnement au paysage ostéopathique français et à ce que nous avons connu ce week-end. Le POF est constitué de plusieurs systèmes, eux même contenu dans un super système depuis 2002 : la République, ses lois et les concitoyens. Parmi les sous systèmes, nous avons celui des ostéopathes en exercice exclusif (OEE), des médecins-ostéopathes (MO), des masseurs-kinésithérapeutes ostéopathes (MKO)… Notons que chaque entité a ressenti le besoin d’accoler à sa dénomination d’ostéopathe, un quelque chose considéré comme de la valeur ajoutée aux yeux du super système. Il a fait entrer de l’énergie sous forme de notoriété. Donc de l’ordre : « je suis médecin donc.. », « je suis professionnel de santé donc… », « j’exerce exclusivement l’ostéopathie donc… » Sauf que cela est dorénavant considéré comme du désordre pour le super système. Cela est source des difficultés réglementaires pour le gouvernement, qui pour s’extraire de la difficulté, a choisi de partager le titre.  Il n’a toutefois pas pu assurer l’équilibre en affirmant « titre=profession », car cela aurait mis du désordre dans l’organisation du système de la santé. Cela est également source de difficulté pour les patients qui ne s’y retrouvent pas.

Analysons maintenant les pérégrinations du système des ostéopathes en exercice exclusifs. Six sous ensembles le composent aujourd’hui: AFO, CNO, ROF, SFDO, SNOF, UFOF et l’ensemble des praticiens non affiliés. ROF, SFDO, SNOF, UFOF se considèrent comme des systèmes historiques du POF et tentent, sur la base de cette légitimité, de faire entrer de l’énergie –c’est à dire des cotisants. L’AFO tente d’imiter cette stratégie en évoquant une antériorité historique de l’étiopathie sur l’ostéopathie avec un moindre succès. La CNO quant à elle mise sur les déçus de ces systèmes historiques (auxquels ses dirigeants ont tous appartenu un jour) et sur l’attrait de cotisations peu élevées (donc sources de peu d’énergie). Parmi les systèmes historiques (et pour garder la métaphores automobile), l’AFO et l’UFOF fonctionnent avec des moteurs hybrides et essaient d’extraire de l’énergie des systèmes regroupant les ostéopathes qui n’exercent pas exclusivement l’ostéopathie (les fameux membres associés). La CNO procède de la même manière. Le  ROF, le SFDO et le SNOF constatant cela, ont envisagé d’ouvrir leur système et d’unir leur « énergie exclusive ». C’est ce qui devait être entériné samedi.

Pourquoi cela ne s’est-il pas réalisé ?

