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15 février 2011

Le blog « ostéopathie-quand les cotisations craquent » vient de fêter ses 6 mois d’existence. Vous êtes plus de 15000 à l’avoir visité et je vous en remercie. Depuis le mois d’août, 71 articles publiés, 980 commentaires, 56000 visites et surtout 1 profession, 1 lieu de débat et 1 constat commun : les ostéopathes en exercice exclusif doivent s’unir pour former une masse significative et identitaire.

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L’invité du blog: Yves Tricot

18 janvier 2011

Yves Tricot est ostéopathe à Auxerre depuis 1992. Il a été Conseiller national du Registre des Ostéopathes de France de 2006 à 2010. Il a démissionné de ses fonctions en janvier.


A l’issu du mandat de 4 ans que j’ai exercé au conseil national du ROF, je propose de faire le point sur mon expérience que ce poste d’élu de grande association d’ostéopathie m’a permis de vivre . Quel bilan puis-je tirer des 67 journées de réunions extérieures auxquelles j’ai participé durant ces années ?

Deux grands secteurs ont fait l’objet de ces  journées de travail :

  • Tout d’abord celui du monde mutualiste par la constitution en 2005 d’un Conseil Scientifique alliant : l’Union du Groupe Initiative Mutuelles (UGIM ) ,un groupe de recherche (MACMUT- Open Rome) et 3 organisations d’ostéopathes( UFOF ,  SFDO et  ROF). Le but premier est de proposer une charte déontologique liant les trois acteurs concernés par l’exercice de l’ostéopathie : l’ostéopathe, la mutuelle et le patient-mutualiste. Dans un deuxième temps les ostéopathes membres hautement qualifiés de ces associations devaient s’engager dans un protocole scientifique permettant de faire bénéficier à leur patient d’une participation supplémentaire significative aux soins d’ostéopathie et ceci dans le but de démarquer les ostéopathes de ce réseau d’excellence des ostéopathes formés au minima des décrets. Au terme de 5 ans de travaux de ce conseil scientifique, ces objectifs ont-il été atteints? Malheureusement non ! Ceci pour la raison principale que le partage du titre d’ostéopathe avec les professionnels de santé a considérablement dérouté les responsables des mutuelles dans le dénombrement des praticiens et surtout dans l’évaluation de leurs qualifications respectives. A ce jour, ni la Charte déontologique, ni le réseau d’excellence ne sont activés. Il n’en sera pas autrement tant que les ostéopathes codés double zéro à l’ ADELI ne pourront pas intégrer le code de la santé publique dans une partie appropriée. C’est le projet politique que Marianne Montmartin a exposé dans son manifeste au printemps dernier.
  • Puis le secteur des référentiels : lors de la fameuse réunion paritaire organisée par l’AFNOR le 1er mars 2010, la présentation du référentiel métier (RMO) complété du référentiel activité et compétence pour lesquels 7 partenaires historiques ont œuvré pendant 3 ans, s’est soldée par un échec. Ce RMO, accueilli froidement par les Ordres et Syndicats des professionnels de santé (médecins et  Kiné) et le ministère de la santé,  a été littéralement pilonné par des organisations socioprofessionnelles d’ostéopathes « amies ». Quelle aubaine pour les pouvoirs publics !

Souhaitons que le Référentiel Formation (RFO) initié en 2009 par le SNESO avec l’ensemble des partenaires puisse aboutir ! Je m’interroge sur les réelles chances de ce RFO lorsque, d’une part en mai dernier, une organisation est expulsée du groupe de travail, pour la simple raison que ce syndicat annonçait la présentation au ministère de son propre référentiel métier élaboré secrètement et d’autre part, lorsque le président actuel du ROF signe le 9 novembre dernier un communiqué excluant le SFDO dans lequel 3 organisations d’ostéopathes s’engagent à demander au ministère de la santé l’élaboration d’un autre référentiel formation. Tout ceci n’est vraiment pas sérieux. Certains ont parlé de mascarade !

L’élection par le Conseil national du ROF de Guy Villemain au poste de Président, juste après que l’assemblée générale ait approuvé le rapport moral de la présidente, a cassé l’élan que Marianne Montmartin impulsait avec sa vision progressiste qui rassemble encore aujourd’hui un très grand nombre d’ostéopathes et pas uniquement les jeunes. Pourtant Marianne Montmartin et Philippe Sterlingot avaient recueilli l’aval de leurs adhérents pour un rapprochement ROF – SFDO permettant de présenter un front de plus de 2500 ostéopathes réunis autour d’une déontologie que je qualifierais de pyramidale. Cette identité déontologique remarquable pouvait constituer un véritable phare dans le paysage ostéopathique français. Le président actuel du ROF propose, dans un discours conservateur et lénifiant, de repartir à la conquête d’une déontologie transversale. Comment peut-on rassembler sous une même bannière des adhérents d’associations dont un nombre non négligeable n’exercent pas le même métier ? A terme, seule une instance déontologique officielle à appartenance obligatoire pourra parvenir à rassembler les professionnels clairement identifiés et enregistrés.Que d’énergie dépensée par tous les acteurs de l’ostéopathie pour un résultat qui parvient tout juste à maintenir en survie la pratique exclusive de l’ostéopathie.

Oui, je crois que nous sommes réellement  parvenus aux confins d’un processus. La fameuse croisée des chemins. Cette étape s’explique simplement par le fait qu’une loi et son application actent un fait sociétal déjà existant. Ce ne sont ni les conditions d’apprentissage de l’ostéopathie, ni l’existence des associations professionnelles de l’époque qui constituent ce fait sociétal mais véritablement  notre pratique massive en cabinet. Le  moteur de cette réglementation et de la reconnaissance qui en découle est bien celui de nos actes professionnels. Les millions de consultations d’ostéopathie dispensés aux millions de citoyens constituent le socle de notre lutte. Les instances socioprofessionnelles ne sont que des courroies de transmissions. Les exemples historiques de création d’une profession montrent que ces instances, simples représentants des professionnels dans le débat démocratique, n’y  survivent pas en l’état.

Aujourd’hui le ROF est malmené. Alors qu’à l’automne 2010, les volumes d’adhérents du ROF et du SFDO s’équilibraient, beaucoup s’accorde à penser qu’à la fin 2011, le SFDO pèsera deux fois plus lourd (au mieux 800 à comparer à1500 au moins). Mais attention, les organisations portées aujourd’hui par le vent, peuvent craindre de le voir tomber demain, si elles ne répondent pas aux attentes de leurs bases. La rupture au sein du ROF est le reflet d’un malaise général chez les professionnels. Une grande majorité des ostéopathes, ne se sentant plus entendue, déserte les organisations ou s’en détourne. Le fossé se creuse entre nos dirigeants et les « ostéopathes de la rue ». La plupart ne supportent plus les luttes intestines animées par l’égo des responsables des différentes organisations! Alors Messieurs, cessez vos effets d’annonce ! Les plus jeunes qui ne connaissent pas les méandres historiques de l’apparition de l’ostéopathie en France ne peuvent se  reconnaître  dans les instances qui leurs sont proposées. Et c’est normal ! Ces milliers d’ostéopathes sont pourtant l’avenir de notre profession et je comprends parfaitement l’inquiétude des étudiants. Les étudiants sont les futurs professionnels, les dirigeants d’organisations sont d’abord des professionnels, les enseignants et les directeurs d’établissements sont encore des professionnels (un seul contre exemple), les ostéopathes uniquement praticiens seront toujours des professionnels.

Une UNION d’une immense partie de ces professionnels ne me parait pas utopique. Dans cet esprit, seul le SFDO a fait une proposition (à mon grand regret sans le ROF): celle d’une fédération. L’ensemble des professionnels a besoin d’un espace pour débattre de ce type de proposition. C’est pourquoi je lance un appel à nos dirigeants, pour qu’ils replacent les professionnels au CENTRE. Qu’ils leurs donnent la parole lors d’Etats Généraux de l’Ostéopathie. Je souhaite ardemment qu’un tel  événement soit à l’origine d’une structure unique regroupant les ostéopathes à exercice exclusif.

Souhaitez vous une fédération des ostéopathes ?

13 décembre 2010

Le syndicat français des ostéopathes (SFDO) vient de porter son projet de fédération des ostéopathes à la connaissance des professionnels.

Laissons de côté pour l’instant la forme que pourrait revêtir cette fédération, les objectifs qu’elle pourrait poursuivre, son coût financier. Ne cherchons pas à savoir non plus qui serait à la tête de celle-ci. Focalisons-nous uniquement sur la vision de fédération et son point faible actuel qui est qu’elle est proposée par une seule association, le SFDO.

Immanquablement, les autres associations vont considérer cette initiative comme un coup de force, à quelques jours de la réunion du 18 décembre qui doit voir se réunir, l’ensemble de celles-ci. Philippe Sterlingot est cependant légitime à proposer cela puisque ses adhérents le lui ont demandé en assemblée générale. Il l’est également puisque le ROF a rompu unilatéralement ses engagements initiaux, quand bien même ce projet de fédération a été voté en assemblée générale. Plus d’info ici.

Afin que ce nième projet ne se solde pas à nouveau par un échec et que cette fédération ne soit pas une septième structure au sein du paysage ostéopathique français (POF), il est nécessaire que les bureaux respectifs des six associations actuelles aient conscience des souhaits de leurs adhérents et également de ceux des personnes qui n’adhèrent à aucune d’elles.

Si suffisamment de professionnels indiquent qu’ils souhaitent une fédération, les bureaux devront la rejoindre, sinon, ils risquent de voir leurs adhérents rejoindre cette fédération à titre individuel et quitter « la maison mère ».

C’est dans ce but que je vous propose de répondre à ce questionnaire. Plus nous serons nombreux à y répondre, plus nos représentants sauront quelle voie prendre. Si une majorité dit non, le POF demeurera ce qu’il est. Si une majorité dit oui, il sera alors temps de pousser un peu plus la réflexion et décider si ce que nous propose le SFDO est conforme à nos souhaits.