Le ROF, épuisé par les querelles internes de son bureau, n’a pas été capable d’ouvrir la porte de sa clôture. Pour prendre la place de président, Guy Villemain devait s’appuyer sur un autre équilibre que celui proposé par Marianne Montmartin. Son conservatisme lui a fait choisir le principe de l’ordre en vase clos plutôt que celui de l’équilibre du milieu ouvert. Cela est très porteur pour se faire élire mais source d’entropie majeure. Il s’est affiché en gardien du temple, positionnant le ROF comme « Observatoire de la déontologie / Conseil de sages ». En ne voulant pas partager la déontologie, il a donné comme message : je vous ouvre ma porte, soyez les bien venus mais respectez mes règles, mon ordre car je suis chez moi. L’énergie dépensée (on peut penser que les dommages collatéraux sont importants) pour obtenir le poste ne se reconstituera que si le ROF peut en puiser ailleurs. Pas sur que l’invitation soit particulièrement bien entendue dorénavant et que les adhérents affluent. Le nouveau président du ROF, estimant que dorénavant les allées sont bien gardées et tout est en bon ordre, nous propose de « continuer ce travail essentiel pour la profession (…) et que la poursuite des travaux est programmée le 4 novembre 2010 (voir ici) . On peut s’interroger en substance sur la nécessité  d’avoir à changer de président pour continuer à faire la même chose.  Comment pense-t-il pouvoir assurer la continuité alors qu’il vient de cliver et qu’il ne veut pas mettre en commun ce qui unifierait l’exercice de la profession sous un même dénominateur commun, à savoir la déontologie ?  Le mal est fait. La porte est refermée, d’un côté comme de l’autre. Le SFDO nous en apporte la preuve à travers son dernier communiqué : « Les adhérents du SFDO ont entendu le message de leurs confrères, ils le regrettent mais le respectent, car ils ont conscience que dans les périodes d’incertitude les craintes prévalent à la raison. De leur côté, les adhérents du ROF conscients de l’importance d’une déontologie – car ils ont adhéré à cette vénérable institution en partie parce qu’ils se reconnaissaient dans ses règles sociales – reconnaitront au SFDO la légitimité à vouloir se doter d’une déontologie propre. Le SFDO prend acte aujourd’hui de la volonté du Conseil national du ROF de ne pas partager sa déontologie avec les adhérents d’organisations tierces et de se positionner en « Observatoire de la déontologie / Conseil de sages ». Au regard de cette posture du ROF, les membres du  Conseil d’Administration du SFDO votent aujourd’hui la décision de proposer à la prochaine Assemblée Générale de modifier les statuts et l’organisation interne du syndicat avec pour objectif de faire naître une structure duale, de constituer une commission interdisciplinaire de rédaction d’une déontologie et de se doter à terme d’un véritable appareillage disciplinaire destiné à faire respecter les valeurs qui seront portées par la nouvelle déontologie. Eu égard à ses compétences, le ROF, représenté par un de ses adhérents dûment mandaté, sera membre de droit de la commission constituée. Le projet est ouvert à tous les professionnels susceptibles d’apporter une contribution active à la rédaction d’un texte tourné vers l’avenir reposant sur des conditions objectives d’adhésion – la cooptation ne constituant pas à nos yeux un critère objectif – afin de la rendre opposable à tous les ostéopathes qui souhaiteront y souscrire ». (plus d’info ici) . Quelle va être l’attitude des 188 adhérents du ROF qui sont également adhérents du SFDO ? Quelle va être celle des présents à l’assemblée générale qui ont vu se dérouler sous leurs yeux ce spectacle affligeant ? Vont-ils continuer d’apporter l’énergie à un système fermé, condamné à l’entropie ou vont-ils rejoindre le système des praticiens non affiliés ?

Une chose est sure. Le super système que représente l’Etat n’a pas été perturbé par ces évènements. On peut même penser qu’il est conforté dans son point de vu, en constatant que le paysage ostéopathique français repart dans sa logique d’affrontement bloc contre bloc. Sera-t-il enclin dans ces conditions à publier spontanément des décrets qui correspondraient à l’exercice exclusif de l’ostéopathie ?

Le SFDO vote l’union

9 octobre 2010

Paris le 9 octobre 2010.

L’assemblée générale du syndicat français des ostéopathes s’est tenue aujourd’hui à Paris. Le quorum pour la tenue de  l’assemblée générale a été rapidement atteint.

Le rapport moral du président Philippe Sterlingot a été plébiscité. Les adhérents du SFDO devaient également se prononcer sur un projet d’union avec le registre des ostéopathes de France et le syndicat national des ostéopathes de France.

Cette union, dont les modalités ne sont pas encore définies, permettrait, « de rassembler sous une même bannière commune la moitié des ostéopathes exclusifs » et « à mutualiser et optimiser de nombreux moyens et actions ». Elle rendrait possible également « la rédaction d’une déontologie commune ».

Un signe fort a été adressé à l’ensemble de la profession puisque le projet a emporté plus de 90% de votes favorables.

A propos de déontologie.

5 octobre 2010

Le registre des ostéopathes de France (ROF) et le syndicat français des ostéopathes (SFDO) s’engagent dans la voie de la raison en unissant leurs forces (en attendant, espérons le, que le syndicat national des ostéopathes de France les rejoigne).  Cette décision sera proposée au vote des adhérents lors des assemblées générales respectives des deux associations.