Laissons au moins une chance au produit !

Pour répondre au questionnaire, cliquez ici

Merci de veiller à ne pas voter plusieurs fois. En cas de votes multiples avec le même n° ADELI, un seul vote (le premier) est pris en considération. Les votes associés à un n° ADELI incomplets ou farfelus ne sont pas comptabilisés.

Pour consulter les résultats, cliquez: MARDI 21 DECEMBRE 2010

Le ROF de plus en plus marginalisé

6 décembre 2010

Le 3 décembre 2010 s’est tenue une réunion d’élaboration du référentiel formation ostéopathe (RFO). Le RFO a été initié à l’automne 2009 par le syndicat national de l’enseignement supérieur en ostéopathie (SNESO) qui regroupe huit établissements de formation initiale (ATMAN Nice, CEESO Paris,  CEESO Lyon,  CIDO Saint-Étienne, COP Marseille, ESO Marne la Vallée, IDHEO Nantes, ISO Lyon). Des représentants des professionnels et des étudiants ont été conviés à apporter leur expertise propre : ce sont le le R.O.F., le SFDO, le SNOF, l’UFOF et l’UNEO.

L’objectif de ce référentiel est « de mettre en accord les compétences attendues de tout ostéopathe, avec la formation proposée par les établissements. La commission propose dans ce document un format commun à tous les établissements, de formation et de validation des modules (connaissances et compétences) ». Plus d’info ici. Le SNOF et l’UFOF ont depuis quitté la table des travaux.

C’est maintenant le ROF qui s’est vu signifié qu’il était persona non grata en raison de sa récente prise de position. Le ROF a en effet signé un communiqué commun avec l’AFO et le SNOF, dans lequel ces organisations souhaitaient que je les représente  « dans le cadre de la négociation des décrets prévus par l’article 64 II de la loi n° 2009-879 du 21 juillet 2009 » avec pour objectifs d’obtenir, entre autres : « la publication également d’un référentiel de formation du métier d’ostéopathe, document dont la spécificité a été reconnue par le Conseil d’Etat dans sa décision du 21 juillet 2009. » plus d’info ici

Le nouveau président du ROF, qui remplaçait à cette réunion, Yves Tricot démissionnaire du bureau du ROF, semble s’étonner de la position du SNESO. Plus d’info ici

Comment pourrait-il en être autrement alors que depuis l’assemblée générale du ROF d’octobre 2010, il ne cesse d’entretenir un discours ambigu vis à vis des engagements pris ces dernières années :

  • Dans une information adressée aux adhérents du ROF après l’assemblée générale, il nous livre a posteriori sa politique pour l’année en cours. Il ne fait référence ni aux travaux du RFO, ni au SNESO alors qu’aujourd’hui, il estime être « intimement persuadés que notre requête de référentiel formation, auprès du Ministère de la Santé, suscitera une réponse évidente de la profession par notre RFO. » Plus d’info ici. Pourquoi ne l’a-t-il pas dit le jour de l’assemblée générale?
  • Sur le forum du ROF, le conseil national n’a cessé de prendre ses distances avec le SNESO. Il nous indique que « L’axe politique actuel prévoit le maintien du travail de mise en place de la plateforme avec le respect de l’intégrité de chaque association, ce qui veut dire que nous n’arrêtons pas les travaux de rapprochement avec le SFDO. Au cours du forum il est apparu que beaucoup d’adhérents refusaient d’une part le point 2 de l’accord préalable qui incluait le SNESO ». « Qui plus est, je vous rappelle que le point 2 de l’accord préalable, à savoir la présence du SNESO, a fortement déplu à bon nombre d’adhérents et risque de mettre le vote de cet accord en péril, tout du moins auprès de nos membres ».

Il n’est pas difficile de comprendre que le nouveau président du ROF avait besoin de rompre avec les projet envisagés initialement, pour asseoir une légitimité à ce poste. Comment sinon justifier qu’il ait demandé la présidence à la place de Marianne Montmartin, si ce n’est pour des raisons de personnes. Il fallait mettre en avant un danger pour le ROF dont l’ancienne présidente aurait été à l’origine. Le seul point de clivage qui pouvait être mis en avant était les relations avec le SNESO. SNESO dont on acceptait la collaboration depuis 2009 au sein du référentiel formation ostéopathe mais dont on ne voulait plus entendre parler pour d’autres projets.

La position du SNESO, si elle n’est pas constructive, est parfaitement légitime. Comment accepter un partenaire qui d’un côté, travaille au sein du RFO et d’un autre côté, décide unilatéralement sans prévenir, de travailler sur un projet similaire avec des partenaire qui n’en font pas partie ou ont quitté le RFO. Le double discours a ses limites. Le ROF commence à les entrevoir. Il est aisé de faire porter à l’autre la charge de la division et de se faire passer pour la victime. La réalité est que le ROF ne propose plus depuis l’AG une politique suffisamment claire pour demeurer un partenaire crédible. Revendiquer vouloir être « un point d’équilibre central au milieu des divergences des associations et des attentes des ostéopathes » quand les ostéopathes demandent une union des associations, continue d’entretenir le doute sur l’objectif réellement recherché. Chacun sait qu’à travers l’union, les associations perdront une partie de leur représentativité. Où est le problème si c’est pour le bien de la profession ?

Dans le contexte actuel, espérer que le ROF soit l’association qui fédèrera tout les ostéopathes est voué à l’échec. Les acrimonies sont trop prégnantes et les adhérents du ROF votent d’année en année, des critères de plus en plus restrictifs pour adhérer. On demande alors au conseil national du ROF de poursuivre deux objectifs incompatibles : fédérer et stigmatiser. Si le ROF veut rester une association d’ostéopathes « haut de gamme », il faut qu’il l’assume. Il ne pourra pas alors entretenir des relations avec toutes les écoles parce que certaines forment moins bien que d’autres et en conséquence, ne pourra pas accueillir tous les professionnels, ni leur proposer une déontologie. Il lui faudra faire le choix entre pages jaunes et guide Michelin.

Les conclusions de la réunion du 18 décembre nous apporteront les réponses. Si l’union n’est pas clairement dessinée ce jour là, c’est à dire ses objectifs et sa gouvernance, il faudra que les ostéopathes eux-mêmes se saisissent de l’affaire. Nos représentants ne pourront pas éternellement nous abuser en communiquant sur le thème des travaux qui progressent. Dans un peu plus de six mois, le Premier Ministre sera contraint par le Conseil d’Etat de publier les décrets de la loi de 2009. Dans dix-huit mois se profile une élection. Cessons les enfantillages.

Mais où va le paysage ostéopathique français ?

20 octobre 2010

Les récents évènements auxquels nous avons assistés lors de la dernière assemblée générale du registre des ostéopathes de France (ROF) (voir ici) nous amènent à réfléchir sur l’évolution du paysage ostéopathique français (POF). Où va le POF ? A quoi ressemblera t’il ? Que seront les ostéopathes de demain ? La notion d’entropie apporte une réponse à ces questions.

Le paysage ostéopathique français peut être assimilé à un système inhomogène qui tente de trouver un équilibre. Il est composé d’individus qui lui apportent sa matière par leur diversité et son énergie à travers leur participation à la vie associative et leur cotisation. On appelle entropie le processus par lequel l’énergie disponible se transforme en énergie non disponible. Il s’agit d’une loi de la nature qui constitue une réponse à la question : où va le monde? Il va à l’équilibre, à ce qui pour la matière est l’équivalent de la mort. Et ce processus est irréversible. Par exemple, l’énergie que la vie a rassemblée pour l’abandonner à la postérité sous forme de pétrole, ne se reconstituera pas d’elle-même après avoir assuré le déplacement de nos véhicules. L’énergie libérée est utile à l’objectif recherché mais oblige à passer d’un état d’ordre à celui de désordre. L’essence contenue dans le réservoir est parfaitement identifiable. On la reconnaît. On sait ce qu’elle est. Mais elle ne se reconstitue pas à la sortie du pot d’échappement. Il faudrait une intervention extérieure accompagnée d’une grande dépense d’énergie pour remettre les choses en place ramener l’ordre. En l’occurrence, reconstituer un combustible susceptible de permettre à la voiture de se déplacer à nouveau. Il en est ainsi dans la nature.

Compte tenu de ce que nous venons de dire sur la dispersion, faut-il en conclure qu’il y a plus d’ordre dans le réservoir où les molécules se déplacent plus vite et s’entrechoquent davantage que dans le grand espace où elles vont à l’équilibre. La réponse est oui. Preuve qu’il faut éviter de prendre le mot ordre dans un sens trop étroit quand on associe le principe de l’entropie aux systèmes vivants.

Pourquoi un système ne peut-il alors fonctionner indéfiniment dans sa clôture, alors que rester dans cette clôture est synonyme d’ordre – principe considéré comme stabilisant ? Nous savons que toute énergie dans notre univers est soumise à son inexorable dégradation. Un système clos, où l’énergie est obligée de se recycler pour ainsi dire en « vase clos », tend vers un équilibre qui signifie sa mort. Tout effort de création et de développement se paye en entropie. Aucun système ne peut se régénérer – c’est à dire produire de la néguentropie – dans sa clôture. Il faut qu’il trouve de l’énergie en dehors. En fait, pour produire de la néguentropie à l’intérieur du système clos, il faut nécessairement  créer de l’entropie en-dehors de lui, c’est-à-dire dans les systèmes environnants. Le système peut alors essayer de prendre l’énergie de l’autre, dans « sa clôture », ce que font par exemple les systèmes vivants en s’alimentant ou partager cette énergie.