Par la voix de Philippe Sterlingot, le SFDO indique que : « « cette union, (…) permettrait enfin la rédaction d’une déontologie commune, dès lors opposable à une partie très significative de notre profession. Pour le ROF, en la personne de Marianne Montmartin, cette union : « outre une prise de parole unifiée, contribuerait également à mutualiser et optimiser de nombreux moyens et actions (…) ainsi que la communication vis-à-vis du public. » Le ROF ne propose donc pas de partager une déontologie commune avec le SFDO (puis le SNOF).

Y aurait-il une réticence de la part du ROF à unir sa déontologie avec d’autres ou bien les règles d’exercice préconisées seraient-elles si dissemblables, qu’aucune unité ne soit possible ? S’il n’est pas possible de répondre à la première question sans avoir consulté le bureau du ROF et ses adhérents, on peut ouvrir le débat en tentant de répondre à la deuxième question.

Quels sont les grands principes déontologiques sur lesquels le ROF et le SFDO ont fondé, pour le premier son code de déontologie, pour le second, son guide des principes déontologiques ?

  • L’identité professionnelle
  • Les droits des patients
  • La qualité des soins
  • L’exercice de la profession
  • Les devoirs envers les patients
  • La collaboration entre professionnels

La plupart de ces principes sont soit imposés par la loi (ex : loi du 4 mars 2002  relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé) soit motivés par l’éthique des soins à la personne. Dès lors, qu’est ce qui pourrait bien justifier une telle réticence de la part du ROF ? Pas besoin d’être grand sorcier pour le comprendre. La déontologie correspond au cœur de la mission de ROF. C’est en quelque sorte son pré carré. La crainte de voir diluer son identité dans une structure tripolaire se conçoit. Pour autant, nul ne remet en cause son expérience en la matière. Dès lors, pourquoi le ROF ne pourrait-il pas faire partager cette expérience ? Les ostéopathes peuvent-ils se le permettre. ?

Faudrait-il garder des œillères et continuer de croire que, puisqu’un millier d’ostéopathes ont signé un engagement à respecter un code de déontologie, cette déontologie s’impose à tous ? Des exemples récents nous ont montré que ce n’était pas le cas. Un adhérent mécontent de se faire sanctionner préfère quitter le ROF et rejoindre une autre association, plutôt que d’accepter une mesure disciplinaire qui le stigmatiserait aux yeux de ses pairs.

Pour le bien de la profession et surtout des patients, ne serait-il pas souhaitable qu’un groupe de 2500 professionnels s’accordent sur des règles et des procédures disciplinaires ? La masse critique ainsi atteinte leur permettait d’être opposables. Cela ne semble pas irréaliste. Nous en voulons pour preuve la charte (qui est en fait un mini code de déontologie qui n’ose pas dire son nom) signée par le ROF, le SFDO (et l’UFOF). Celle-ci a été élaborée pour définir les relations entre les ostéopathes et les adhérents de l’Union du Groupe Initiatives Mutuelles. (voir ici ) Ce qui n’a pas posé de problème particulier vis à vis des patients de ces mutuelles serait-il insurmontable lorsqu’il s’agit de l’élargir à tous les patients ?

A trop craindre de disparaître, les plus septiques du ROF risquent de se discréditer mais surtout de discréditer l’association elle-même. On peut comprendre les craintes. La réciproque existe certainement chez certains adhérents du SFDO ? N’ont-ils pas peurs de perdre leur identité syndicale ? Ce pour quoi ils se battent depuis des années et qui a justifié selon eux, de ne pas adhérer au ROF ?

Pensons avant tout à la profession et aux patients et faisons confiance aux membres des bureaux respectifs pour déterminer un mode de fonctionnement qui préserve chaque entité et prévienne le phagocytage plutôt que de leur faire un procès (de mauvaises ) intentions.