Ramenons ce raisonnement au paysage ostéopathique français et à ce que nous avons connu ce week-end. Le POF est constitué de plusieurs systèmes, eux même contenu dans un super système depuis 2002 : la République, ses lois et les concitoyens. Parmi les sous systèmes, nous avons celui des ostéopathes en exercice exclusif (OEE), des médecins-ostéopathes (MO), des masseurs-kinésithérapeutes ostéopathes (MKO)… Notons que chaque entité a ressenti le besoin d’accoler à sa dénomination d’ostéopathe, un quelque chose considéré comme de la valeur ajoutée aux yeux du super système. Il a fait entrer de l’énergie sous forme de notoriété. Donc de l’ordre : « je suis médecin donc.. », « je suis professionnel de santé donc… », « j’exerce exclusivement l’ostéopathie donc… » Sauf que cela est dorénavant considéré comme du désordre pour le super système. Cela est source des difficultés réglementaires pour le gouvernement, qui pour s’extraire de la difficulté, a choisi de partager le titre.  Il n’a toutefois pas pu assurer l’équilibre en affirmant « titre=profession », car cela aurait mis du désordre dans l’organisation du système de la santé. Cela est également source de difficulté pour les patients qui ne s’y retrouvent pas.

Analysons maintenant les pérégrinations du système des ostéopathes en exercice exclusifs. Six sous ensembles le composent aujourd’hui: AFO, CNO, ROF, SFDO, SNOF, UFOF et l’ensemble des praticiens non affiliés. ROF, SFDO, SNOF, UFOF se considèrent comme des systèmes historiques du POF et tentent, sur la base de cette légitimité, de faire entrer de l’énergie –c’est à dire des cotisants. L’AFO tente d’imiter cette stratégie en évoquant une antériorité historique de l’étiopathie sur l’ostéopathie avec un moindre succès. La CNO quant à elle mise sur les déçus de ces systèmes historiques (auxquels ses dirigeants ont tous appartenu un jour) et sur l’attrait de cotisations peu élevées (donc sources de peu d’énergie). Parmi les systèmes historiques (et pour garder la métaphores automobile), l’AFO et l’UFOF fonctionnent avec des moteurs hybrides et essaient d’extraire de l’énergie des systèmes regroupant les ostéopathes qui n’exercent pas exclusivement l’ostéopathie (les fameux membres associés). La CNO procède de la même manière. Le  ROF, le SFDO et le SNOF constatant cela, ont envisagé d’ouvrir leur système et d’unir leur « énergie exclusive ». C’est ce qui devait être entériné samedi.

Pourquoi cela ne s’est-il pas réalisé ?

Le ROF, épuisé par les querelles internes de son bureau, n’a pas été capable d’ouvrir la porte de sa clôture. Pour prendre la place de président, Guy Villemain devait s’appuyer sur un autre équilibre que celui proposé par Marianne Montmartin. Son conservatisme lui a fait choisir le principe de l’ordre en vase clos plutôt que celui de l’équilibre du milieu ouvert. Cela est très porteur pour se faire élire mais source d’entropie majeure. Il s’est affiché en gardien du temple, positionnant le ROF comme « Observatoire de la déontologie / Conseil de sages ». En ne voulant pas partager la déontologie, il a donné comme message : je vous ouvre ma porte, soyez les bien venus mais respectez mes règles, mon ordre car je suis chez moi. L’énergie dépensée (on peut penser que les dommages collatéraux sont importants) pour obtenir le poste ne se reconstituera que si le ROF peut en puiser ailleurs. Pas sur que l’invitation soit particulièrement bien entendue dorénavant et que les adhérents affluent. Le nouveau président du ROF, estimant que dorénavant les allées sont bien gardées et tout est en bon ordre, nous propose de « continuer ce travail essentiel pour la profession (…) et que la poursuite des travaux est programmée le 4 novembre 2010 (voir ici) . On peut s’interroger en substance sur la nécessité  d’avoir à changer de président pour continuer à faire la même chose.  Comment pense-t-il pouvoir assurer la continuité alors qu’il vient de cliver et qu’il ne veut pas mettre en commun ce qui unifierait l’exercice de la profession sous un même dénominateur commun, à savoir la déontologie ?  Le mal est fait. La porte est refermée, d’un côté comme de l’autre. Le SFDO nous en apporte la preuve à travers son dernier communiqué : « Les adhérents du SFDO ont entendu le message de leurs confrères, ils le regrettent mais le respectent, car ils ont conscience que dans les périodes d’incertitude les craintes prévalent à la raison. De leur côté, les adhérents du ROF conscients de l’importance d’une déontologie – car ils ont adhéré à cette vénérable institution en partie parce qu’ils se reconnaissaient dans ses règles sociales – reconnaitront au SFDO la légitimité à vouloir se doter d’une déontologie propre. Le SFDO prend acte aujourd’hui de la volonté du Conseil national du ROF de ne pas partager sa déontologie avec les adhérents d’organisations tierces et de se positionner en « Observatoire de la déontologie / Conseil de sages ». Au regard de cette posture du ROF, les membres du  Conseil d’Administration du SFDO votent aujourd’hui la décision de proposer à la prochaine Assemblée Générale de modifier les statuts et l’organisation interne du syndicat avec pour objectif de faire naître une structure duale, de constituer une commission interdisciplinaire de rédaction d’une déontologie et de se doter à terme d’un véritable appareillage disciplinaire destiné à faire respecter les valeurs qui seront portées par la nouvelle déontologie. Eu égard à ses compétences, le ROF, représenté par un de ses adhérents dûment mandaté, sera membre de droit de la commission constituée. Le projet est ouvert à tous les professionnels susceptibles d’apporter une contribution active à la rédaction d’un texte tourné vers l’avenir reposant sur des conditions objectives d’adhésion – la cooptation ne constituant pas à nos yeux un critère objectif – afin de la rendre opposable à tous les ostéopathes qui souhaiteront y souscrire ». (plus d’info ici) . Quelle va être l’attitude des 188 adhérents du ROF qui sont également adhérents du SFDO ? Quelle va être celle des présents à l’assemblée générale qui ont vu se dérouler sous leurs yeux ce spectacle affligeant ? Vont-ils continuer d’apporter l’énergie à un système fermé, condamné à l’entropie ou vont-ils rejoindre le système des praticiens non affiliés ?

Une chose est sure. Le super système que représente l’Etat n’a pas été perturbé par ces évènements. On peut même penser qu’il est conforté dans son point de vu, en constatant que le paysage ostéopathique français repart dans sa logique d’affrontement bloc contre bloc. Sera-t-il enclin dans ces conditions à publier spontanément des décrets qui correspondraient à l’exercice exclusif de l’ostéopathie ?

Le SFDO vote l’union

9 octobre 2010

Paris le 9 octobre 2010.

L’assemblée générale du syndicat français des ostéopathes s’est tenue aujourd’hui à Paris. Le quorum pour la tenue de  l’assemblée générale a été rapidement atteint.

Le rapport moral du président Philippe Sterlingot a été plébiscité. Les adhérents du SFDO devaient également se prononcer sur un projet d’union avec le registre des ostéopathes de France et le syndicat national des ostéopathes de France.

Cette union, dont les modalités ne sont pas encore définies, permettrait, « de rassembler sous une même bannière commune la moitié des ostéopathes exclusifs » et « à mutualiser et optimiser de nombreux moyens et actions ». Elle rendrait possible également « la rédaction d’une déontologie commune ».

Un signe fort a été adressé à l’ensemble de la profession puisque le projet a emporté plus de 90% de votes favorables.

ROF et SFDO, les « frères ennemis » du Paysage Ostéopathique Français

3 octobre 2010

Le registre des ostéopathes de France (ROF) et le syndicat français des ostéopathes (SFDO) vont proposer lors de leur assemblée générale respective, les 9 et 16 octobre prochains, « une résolution en faveur de la construction d’une plateforme commune entre le SFDO, le R.O.F. et le SNOF » (l’assemblée générale du SNOF s’est déroulée le 12 juin, avant semble-t-il que ce projet soit enclenché).

Les relations entre le ROF et le SFDO ont connu des fortunes diverses ces dernières années. Les présidents des deux associations socioprofessionnelles auraient-ils décidé de tirer un trait sur les querelles du passé ou la mésentente affichée jusqu’alors n’était elle qu’une posture pour démontrer une spécificité propre à chacun des deux groupements ?

Une différence est clairement affichée et revendiquée à travers les statuts des associations. Le ROF revendique une fonction ordinale et souhaite veiller « au maintien des principes de moralité, de probité, de compétence et de dévouement indispensables à l’exercice de l’ostéopathie et à l’observation, par tous ses membres, des devoirs professionnels ainsi que des règles édictées par son code de déontologie ». Le SFDO est un syndicat depuis 2008. Premier syndicat d’ostéopathes exclusifs, il assure « la défense des droits ainsi que des intérêts matériels et moraux de ses membres, ostéopathes, tant sur le plan individuel que collectif ».

Dans toutes les professions qui sont pourvues d’un ordre professionnel, il existe une opposition entre l’ordre et les syndicats. Si les syndicats ne remettent pas en cause la représentativité des ordres et leur mission,  ils critiquent souvent le caractère obligatoire de son inscription, donc l’officialisation d’un discours unique peu vecteur d’évolution. (voir ici )

Au delà des lieux communs utilisés pour justifier ces postures et dans un contexte où les syndicats (ou associations socioprofessionnelles) d’ostéopathes ne sont pas politisés, existe-t-il une différence – autre que la couleur du maillot– entre les supporters du ROF et du SFDO  et les objectifs recherchés par leur « équipe fanion » ?

Lorsqu’on étudie les annuaires 2010 respectifs du ROF et du SFDO, on constate que :

  • 188 adhérents du SFDO adhèrent également au ROF
  • 178 adhérents du SFDO ont adhéré précédemment au ROF et n’y adhèrent plus.
  • 53 adhérents du ROF ont adhéré précédemment au SFDO et n’y adhèrent plus.

Au total, ce sont plus de 400 personnes qui partagent ou ont partagé une vision et des objectifs communs.