ROF et SFDO, les « frères ennemis » du Paysage Ostéopathique Français

3 octobre 2010

Le registre des ostéopathes de France (ROF) et le syndicat français des ostéopathes (SFDO) vont proposer lors de leur assemblée générale respective, les 9 et 16 octobre prochains, « une résolution en faveur de la construction d’une plateforme commune entre le SFDO, le R.O.F. et le SNOF » (l’assemblée générale du SNOF s’est déroulée le 12 juin, avant semble-t-il que ce projet soit enclenché).

Les relations entre le ROF et le SFDO ont connu des fortunes diverses ces dernières années. Les présidents des deux associations socioprofessionnelles auraient-ils décidé de tirer un trait sur les querelles du passé ou la mésentente affichée jusqu’alors n’était elle qu’une posture pour démontrer une spécificité propre à chacun des deux groupements ?

Une différence est clairement affichée et revendiquée à travers les statuts des associations. Le ROF revendique une fonction ordinale et souhaite veiller « au maintien des principes de moralité, de probité, de compétence et de dévouement indispensables à l’exercice de l’ostéopathie et à l’observation, par tous ses membres, des devoirs professionnels ainsi que des règles édictées par son code de déontologie ». Le SFDO est un syndicat depuis 2008. Premier syndicat d’ostéopathes exclusifs, il assure « la défense des droits ainsi que des intérêts matériels et moraux de ses membres, ostéopathes, tant sur le plan individuel que collectif ».

Dans toutes les professions qui sont pourvues d’un ordre professionnel, il existe une opposition entre l’ordre et les syndicats. Si les syndicats ne remettent pas en cause la représentativité des ordres et leur mission,  ils critiquent souvent le caractère obligatoire de son inscription, donc l’officialisation d’un discours unique peu vecteur d’évolution. (voir ici )

Au delà des lieux communs utilisés pour justifier ces postures et dans un contexte où les syndicats (ou associations socioprofessionnelles) d’ostéopathes ne sont pas politisés, existe-t-il une différence – autre que la couleur du maillot– entre les supporters du ROF et du SFDO  et les objectifs recherchés par leur « équipe fanion » ?

Lorsqu’on étudie les annuaires 2010 respectifs du ROF et du SFDO, on constate que :

  • 188 adhérents du SFDO adhèrent également au ROF
  • 178 adhérents du SFDO ont adhéré précédemment au ROF et n’y adhèrent plus.
  • 53 adhérents du ROF ont adhéré précédemment au SFDO et n’y adhèrent plus.

Au total, ce sont plus de 400 personnes qui partagent ou ont partagé une vision et des objectifs communs.

Regardons les critères académiques et déontologiques d’adhésion. On constate que, mis à part des subtilités de langage, ils peinent à traduire une réelle différence :

  • ROF : « faire un usage professionnel exclusif du titre d’ostéopathe en France », « justifier d’une compétence propre à assurer la qualité des soins en ostéopathie (…) la formation pour acquérir cette compétence est au minimum de 4000 heures, dont 700 heures sont consacrées à l’application en stage clinique, (…) sanctionnée par un examen de compétence clinique de la pratique de l’ostéopathie et un mémoire réflexif», « s’engager sur l’honneur à respecter les statuts du R.O.F., le présent règlement intérieur et le Code de déontologie ».
  • SFDO : « disposer d’un numéro ADELI en tant qu’ostéopathe exclusivement », « justifier d’une formation en ostéopathie d’au moins 4200 heures pour les titulaires du seul diplôme d’ostéopathe, comprenant au moins 800 heures de stages et la rédaction d’un écrit réflexif en fin d’études. », « respecter les présents statuts, le règlement intérieur, le guide de principes déontologiques »

Peut être les objectifs recherchés sont ils clivants ?:

  • ROF : « représenter les ostéopathes (…) auprès des pouvoirs publics, de la justice, des administrations, des collectivités et de tout organisme ou personne publique ou privée et de nouer toute relation de coopération avec les registres étrangers ou organismes assimilés », « favoriser l’exercice professionnel de l’ostéopathie dans l’intérêt des patients. », « émettre des avis et des recommandations sur les questions ou projets concernant en particulier l’exercice de la profession », « contribuer à la promotion de la qualité des soins dispensés par ses membres et à l’amélioration de la gestion du système de santé. », « participer à l’élaboration, à la promotion et à la diffusion des règles de bonne pratique en ostéopathie auprès des professionnels, dans l’intérêt des patients », etc…
  • SFDO : « assurer le suivi législatif et réglementaire afférent à la profession d’ostéopathe, et le cas échéant prendre toute mesure de nature à en améliorer la réglementation », «  entretenir des rapports avec les pouvoirs publics ou les autorités compétentes et toutes collectivités administratives ou privées afin de représenter et défendre ses membres », « assurer et maintenir entre ses membres une étroite solidarité », «faciliter et mettre en œuvre l’accès à la formation professionnelle continue (…) », « assurer la défense de ses membres devant les tribunaux ou autre juridiction ».

Ou bien la déontologie ?:

  • ROF : voir ici
  • SFDO : voir ici

Il semblerait que les bureaux respectifs du ROF et du SFDO ont compris qu’ils ne pourraient tenir plus longtemps ces postures.  Leurs adhérents qui participent depuis de nombreuses années à « l’effort de guerre » s’aperçoivent peu à peu que c’est bonnet blanc et blanc bonnet. Dès lors, ils cessent de cotiser simultanément aux deux associations quand ils ne décident pas de ne plus cotiser du tout. Ce dernier réflexe étant de plus en plus souvent constaté chez les nouveaux diplômés.

A n’en pas douter, ce projet d’union suscite un regain d’intérêt auprès des ostéopathes. Il suffit pour s’en convaincre d’entendre les conversations entre confrères ces dernières semaines. La seule crainte qui subsiste est que cela ne se fasse réellement et qu’on assiste une nième fois à un effet d’annonce.

Pour que cela ne soit pas le cas, aux assemblées générales de remplir leur rôle en adressant un message fort lors de leur vote. Aux bureaux du ROF et du SFDO d’apporter rapidement des garanties aux adhérents par leurs actions communes.

Le syndicat français des ostéopathes tient ses engagements

24 septembre 2010

Les statuts du Syndicat Français Des Ostéopathes (SFDO) prévoient que peuvent être affiliées différentes catégories de membres. Parmi celles-ci, on trouve des membres actifs et des membres associés.

Les membres actifs doivent entre autres, « exercer exclusivement la profession d’ostéopathe sur le territoire français et disposer d’un numéro ADELI en tant qu’ostéopathe exclusivement » (code professionnel 00). Les membres associés postulants sont soit « des étudiants en ostéopathie, soit des professionnels en période probatoire justifiant une formation inférieure aux conditions de formation des membres actifs et/ou n’exerçant pas encore de manière exclusive l’ostéopathie. Les professionnels visés au présent alinéa ne peuvent être membres postulants plus d’un an à compter de leur inscription au syndicat sauf décision contraire du Conseil d’Administration. Ils exercent l’ostéopathie dans un cabinet distinct de leur autre profession. »

L’annuaire en ligne du SFDO étudié entre le 18 et le 23 septembre 2010 laisse apparaître 1333 membres actifs et 49 professionnels membres associés. A deux unités près (qui peuvent être liées à des décalages de mise à jour), aucun membre actif ne se retrouve dans le site AMELI (site de l’assurance maladie qui recense les professionnels de santé). Il faudrait pour plus de précision avoir accès au fichier ADELI mais on peut toutefois affirmer sans prendre trop de risque que tous les membres actifs du SFDO possèdent un code professionnel 00 dans le répertoire ADELI.

Sur les 49 membres associés, 8 sont retrouvés dans le site AMELI soit 16%. Sur les 39 membres associés professionnels inscrits dans l’annuaire 2007, 19 sont devenus membres actifs, 11 sont toujours membres associés et 9 ne sont plus adhérents.

Le syndicat français des ostéopathes est donc l’association socioprofessionnelle qui regroupe le plus d’ostéopathes en exercice exclusif.