Regardons les critères académiques et déontologiques d’adhésion. On constate que, mis à part des subtilités de langage, ils peinent à traduire une réelle différence :

  • ROF : « faire un usage professionnel exclusif du titre d’ostéopathe en France », « justifier d’une compétence propre à assurer la qualité des soins en ostéopathie (…) la formation pour acquérir cette compétence est au minimum de 4000 heures, dont 700 heures sont consacrées à l’application en stage clinique, (…) sanctionnée par un examen de compétence clinique de la pratique de l’ostéopathie et un mémoire réflexif», « s’engager sur l’honneur à respecter les statuts du R.O.F., le présent règlement intérieur et le Code de déontologie ».
  • SFDO : « disposer d’un numéro ADELI en tant qu’ostéopathe exclusivement », « justifier d’une formation en ostéopathie d’au moins 4200 heures pour les titulaires du seul diplôme d’ostéopathe, comprenant au moins 800 heures de stages et la rédaction d’un écrit réflexif en fin d’études. », « respecter les présents statuts, le règlement intérieur, le guide de principes déontologiques »

Peut être les objectifs recherchés sont ils clivants ?:

  • ROF : « représenter les ostéopathes (…) auprès des pouvoirs publics, de la justice, des administrations, des collectivités et de tout organisme ou personne publique ou privée et de nouer toute relation de coopération avec les registres étrangers ou organismes assimilés », « favoriser l’exercice professionnel de l’ostéopathie dans l’intérêt des patients. », « émettre des avis et des recommandations sur les questions ou projets concernant en particulier l’exercice de la profession », « contribuer à la promotion de la qualité des soins dispensés par ses membres et à l’amélioration de la gestion du système de santé. », « participer à l’élaboration, à la promotion et à la diffusion des règles de bonne pratique en ostéopathie auprès des professionnels, dans l’intérêt des patients », etc…
  • SFDO : « assurer le suivi législatif et réglementaire afférent à la profession d’ostéopathe, et le cas échéant prendre toute mesure de nature à en améliorer la réglementation », «  entretenir des rapports avec les pouvoirs publics ou les autorités compétentes et toutes collectivités administratives ou privées afin de représenter et défendre ses membres », « assurer et maintenir entre ses membres une étroite solidarité », «faciliter et mettre en œuvre l’accès à la formation professionnelle continue (…) », « assurer la défense de ses membres devant les tribunaux ou autre juridiction ».

Ou bien la déontologie ?:

  • ROF : voir ici
  • SFDO : voir ici

Il semblerait que les bureaux respectifs du ROF et du SFDO ont compris qu’ils ne pourraient tenir plus longtemps ces postures.  Leurs adhérents qui participent depuis de nombreuses années à « l’effort de guerre » s’aperçoivent peu à peu que c’est bonnet blanc et blanc bonnet. Dès lors, ils cessent de cotiser simultanément aux deux associations quand ils ne décident pas de ne plus cotiser du tout. Ce dernier réflexe étant de plus en plus souvent constaté chez les nouveaux diplômés.

A n’en pas douter, ce projet d’union suscite un regain d’intérêt auprès des ostéopathes. Il suffit pour s’en convaincre d’entendre les conversations entre confrères ces dernières semaines. La seule crainte qui subsiste est que cela ne se fasse réellement et qu’on assiste une nième fois à un effet d’annonce.

Pour que cela ne soit pas le cas, aux assemblées générales de remplir leur rôle en adressant un message fort lors de leur vote. Aux bureaux du ROF et du SFDO d’apporter rapidement des garanties aux adhérents par leurs actions communes.

Le syndicat français des ostéopathes (SFDO) ouvre la voie de l’union

28 septembre 2010

Les adhérents du SFDO ont reçu dernièrement un courrier dans lequel il leur est proposé de ratifier lors de leur assemblée générale du 9 octobre 2010,  un accord d’union entre ce syndicat, le registre des ostéopathes de France et le syndicat national des ostéopathes de France. Ces trois associations socioprofessionnelles sont les seules actuellement à pouvoir garantir par leurs statuts et leur politique, que leurs membres exercent exclusivement l’ostéopathie (voir les articles ici, ici, ici et ici).

« Cette union, dont les modalités ne sont pas encore définies, permettrait » selon le président du SFDO Philippe Sterlingot, « de rassembler sous une même bannière commune la moitié des ostéopathes exclusifs, lui conférant ainsi une taille critique la rendant incontestable et incontournable. Outre une prise de parole unifiée, elle contribuerait également à mutualiser et optimiser de nombreux moyens et actions, parmi lesquels la représentation nationale et internationale, l’action judiciaire –coûteuse en ressources humaines et financières – ainsi que la communication vis à vis du public. Elle permettrait enfin la rédaction d’une déontologie commune, dès lors opposable à une partie très significative de notre profession. La représentativité conférée par ces règles professionnelles, crédibiliserait considérablement les ostéopathes exclusifs à l’endroit des institutions et du public et favoriserait  l’évolution de leur statut. »

« La seconde étape envisagée consisterait en la constitution d’une fédération (…) qui rassemblerait le syndicat national de l’enseignement supérieur en ostéopathie  et l’union (…) et viserait à renforcer la cohérence qui existe entre profession et exercice. »

Selon nos estimations, cette union représenterait un peu plus de 2500 praticiens (188 adhérents du SFDO sont également adhérents du ROF en 2010 et ne peuvent être comptabilisés deux fois). La masse critique serait donc atteinte. On peut parfaitement imaginer que cette structure puisse également accueillir des ostéopathes de manière individuelle, si l’association à laquelle ils adhèrent ne répond pas totalement aux critères d’exercice exclusif ou ne veut pas rejoindre l’union.

L’existence du fichier ADELI permet de connaître le statut professionnel des ostéopathes, ce qui n’était pas possible préalablement. C’est en partie ce qui a pu expliquer l’échec des tentatives précédentes (cf plateforme commune 2002 ) ou coordination nationale des ostéopathes. L’hétérogénéité des acteurs conférant à cette dernière, plus une image d’auberge espagnole  que d’union objective.

Le projet qui est proposé aux adhérents du SFDO présente la qualité de parfaitement définir les acteurs et les objectifs à court terme :

  • proposer aux ostéopathes en exercice exclusif une entité représentative,
  • mutualiser les actions et
  • déterminer une déontologie commune opposable.

Aux acteurs de ce projet de proposer un mode de fonctionnement qui ne soit ni une usine à gaz ni une tentative d’annexion, afin que chaque entité puisse apporter ses compétences propres sans craindre d’y perdre son identité, pour le plus grand bénéfice de la profession.

Ce changement de stratégie ainsi que le récent positionnement du Conseil d’Etat sont peut être les prémices  d’un nouveau départ pour la profession.

François Fillon aurait-il réussi l’impossible ?

24 août 2010

S’il est un serpent de mer qui surgit régulièrement des tréfonds du paysage ostéopathique français, c’est bien l’union des associations socio-professionnelles. De la tentative de plateforme commune en 2003 entre Ostéo de France (OdF), le Registre des Ostéopathes de France (ROF), le Syndicat Français Des Ostéopathes (SFDO) et de l’Union Fédérale des Ostéopathes de France (UFOF) avortée faute de majorité du Président de l’UFOF en interne à cette  époque, à celle des Etats généraux de l’ostéopathie qui capota en raison de la trop grande disparité des ostéopathes qui pouvaient s’y joindre – c’eut été la perte par dilution de l’ostéopathie exclusive – en passant par le rapprochement en 2007 du SFDO et de l’UFOF qui ne dura que le temps d’un annuaire commun, les tentatives se sont toujours soldées par des échecs.

Les seuls courts instants où les responsables de ces ASP ont accepté de faire route commune, c’est quand il y avait danger ou obligation. Ce fut le cas par exemple les mois qui ont précédé la publication des décrets d’application de l’article de loi sur l’ostéopathie. Mais cette union était factice. Il y avait certes de nombreux logo en en-tête et presque une page entière de signatures présidentielles, mais chacun gardait en réserve des stratégies personnelles. L’urgence conjoncturelle passée, tout le monde retournait à ses propres démarches.

La conjoncture récente nous a de nouveau montré un bel exemple de cette union de façade : le 23 mars 2010 s’est déroulée la cérémonie de remise des insignes  de Chevalier dans l’Ordre National du Mérite à notre confrère Robert Hiriart, par monsieur François Fillon. Robert Hiriart, dans sa volonté de démontrer que l’ostéopathie est une profession, avait souhaité inviter le ban et l’arrière ban des ostéopathes. Nous avons assisté ce jour là, comme une sorte de pause divine, à une fraternité des ostéopathes. Chacun voulait être sur la photo. On pouvait apercevoir la Présidente du ROF, les Présidents du SNOF, du SFDO, le Vice-Président de la CNO, …. François Fillon a réalisé ce miracle le temps d’une soirée… et chacun s’en est retourné.

Les conditions sont pourtant remplies actuellement pour que cette union ait lieu.

D’une par il y a une réelle urgence. Le Ministère de la santé ne souhaite pas publier les décrets d’application de la loi de juillet 2009 qui prévoit d’augmenter le nombre d’heures de formation. Parallèlement, madame le Ministre continue d’agréer des établissements de formation en court-circuitant la commission nationale d’agrément, alors que ces établissements ne répondent pas à la nouvelle norme légale (3520 heures). D’autre part, il est possible dorénavant aux ostéopathes en exercice exclusif de se compter. La récente publication du ROF nous montre que parmi les 13400 praticiens autorisés à porter le titre d’ostéopathe, 48%, soit 6470, exercent exclusivement l’ostéopathie. Le fichier ADELI est suffisamment précis pour que les ASP affichent la couleur sur le statut professionnel de leurs membres. A moins que toutes ne soient pas véritablement constituées d’ostéopathes en exercice exclusif.

Faudra-t-il que Matignon invite une nouvelle fois les ostéopathes pour qu’ils se mettent d’accord ? On peut penser que si une réunion devait avoir lieu rue de Varenne, ce ne serait surement pas pour déguster des petits fours mais plutôt pour indiquer à quelle sauce nous serions mangés.